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Courants rafraîchissants découlant de La Source de Vie
Jean 7:37 : Jésus dit : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive
H. H. SNELL
Les sous-titres ont été
ajoutés par Bibliquest
Streams of Refreshing from the fountain
of life — 1897
Table des matières limitée aux chapitres :
2 Foi et Incrédulité — Ruth 1:15-16 — chapitre 4
3 Le Pharisien et le Publicain — Luc 18:10-14 — chapitre 10
4 La purification du lépreux — Lév. 14:1-8 — chapitre 11
5 Le bon samaritain — Luc 10:25-37 — chapitre 12
6 La naissance de Jésus — Matthieu 2 — chapitre 18
7 Le Choix de la Foi — Cantique des Cant. 2:3-4 — chapitre 20
8 Le Salut, ou la conversion du geôlier de Philippes — Actes 16:30-31 — chapitre 21
9 Jésus en compagnie d’un homme religieux et d’une pécheresse — Luc 7:36-50 — chapitre 7
10 Ne crains point — Apoc. 1:8-20 — chapitre 1
11 Jésus, Celui qui guérit — Marc 5:24-34 — chapitre 2
12 La liberté de l’évangile — Galates 5:1 — chapitre 3
13 Assurance — Genèse 15 — chapitre 6
14 Paix à ceux qui sont anxieux — Le serpent d’airain — Nombres 21:8-9 — chapitre 19
15 Position et espérance du chrétien — Rom. 8:1-9 ; Col. 2:9-10 — chapitre 5
16 Gratuité de la grâce — ou : l’eau vive — Apo. 22:1 — chapitre 8
17 La mort et le jugement sont passés pour le croyant — Héb. 9:27-28 — chapitre 9
18 Le sang qui fait propitiation pour l’âme — Lév. 17:11 — chapitre 13
19 LUTTEZ — Luc 13:24 — (chapitre 15)
20 Christ, la porte — (chapitre 14)
21 DESCENDS VITE — Zachée ; Luc 19:5 — (chapitre 16)
22 Qui sont les brebis de Christ ? — (chapitre 17)
23 L’iniquité ôtée et la propitiation faite pour le péché — Ésaïe 6 — (chapitre 22)
24 Le feu étranger et le feu du ciel — 2 Chroniques 7:1-10 — (chapitre 23)
26 Vous parlerez au rocher — Nombres 20 à 21:3 — (chapitre 25)
27 La nouvelle naissance — (chapitre 26)
28 La loi et la grâce — (chapitre 27)
29 La traversée du Jourdain : Josué 3 et 4 — (chapitre 28)
Table des matières complète :
2 Foi et Incrédulité — Ruth 1:15-16 — chapitre 4
2.1 La condition morale de Ruth
2.3 L’effet produit par cette nouvelle
3 Le Pharisien et le Publicain — Luc 18:10-14 — chapitre 10
4 La purification du lépreux — Lév. 14:1-8 — chapitre 11
4.1 Le lépreux amené au sacrificateur — Lév. 14:2
4.2 Le lépreux examiné par le sacrificateur — Lév. 14:3
4.3 Le lépreux purifié, mais uniquement par la mort d’un autre
4.5 L’oiseau vivant était alors lâché
4.6 Le lépreux se purifiant lui-même
5 Le bon samaritain — Luc 10:25-37 — chapitre 12
5.1 La condition misérable de l’homme déchu
5.2 L’incapacité de la loi ou des ordonnances à répondre aux besoins de l’homme.
5.3 La profondeur et la perfection de l’amour du Sauveur
5.4 La sécurité et l’espérance du pécheur guéri et racheté
6 La naissance de Jésus — Matthieu 2 — chapitre 18
6.1 L’annonce prophétique du Messie
6.2 Trois catégories de personnes
6.2.2 Les Scribes et les Pharisiens
7 Le Choix de la Foi — Cantique des Cant. 2:3-4 — chapitre 20
8 Le Salut, ou la conversion du geôlier de Philippes — Actes 16:30-31 — chapitre 21
8.1 Importance et urgence du salut
8.2.3 Les effets de cet évangile
9 Jésus en compagnie d’un homme religieux et d’une pécheresse — Luc 7:36-50 — chapitre 7
10 Ne crains point — Apoc. 1:8-20 — chapitre 1
10.1 Avoir à faire avec le Seigneur Jésus est inévitable
10.3 La vison de Jean à Patmos
10.4 Le Seigneur comme Jean l’a vu
10.5 La bénédiction est aux pieds de Jésus
10.6.2 à cause de l’œuvre accomplie
10.6.3 à cause de Son exaltation
10.7 Avoir à faire au Seigneur de la bonne manière
11 Jésus, Celui qui guérit — Marc 5:24-34 — chapitre 2
11.1 Le travail de l’Esprit dans le cœur de la femme
11.2 Comment Jésus agit avec cette pécheresse
12 La liberté de l’évangile — Galates 5:1 — chapitre 3
12.1 La délivrance de l’esclavage de Satan
12.2 La délivrance de la culpabilité et de la domination du péché
12.3 Délivrance de l’esclavage et de la malédiction de la loi
12.4 La délivrance de la crainte de la mort.
12.5 La liberté dans la présence de Dieu
12.6 Notre liberté d’enfants de Dieu
12.7 La liberté dans le service
13 Assurance — Genèse 15 — chapitre 6
13.1 La justice par la foi — de tout temps
13.2 Justifié entièrement en Christ
13.4.1 Le renoncement à soi-même
13.4.2 L’intelligence des pensées de Dieu touchant Christ et Son œuvre
13.5 Applications de ces vérités
13.7 Un sort éternel et définitif
14 Paix à ceux qui sont anxieux — Le serpent d’airain — Nombres 21:8-9 — chapitre 19
14.4 Faisons connaître ce salut
14.5 Un dernier appel à saisir ce salut
15 Position et espérance du chrétien — Rom. 8:1-9 ; Col. 2:9-10 — chapitre 5
15.1 « En Christ » ou « dans la chair » : Délivrance du péché
16 Gratuité de la grâce — ou : l’eau vive — Apo. 22:1 — chapitre 8
16.1 Importance de l’Apocalypse, ou Révélation
16.2 Signification de l’eau vive selon l’évangile de Jean
16.3 La grâce qui vient de Dieu
16.4 La part de ceux qui boivent de l’eau de la vie
16.7 L’eau de la vie : glorieuse
16.9 La grâce pour les inconvertis
17 La mort et le jugement sont passés pour le croyant — Héb. 9:27-28 — chapitre 9
17.1 Trois apparitions du Seigneur
17.1.2 Comme souverain sacrificateur pour les croyants
17.2 La mort, le jugement, le Sauveur
17.3 Un Sauveur qu’il faut accepter personnellement
18 Le sang qui fait propitiation pour l’âme — Lév. 17:11 — chapitre 13
18.1 Le sang de Christ et la rémisson des péchés
18.2 Le sang dans les types de l’Ancien Testament
18.2.1 La propitiation du temps des premiers patriarches
18.2.2 Le sang de l’agneau pascal
18.2.3 Le sang et la purification du lépreux
18.2.4 Le grand jour des propitiations
18.2.5 La cessation des sacrifices de l’Ancien Testament et le sacrifice de Christ
18.3 Ce que Dieu nous procure par le sang
18.3.1 La rémission des péchés par le sang.
18.3.2 La justification par le sang
18.3.3.1 Regarder au sang et non pas à soi-même
18.3.3.4 À quoi regarde-t-on ?
18.3.4 La proximité de Dieu en Christ et par Son sang
18.3.5 Nous adorons sur la base du sang versé
18.3.6 C’est en vertu du sang que nous entrerons dans le gloire.
19 LUTTEZ — Luc 13:24 — (chapitre 15)
19.1 Qu’est-ce que la porte étroite ?
19.5 Il y a beaucoup d’obstacles pour entrer par la porte étroite
19.5.4 Les relations et les connaissances
19.6 Les expériences de ceux qui « luttent »
19.7 Quatre raisons de lutter pour entrer par la porte étroite
19.7.1 « Beaucoup chercheront à entrer et ne pourront pas ».
19.7.3 Beaucoup de chrétiens professants seront fermés dehors.
19.7.4 Le tourment éternel des perdus
20 Christ, la porte — (chapitre 14)
21 DESCENDS VITE — Zachée ; Luc 19:5 — (chapitre 16)
21.1 Service du Seigneur auprès des âmes
21.3 L’attitude du Fils de Dieu
21.4 L’appel pressant du Seigneur
21.4.1 Importance que l’esprit de l’homme s’abaisse
21.4.2 Ceux qui sont fiers de leur propre justice
21.4.3 Ceux qui rejettent Dieu en face
21.4.4 Les curieux en matière de religion
21.4.5 Il faut « descendre » pour recevoir le Seigneur
21.5 La bénédiction qu’il y a à recevoir Jésus — ce qui en découle.
21.5.1 Recevoir Jésus Lui-même
21.6 Part terrible de ceux qui refusent le salut offert
22 Qui sont les brebis de Christ ? — (chapitre 17)
22.3.1 Elles ont la vie éternelle
22.3.2 Elles ne périront jamais
22.3.3 Personne ne les ravira de ma main
23 L’iniquité ôtée et la propitiation faite pour le péché — Ésaïe 6 — (chapitre 22)
23.1 La grâce qui découle du sacrifice expiatoire
23.2 « L’année de la mort du roi Ozias »
23.3 La glorieuse vision du prophète
23.4 L’effet produit par la vision
23.4.1 Se voir dans la lumière de Dieu
23.4.2 Une conviction personnelle
23.4.4 La conviction de péché en voyant Jésus
23.5 L’assurance du pardon donnée au prophète
23.5.1 Une règle du trône de la grâce
23.5.2 Le fondement de l’assurance
23.6 Son obéissance de bon cœur
24 Le feu étranger et le feu du ciel — 2 Chroniques 7:1-10 — (chapitre 23)
24.1 Le feu étranger : Les pensées humaines au sujet de Christ
24.2 Le feu du ciel : Les pensées de Dieu au sujet de Christ
24.3 Avoir la même pensée que Dieu au sujet de Christ
24.4 La gloire qui suit le sacrifice consumé
24.5 Effets pratiques de la considération de cette œuvre achevée
25.1 La puissance de Dieu en salut
25.2 La prédication de Paul à Thessalonique
25.3 Effets de la prédication de Paul à Thessalonique
25.3.1 Tournés des idoles vers Dieu
25.3.2 Au service du Dieu vivant et vrai
25.3.3 L’attitude de leurs âmes : l’attente du Seigneur
26 Vous parlerez au rocher — Nombres 20 à 21:3 — (chapitre 25)
26.1 Le rocher frappé — la grâce envers des pécheurs
26.2 Ce qu’il y a après avoir bu l’eau du Rocher
26.2.1 L’état du croyant qui a cessé de vivre de Christ
26.2.2 L’échec dans le service pour Dieu
26.2.3 Le vrai chemin du chrétien
26.2.4 Bénédictions découlant du fait de boire de l’eau du rocher
27 La nouvelle naissance — (chapitre 26)
27.1 L’erreur d’un homme religieux
27.2 Jésus ne repousse personne. Danger d’une profession de christianisme sans nouvelle naissance
27.3 La manière directe et personnelle du Seigneur
27.4 La nouvelle naissance : un impératif
27.5 La nouvelle naissance n’est pas une transformation de la chair, de la vieille nature
27.6 La nouvelle naissance n’est pas une amélioration extérieure
27.7 L’effet de la Parole de Dieu, un travail divin
27.8 Le salut de Dieu. La source de vie
27.9 L’Ancien Testament en parlait. Regarder le serpent d’airain
27.10 Regarder à Jésus élevé sur la croix
27.11 Un appel à écouter aujourd’hui
28 La loi et la grâce — (chapitre 27)
28.1 Annoncer la Parole de vérité
28.2 La vérité de l’évangile corrompue par la loi
28.2.1 Que faut-il comprendre par la loi ?
28.2.3 Qu’est-ce que la grâce ?
28.2.4 Quelques contrastes frappants entre la loi et l’évangile
28.3 Plusieurs catégories de personnes
28.3.1 Ceux qui se placent sous le joug de la loi
28.3.2 Ceux qui finissent par ajouter à l’œuvre de Christ
28.3.3 Ceux qui ne sont exercés ni par la loi ni par l’évangile
29 La traversée du Jourdain : Josué 3 et 4 — (chapitre 28)
29.1 Condition désespérée de l’homme
29.2 La bénédiction, fruit de la pure grâce divine
29.3 Le Jourdain ne représente pas la fin de la vie du croyant
29.4 La condition d’Israël : comme des consciences réveillées, ayant peur de la mort
29.5 Délivrés de la mort par la mort de Christ
29.6.1 Un acte de foi en la délivrance de Dieu
29.6.2 Une position et une espérance céleste
29.7.1 Les pierres tirées du Jourdain : Le souvenir de la mort de Christ
29.7.2 La mort au péché vient après, et comment
29.7.4 Changement de nourriture
Ce petit volume traite de Jésus, le Fils de Dieu, et de la manière dont Dieu sauve les pécheurs. Nous espérons que la croix de notre Seigneur Jésus Christ en sera le sujet dominant, qui aura pour effet non seulement de parler aux insouciants et de les saisir, mais aussi d’affermir les faibles et de réconforter les saints dans la peine.
Par le sang de Jésus, Dieu parle de paix et d’amour à tout pécheur qui croit ; et ce même sang précieux permet au croyant de s’approcher de Dieu et de demeurer près de Lui. Le sang de Christ, véritable fondement de la paix et de la confiance en Dieu, donne le repos de la conscience dans la présence de Dieu, où se trouve maintenant Jésus, et remplit le coeur de louange.
Cependant, beaucoup de croyants demeurent dans une grande servitude. Ils s’attendent sincèrement à Christ en ce qui concerne le salut et possèdent vraiment la vie éternelle, sans en avoir bien conscience. Comme Lazare à sa sortie du tombeau, ils ont réellement la vie, mais sont incapables de marcher en liberté, de servir le Seigneur ou de confesser joyeusement Son Nom, à cause de ce suaire de la mort dont ils sont encore comme enveloppés ! Ils se débattent, mais demeurent entravés et ont besoin d’être délivrés. Certains essayent en vain de trouver la liberté en sondant leur propre coeur, ou s’attendent à la recevoir de quelqu’un, au lieu de regarder seulement à Christ et de croire sa Parole. Il est de la plus grande importance que le croyant apprenne de Dieu lui-même quelle est sa sécurité et sa position en Christ : il est déjà enfant de Dieu, de l’autre côté de la mort, dans les lieux célestes EN Christ ; non pas encore AVEC Christ, mais EN Christ. Ayant réalisé cela, il doit naturellement se poser cette question : «Quelle est mon espérance» ? Nous lui répondons : «la venue de Christ». Notre espérance n’est pas d’obtenir la vie éternelle, puisque celui qui croit l’a déjà (Jean 5:24). Elle n’est pas davantage d’obtenir le pardon des péchés, puisque nous l’avons aussi dès maintenant : «Nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce» (Éph. 1:7). Enfin, elle n’est pas non plus d’obtenir la justice, puisque «Christ est la fin de la loi pour justice à tout croyant» (Rom. 10:4). Qu’attendons-nous donc ? La réponse inspirée, c’est : «nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire» (Phil. 3:20-21).
Telles sont les précieuses vérités de la Parole de Dieu sur lesquelles nous désirons attirer l’attention de notre lecteur dans ce petit volume. Nous l’avons écrit avec un profond sentiment de faiblesse, comptant sur le Dieu de toute grâce, à qui soit la gloire éternellement. Amen.
«Et Naomi dit : Voici, ta belle-soeur est retournée vers son peuple et vers ses dieux ; retourne-t-en après ta belle-soeur. Et Ruth dit : Ne me prie pas de te laisser, pour que je m’en retourne d’avec toi ; car où tu iras, j’irai, et où tu demeureras, je demeurerai : ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu» (Ruth 1:15-16).
Quelle que soit la partie de la Bible que nous considérions, nous y trouvons toujours, avec le secours de l’Esprit, les grandes vérités de l’Évangile placées devant nous. On dirait que chaque page proclame le salut par la grâce et nous présente le Seigneur Jésus comme le Sauveur des pécheurs perdus et misérables. Dans le Nouveau Testament, ces vérités sont clairement exprimées, mais dans l’Ancien Testament, elles se présentent généralement à nous sous forme de types, ou d’ombres.
Le livre de Ruth a été apprécié par de nombreux chrétiens pour ses enseignements typiques d’un caractère «dispensationnel». Le livre de la Genèse est si riche en enseignements de cette sorte qu’on pourrait dire qu’il est la table des matières de toute la Bible. Toutefois, le petit livre de Ruth nous donne des aperçus sur les voies dispensationnelles de Dieu, et, quoiqu’en raccourci, tout y est parfaitement préservé selon l’ordre divin. Le livre s’ouvre sur une description du peuple d’Israël dispersé parmi les nations, l’Éternel ayant envoyé la famine en jugement dans leur pays. Au bout d’un certain temps, nous voyons Dieu bénir de nouveau son peuple, si bien que Naomi (figure du résidu juif) retourne dans son pays qui est de nouveau l’objet de la bonté et de la miséricorde de l’Éternel. Ce livre se termine enfin en nous montrant Naomi à la fois consolée et nourrie, elle qui avait hélas si justement porté son nom de Mara (= «amère»). Mais il est important de remarquer qu’entre temps — c’est-à-dire après la dispersion des Israélites, et avant leur restauration et le retour de la bénédiction — une pauvre pécheresse d’entre les nations, rejetée, entend parler de la bonté du Dieu d’Israël, ajoute foi à ce qu’elle entend, confesse son attachement à l’Éternel, et devient finalement l’épouse du riche et miséricordieux Boaz qui seul pouvait user du droit de rachat. Alors seulement, et pas avant, le coeur de l’Israélite rentrée dans son pays peut se réjouir. Tout ceci est très clair pour ceux qui ont médité avec prière sur ces passages prophétiques.
Mais, au fait, où sont les Juifs aujourd’hui ? Ne sont-ils pas dispersés parmi les nations ? Leur ville n’est-elle pas en ruine, et leur pays plongé dans la misère et dans les ténèbres ? Selon la formule de l’apôtre, ils ont été «arrachés pour cause d’incrédulité» (Rom. 11:20). Toutefois, ils seront rétablis dans leur propre pays, «greffés sur leur propre olivier» (Rom. 11:20), «un esprit de grâce et de supplications» sera répandu sur eux, et «ils regarderont vers celui qu’ils auront percé» (Zach. 12:10), avant d’être introduits dans les bénédictions de la nouvelle alliance, remplis de joie et d’allégresse. Toutefois ce ne sera pas avant que «la plénitude des nations soit entrée» (Rom. 11), pas avant que l’Église ait été appelée par le témoignage de l’Évangile, et pas avant que le Seigneur Lui-même ne soit descendu du Ciel à sa rencontre, pour l’introduire au banquet des noces de l’Agneau. Actuellement, Israël, en tant que nation, est sous le jugement de Dieu à cause de son péché (à l’exception des quelques uns qui, selon l’élection de la grâce, reçoivent dès maintenant le Sauveur), tandis que Dieu prêche l’évangile du pardon des péchés à toutes ses créatures «pour en tirer un peuple pour son nom» (Act. 15:14). La bonne nouvelle selon laquelle il y a du pain en abondance dans la maison du Père pour les pauvres fils prodigues repentants est proclamée aujourd’hui (Luc 15:17). Le glorieux témoignage du «pain vivant descendu du ciel» (Jean 6:51) est annoncé aux nations (1 Tim. 3:16), et bientôt le Seigneur reviendra pour prendre son Église auprès de Lui. Après ces choses se réalisera la joie de la nation d’Israël, car l’Écriture dit que «le libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l’impiété» (Rom. 11:26), et alors «Israël fleurira et poussera, et remplira de fruits la face du monde» (És. 27:6).
Nous avons considéré brièvement le livre de Ruth dans ses grandes lignes. Voyons maintenant quel enseignement nous pouvons tirer des versets placés devant nous. 1°) La condition morale de cette femme destinée par la suite à tant d’honneur et de bénédiction. 2°) La nouvelle qu’elle entendit. 3°) L’effet produit sur elle par cette nouvelle. 4°) L’avertissement que nous pouvons tirer du cas d’Orpa, sa belle-soeur.
C’était une pécheresse d’entre les nations, exclue des privilèges du peuple d’Israël si favorisé, éloignée de Dieu, une idolâtre. Son origine et sa naissance étaient des plus méprisés. Moabite, elle appartenait à ce peuple dont la loi de Moïse déclarait qu’«il n’entrerait pas dans la congrégation de l’Éternel, même jusqu’à la dixième génération» (Deut. 23:3). Elle était donc sans Dieu et sans espérance dans le monde (Éph. 2:12). Nous sommes nous aussi, par Adam, des créatures déchues, des Gentils, étrangers au peuple d’Israël, loin de Dieu, ne jouissant pas des privilèges des Juifs. Nous sommes tous par nature des enfants de colère (Éph. 2:3), ne pouvant prétendre à rien de la part de Dieu dont nous ne méritons qu’une juste condamnation, parce que nous nous sommes rebellés contre Lui, en transgressant ses saints commandements. Telle est notre condition. Mais la grâce consiste en ce que Dieu — tandis que son peuple d’autrefois (les Juifs) est dispersé à cause de son incrédulité — nous appelle maintenant, nous les Gentils qui croyons en Lui, et nous accorde le pardon et la paix par le sang expiatoire de Son Fils bien-aimé.
C’est alors qu’elle vivait dans ce contexte de péché, dans ce lointain pays de Moab, que Ruth apprit que «l’Éternel avait visité son peuple pour leur donner du pain» (Ruth 1:6). Cette bonne nouvelle, elle la crut, et c’est ce témoignage de la bonté et de la miséricorde du Dieu d’Israël qui la toucha au plus profond de son coeur et de son âme. Mais, cher lecteur, quelle est donc la nouvelle proclamée aujourd’hui sinon que Dieu a envoyé son Fils pour sauver ceux qui sont perdus, qu’Il a donné ce «pain de vie» à de pauvres pécheurs qui périssaient, et que, dans son amour merveilleux, Il a livré son Fils unique à la mort de la croix, afin que ces pécheurs fussent sauvés de la colère à venir ? Cette nouvelle n’est-elle pas que, par la crucifixion de Christ, le péché est ôté pour toujours, et que Christ Lui-même justifie tout pécheur qui croit en Lui ? Oui, tout pécheur, aussi souillé soit-il — qu’il soit Juif ou moabite ! «Quiconque» croit en Lui ne périra pas mais a la vie éternelle (Jean 3:16). Notre Seigneur Jésus Lui-même a dit : «Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde» (Jean 6:51). Quelle glorieuse nouvelle pour ceux qui ont le coeur brisé et qui ploient sous le fardeau du péché ! Quelle merveilleuse nouvelle ! Combien notre Dieu est bon et plein d’amour, Lui qui, au lieu de nous bannir tous de sa présence à cause de nos transgressions, a envoyé son Fils unique mourir afin que nous ayons la vie, puis, l’ayant ressuscité d’entre les morts pour avoir accompli l’oeuvre de rédemption éternelle, Il ordonne maintenant que soit proclamée cette nouvelle merveilleuse à l’intention de toutes les créatures ! Mais qui croit ces choses ? Le prophète avait de bonnes raisons de s’écrier : «Qui a cru à ce que nous avons fait entendre, et à qui le bras de l’Éternel a-t-il été révélé» ? (És. 53:1).
Lorsque l’évangile est reçu dans le coeur par la foi, il conduit toujours l’âme à Dieu parce qu’il révèle l’amour de Dieu envers nous. C’est en effet l’évangile de la grâce de Dieu dont il déploie les glorieux attributs, en même temps qu’il témoigne de son amour et de sa miséricorde envers des pécheurs perdus, puisqu’il annonce la vie et le pardon à ceux qui sont morts dans leurs fautes et dans leurs péchés. Lorsque le coeur a été ouvert par le Saint Esprit pour recevoir cette bonne nouvelle, celle-ci attire aussitôt l’âme à Dieu et produit la confiance en Lui. Ainsi s’opère un changement complet des pensées, si bien que Dieu n’est plus considéré comme un Maître exigeant et austère (Matt. 25:24), mais comme un Dieu plein de grâce et de miséricorde, d’amour et de compassion, riche en bonté et en vérité. Il en fut ainsi pour Ruth. Cette bonne nouvelle, «que l’Éternel avait visité son peuple pour leur donner du pain», la rendit sur le champ capable de se détourner des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai (1 Thes. 1:9-10). Son coeur fut si sincèrement, si totalement conquis par l’Éternel, le Dieu d’Israël, que lorsque sa belle-soeur s’en retourna et qu’elle-même fut instamment engagée à faire de même, elle répondit fermement, sans aucune hésitation : «Ne me prie pas de te laisser… car ton Dieu sera mon Dieu». Cette réponse est très importante et mérite que nous la méditions, car l’esprit humain peut, d’une certaine manière, s’intéresser à la religion et aux choses religieuses, sans pour autant être né de nouveau spirituellement. Or à moins de discerner la gloire de Dieu dans la face de Christ (2 Cor. 4:6), à moins de reconnaître en Dieu Celui qui sauve le pécheur, il ne saurait y avoir ni conversion sincère à Dieu, ni confiance en Lui, ni aucune force pour marcher dans la vérité à sa gloire. Mais lorsque la mort de Christ est considérée par la foi comme le moyen par lequel Dieu pourvoit aux besoins de pauvres pécheurs sans force, coupables, mourants ; et quand cette mort est annoncée à toutes les créatures sur l’ordre du Seigneur Lui-même ; lorsque la conscience chargée de péchés entend le Dieu Très Haut lui dire : «Venez, et plaidons ensemble… : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme l’écarlate, ils seront comme la laine» (És. 1:18), alors l’âme trouve le repos dans le sein de Dieu Lui-même, un Dieu qui hait le péché, et pourtant le pardonne. L’amour de Dieu inonde maintenant le coeur. Notre foi et notre espérance sont en Dieu : «nous avons la paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ» (Rom. 5:1), «nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier» (1 Jean 4:19).
Mais le fait d’avoir ajouté foi à la bonne nouvelle n’a pas que cet effet-là. Ruth dit aussi : «ton peuple sera mon peuple» (Ruth 1:16). Il en est toujours ainsi pour les âmes nées de Dieu. Elles aiment la Bible, parce qu’elle est la Parole de Dieu ; elles aiment la sainteté qui est un attribut de Dieu ; et elles aiment tous les chrétiens parce qu’ils sont les objets de l’amour de Dieu. Beaucoup de croyants, aux heures de grande tentation, ont trouvé un profond réconfort dans cette déclaration inspirée : «nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères» (1 Jean 3:14). Impossible d’être un enfant de Dieu sans aimer les siens. «Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, il est menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas» ? (1 Jean 4:20)… «et quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui» (5:1). Ceci est très clair. Dans la suite de l’histoire de Ruth, nous la trouvons toujours associée au peuple de Dieu, et en sa compagnie. Le Dieu d’Israël était son Dieu, le peuple de Dieu était son peuple. Nous la voyons tantôt glaner dans le champ de ce parent de Naomi qui avait le droit de rachat, ou mangeant et buvant avec les serviteurs de ce dernier, mais jamais nous ne la voyons retourner aux dieux et au peuple de Moab.
Un autre point remarquable dans ce récit, comme effet de cette bonne nouvelle, est que Ruth, par son expérience même, en a prouvé l’authenticité. Non seulement elle crut la nouvelle que «l’Éternel avait visité son peuple pour leur donner du pain», mais elle mangea de ce pain et fut rassasiée. Des doctrines sèches, si justes soient-elles, ne peuvent que nourrir l’intelligence, mais le pécheur, contraint de s’écrier «je péris de faim» (Luc 15:17), sent la nécessité de manger de ce pain vivant, la nécessité de se nourrir de Christ pour répondre aux besoins de son âme, la nécessité de venir au Sauveur pour être sauvé, et rien d’autre ne saurait le satisfaire. Telle est l’expérience de tous les vrais croyants. L’évangile comme nous l’avons vu, amène le pécheur à Dieu, par Christ. Non seulement il entend le témoignage béni que Dieu rend à la mort de Jésus, mais c’est à Lui qu’il regarde pour être sauvé, et pour vivre ! Par la foi, et pour sa propre bénédiction éternelle, il mange la chair et le sang du Fils de Dieu, comme ce qui répond pleinement aux besoins de son âme, ainsi qu’à toutes les justes exigences de Dieu touchant le pécheur. Il mange et il est rassasié. Il réalise que la chair du Fils de l’homme est ce «pain vivant», et considère comme d’une importance éternelle ces paroles de Jésus : «Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage» (Jean 6:53-55).
Oui, ceux qui reçoivent vraiment l’évangile que Dieu a envoyé sentent qu’il ne s’agit pas seulement de sentiments, ni d’un ensemble de simples formules religieuses, mais ils renoncent à chercher refuge ailleurs que dans le sang expiatoire du Seigneur Jésus, dans lequel ils se confient avec un sentiment d’absolue nécessité. Comme un homme arraché à son sommeil fuit sa maison en flammes, ou tel autre, affamé, se jette sur un morceau de pain, ou encore comme quelqu’un qui se noie s’agrippe à un canot de sauvetage, de même tout croyant sincère accepte avec reconnaissance le Sauveur crucifié et ressuscité, comme le seul espoir que lui propose l’Évangile.
Nous pourrions aussi remarquer d’autres détails dans les expériences de cette femme fidèle qui correspondent à celles de la maison de la foi dans tous les temps, comme le fait qu’il soit pourvu à ses besoins, qu’elle soit rendue capable d’en nourrir d’autres après avoir été elle-même rassasiée, que les bénédictions se multiplient sur sa route, qu’elle soit en heureuse communion avec son riche et miséricordieux bienfaiteur de même qu’avec ses serviteurs, que la grâce ait produit dans son âme tant d’humilité etc. Remarquons maintenant que son pèlerinage et ses espérances aboutissent à son mariage avec cet homme puissant d’Israël qui l’avait rachetée. Or quelle est l’espérance de l’Église aujourd’hui, sinon de voir Jésus, d’être avec Lui, semblable à Lui pour toujours ? Notre attente n’est-elle pas d’être l’épouse de l’Agneau ? Et notre Rédempteur béni — qui nous a soutenus, consolés, et si souvent nourris de sa propre chair et de son propre sang — n’a-t-il pas dit : «je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi» (Jean 14:3). Oui, Christ lui-même est l’espérance du croyant. Il ne faut rien moins que voir Christ, être avec Lui et semblable à Lui, pour répondre aux désirs d’une âme véritablement régénérée. L’apôtre Paul dit à ce sujet : «… nous attendons le Seigneur Jésus comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire» (Phil. 3:20-21), et encore : «… attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ qui s’est donné lui-même pour nous» (Tite 2:13-14). Pierre dit : «Étudiez-vous à être trouvés sans tache et irréprochables devant lui, en paix…» (2 Pi. 3:14), et Jean aussi, inspiré par le même Esprit, écrit : «Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est. Et quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur» (1 Jean 3:2-3).
Le grand événement suivant, auquel la Parole fait ensuite allusion, est le retour du Seigneur venant du Ciel. La grande espérance de l’Église est la venue de l’Époux, lorsqu’Il viendra chercher ceux qui sont prêts pour les introduire avec Lui au banquet nuptial. Chers enfants de Dieu ! Que cherchons-nous vraiment ? Qu’attendons-nous ? Est-ce Christ que nous cherchons, et aimons-nous son apparition ? Car n’est-il pas dit qu’Il «apparaîtra une seconde fois, sans péchés, à salut à ceux qui l’attendent» ? (Héb. 9:28). Christ est tout pour le croyant. Il est sa vie, sa justice, sa paix ; sa véritable attente est de régner avec Christ et de partager son honneur et sa gloire. Et nous pouvons être sûrs que le coeur du Seigneur Jésus attend ce jour-là, déjà rempli d’une joie inconcevable. «Père», dit-il, «je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire» (Jean 17:24). Si l’on demande quand Jésus reviendra, nous répondons que nous n’en savons rien. Il nous est dit de veiller, mais nous ne savons pas quand cela aura lieu. Pour le moment, il nous convient de l’aimer et de le servir, de marcher sur ses traces, de «ne pas glaner dans un autre champ». Notre pèlerinage touche à sa fin, nous n’aurons bientôt plus l’occasion de confesser un Sauveur rejeté dans un monde où règne le mal, et nous allons être pour toujours avec le Seigneur. Quelle perspective glorieuse ! Quelle plénitude de joie sans mélange ! Quel repos parfait et quelle satisfaction ! Puissions-nous être tous si pleins d’amour pour notre Sauveur que la réponse constante de notre coeur à sa promesse «Voici, je viens bientôt», soit «Amen, viens, Seigneur Jésus» !
Orpa aussi entendit la bonne nouvelle et parut un moment être influencée par elle. Mais son coeur ne fut pas touché par la vérité, pas plus que sa conscience devant la bonté de Dieu qui visitait son peuple coupable pour lui donner du pain. Émue, cependant, par l’exemple des autres, elle marcha quelque temps avec elles, mais ne tarda pas à céder au raisonnement et à la tentation de la chair pour retourner aux viles nourritures de Moab. Elle ne discerna pas les leçons d’amour dans les voies de l’Éternel, pas plus qu’elle ne sentit cette bonté de Dieu qui pousse à la repentance (Rom. 2:4), ni ne fut sensible au fait que le peuple de Dieu avait plus de droit à son estime et à sa confiance que celui de Moab, objet de malédiction. En fait, elle ne considérait pas les choses du point de vue de Dieu, et c’est pourquoi elle agit selon sa propre volonté et sa propre préférence, et retourna «vers son peuple et vers ses dieux» (Ruth 1:15). Cela est très solennel. Mais il est à craindre que le message de la réconciliation avec Dieu, par la mort de son Fils, soit pareillement rejeté par beaucoup de gens aujourd’hui. Ils entendent, paraissent s’intéresser momentanément aux croyants et aux choses religieuses, mais quand vient la tentation, ils retournent à leur peuple et à leurs dieux. Ils entendent mais ne croient pas ! Ils ne reçoivent pas la Parole dans un coeur honnête (Luc 8:15). Ils sont émus momentanément, mais sans être exercés dans leur conscience, devant Dieu, quant à leur état personnel. C’est pourquoi leur coeur en fin de compte, reste attaché à leur peuple et à leurs dieux. Dans tous les pays, les hommes impies ont leurs dieux — quelques objets très chers à leurs coeurs, qui varient suivant les circonstances et les âges de la vie, car ce qui envoûte un coeur à un certain âge perd tout son charme à un autre. Il y a des dieux domestiques, des dieux publics, des dieux pour les jeunes, d’autres pour l’âge avancé — pas toujours visibles, je vous l’accorde, mais néanmoins bien réels. Le pauvre a ses dieux, comme les riches ont les leurs, car l’homme déchu est naturellement idolâtre. Son coeur est éloigné de Dieu, et sa convoitise et son orgueil sont insatiables. C’est pourquoi il trouve son bonheur dans l’oeuvre de ses mains, et il adore et sert la créature plutôt que le Créateur (Rom. 1:25). Tel est l’homme. À moins donc que ne lui soit présenté un objet qui surpasse ce que peut saisir son regard naturel, un objet qui réponde à toutes les exigences de son âme, l’homme s’accroche à ses dieux. Il est donc merveilleux de voir de quelle manière parfaite la mort du Fils de Dieu répond aux besoins de l’homme pécheur, et peut combler son âme d’une consolation et d’une espérance éternelles. Cette mort le délivre pratiquement des nombreux dieux et des nombreux maîtres (És. 26:13) de ce «présent siècle mauvais» (Gal. 1:4), et dirige ses affections vers les choses d’en haut, là où Christ est assis à la droite de Dieu.
Et maintenant, chers lecteurs, permettez-moi de vous demander comment vous avez personnellement traité l’Évangile. Quel effet la bonne nouvelle a-t-elle eu sur vous ? La bonté de Dieu vous a-t-elle poussé à vous repentir et à recevoir le salut de Dieu par Christ ? Avez-vous si bien contemplé la grâce de Dieu déployée pour vous sauver de la colère à venir, par la mort de son Fils, que vous vous sentez contraint d’aimer Dieu, ainsi que ses enfants ? Ou bien demeurez-vous attaché aux délices du péché, vous leurrant du vain espoir de changer un jour de voie ? N’avez-vous jamais été touché en entendant parler de l’amour que Dieu a manifesté pour les pécheurs à la croix de son Fils bien-aimé ? N’en avez-vous pas quelque peu réalisé l’importance et la solennité ? N’avez-vous pas pris la décision de marcher avec ceux qui aiment le Sauveur, plutôt qu’avec vos anciens compagnons ? alors, pourquoi retourner en arrière ? Pourquoi vivre encore dans le péché avec les ennemis de Christ ? Ami, gardez-vous de traiter à la légère une question qui concerne votre bonheur éternel ! C’est peut-être à vous que s’adresse cette parole : «cette nuit même ton âme te sera redemandée» (Luc 12:20). Permettez-moi de vous avertir en toute fidélité ! J’ai entendu récemment parler de la mort d’une jeune femme, qu’il faut que je vous raconte : Un Vendredi matin, la malheureuse s’écria du fond de sa détresse : «Je sais que je suis frappée à mort et damnée pour l’éternité ! Le diable m’a avertie et m’a dit qu’à six heures, il me jetterait dans les tourments éternels, dans l’abîme préparé pour moi» ! Sa détresse était inexprimable, littéralement déchirante, à tel point que même ses compagnes qu’elle exhortait ardemment à se repentir et à abandonner leur mauvaise voie, étaient effrayées et fort affectées, sans savoir toutefois comment la soulager. Elles-mêmes ne connaissaient pas Jésus qui est la source de toute vraie consolation en réponse aux besoins du pécheur. Elles ne savaient pas que son sang purifie de tout péché (1 Jean 1:7). La malheureuse enfant hurlant de terreur, s’écriait : «N’y -a-t-il rien pour me sauver ? Aucune issue» ? Elle bondit plusieurs fois de son lit, en hurlant d’une manière effrayante : «Tu ne m’auras pas encore ! Il n’est pas six heures» ! Puis elle continua à délirer de la sorte jusqu’à l’heure fatale qu’elle avait si souvent indiquée, et elle expira.
Cher lecteur, soyez bien sûr que vous aussi approchez à grands pas de l’heure de la colère de Dieu, aussi agréable que le moment présent puisse vous paraître ! À moins que, vous reconnaissant pécheur coupable, vous ne soyez amené à croire en son Fils bien-aimé, car « les gages du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur» (Rom. 6:23)
«Deux hommes montèrent au temple pour prier, l’un pharisien, et l’autre publicain. Le pharisien, se tenant à l’écart, priait en lui-même en ces termes : Ô Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères ; ou même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine je donne la dîme de tout ce que je possède. Et le publicain, se tenant loin, ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant : Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur ! Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l’autre ; car quiconque s’élève sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé» (Luc 18:10-14).
Le Seigneur savait ce qui était dans l’homme. Ses paroles étaient puissantes, sondant les coeurs. Il faisait toujours la différence entre de simples mots, purement formels, et ce qui exprime un réel exercice de conscience devant Dieu. En ce temps-là, comme de nos jours, beaucoup s’égaraient faute de connaître les Écritures et la puissance de Dieu (Matt. 22:29). Ils ne croyaient pas en cette vérité de la ruine totale de l’homme et de sa dépravation. C’est pourquoi ils pensaient constamment devoir faire quelque chose pour s’assurer la faveur de Dieu, ou offrir du fruit de leur propre mérite pour être acceptés devant Dieu, au lieu de confesser n’être que de pauvres pécheurs perdus, ne méritant en toute justice que sa colère éternelle. Les gens ne pouvaient donc comprendre Jésus. Ils ne voyaient en Lui aucune beauté (És. 53:2). Ils se méprenaient constamment à propos de ce qu’Il disait, et ne comprenaient pas qu’Il répondait exactement à leurs besoins, parce qu’Il était venu chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19:10).
Dans le chapitre qui est devant nous, notre Seigneur bien-aimé s’adresse aux Pharisiens, au sujet de la prière. Il leur présente leur manière hypocrite de s’approcher de Dieu, et l’immense différence qu’il y a entre réciter des prières et prier véritablement. Leurs prières avaient peut-être l’approbation des hommes en général, mais que valaient-elles devant Dieu ? Il venait de leur parler de l’impiété qui caractériserait le monde lorsque le Fils de l’homme serait manifesté — un monde tellement dénué de vie véritable qu’il ne pourrait être comparé qu’à celui d’avant le déluge, ou à celui du temps de Lot. Puis Il leur expose la parabole du «juge inique», leur enseignant que «les hommes devaient toujours prier et ne pas se lasser», en leur assurant aussi que Dieu écoute la prière, et ne peut que prendre la défense des Siens en réponse à leurs cris. Il pose enfin cette question des plus solennelles : «Le fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre» ? (Luc 18:18). Mais tout en exprimant ainsi cette doctrine selon laquelle «les hommes doivent toujours prier» (Luc 18:1), Il leur expose, dans la parabole du Pharisien et du Publicain, la différence absolue qu’il y a entre la prière purement formelle et la prière véritable.
Cela dut interpeller profondément ceux qui étaient imbus de leur propre justice. La plupart des hommes reconnaissent qu’ils devraient prier. Ne pas le faire est quelque chose que l’on condamne généralement. Prier est en fait devenue une loi dans presque tous les pays. Les idolâtres invoquent leurs dieux. Les Musulmans récitent leurs prières à heures fixes. Les Sociniens reconnaissent la nécessité de prier. Les Juifs ont leurs propres prières, les Catholiques romains répètent les leurs. Les Pharisiens se faisaient remarquer par de longues prières. Saul de Tarse excellait à cela, mais ce n’est qu’après avoir vu le Seigneur Jésus, qu’il fut dit de lui : «Voyez, il prie» !
Quelqu’un qui ne prie pas est dans un triste état d’incrédulité, car il est certain que c’est le devoir de toute créature intelligente de reconnaître la bonté du Créateur. Mais il y a une différence entre tel homme qui ne prie pas, et tel autre qui reconnaît en Dieu son Créateur et son Bienfaiteur, bien que tous deux puissent être morts dans leurs fautes et leurs péchés. Le premier est un infidèle, en ce que, pas plus qu’une bête dénuée d’intelligence, il ne reconnaît Dieu. Le second reconnaît Dieu dans la création et en ce qu’Il pourvoit à ses besoins, mais, du fait qu’il méprise sa grâce comme Rédempteur, il n’est ni pardonné ni sauvé. Beaucoup parlent de la bonté providentielle de Dieu, mais sans croire au glorieux évangile du salut en Christ. Ils demeurent ainsi dans leurs péchés, déjà condamnés, car «c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises… Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui» (Jean 3:19, 36).
La parabole du pharisien et du publicain nous offre un tableau des plus frappants de deux catégories de personnes fort répandues dans ce monde : celles qui récitent des prières, et celles qui prient véritablement. Ce tableau s’accompagne de l’appréciation divine de ces deux catégories.
Apparemment, il y a une grande ressemblance entre le pharisien et le publicain. Un païen idolâtre aurait pu les voir se diriger l’un et l’autre vers le même temple. Tous les deux allaient prier. Tous les deux adressaient leurs prières à «Dieu». Aux yeux des hommes ils poursuivaient le même but. À la différence de ceux qui restaient dehors, ceux-là adoraient à l’intérieur du temple. De même, aujourd’hui, entre un chrétien de nom et un vrai chrétien, il y a souvent peu de différence extérieure, mais aux yeux de Dieu quel contraste !
Considérons tout d’abord le Pharisien. Il me semble que je le vois, avec son grand phylactère, se hâtant le long des rues pleines de monde, souvent salué du nom flatteur de «Rabbi». Il s’arrête de temps en temps au coin d’une rue pour répéter sa prière habituelle, et passe devant plus d’un publicain désespéré. Il approche enfin du saint temple. Avec quelle hardiesse y entre-t-il ! De quel pas assuré va-t-il droit au coeur même du saint lieu ! Comme il se redresse ! Que de coups d’oeil furtifs jette-t-il à la foule qui le contemple, pour s’assurer qu’il est bien l’objet de son admiration et de son estime, et avec quel mépris regarde-t-il les pécheurs en larmes qui l’entourent ! C’est alors qu’il commence à prier : «Ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères ; ou même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède». Telle est la prière du pharisien. Il nous est dit «qu’il priait en lui-même». Il fait donc appel à toutes les ressources du moi dont sa prière est pleine : l’exaltation du moi, l’amour du moi, la propre justice. Il dit : «je te rends grâce», «je ne suis pas comme le reste des hommes», «je jeûne», «je donne», «je possède». D’un bout à l’autre de sa prière, le «je» tient la première place ! Or le moi, quelle que soit la forme qu’il prenne, ne s’élève jamais au-dessus de lui-même. Le pharisien remercie Dieu de ce qu’il est meilleur que les autres. Mais comment cela se fait-il ? Est-ce parce qu’il jeûne et fait l’aumône ? Alors pourquoi remercier Dieu ? N’en est-il pas de même de l’offrande de Caïn — ces fruits du sol qu’il avait cultivés de sa propre main et qui avaient mûri avec l’aide de Dieu ? Oui, c’est là l’erreur du pharisaïsme : cultiver le moi, mais en déclarant que c’est avec l’aide de Dieu. Cela n’est pas le salut ! Ce n’est pas la purification d’une conscience coupable, mais seulement l’élagage superficiel de l’arbre corrompu incapable de porter de bons fruits, et cet élagage annule cette déclaration de l’évangile : «Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean 3:3).
Le pharisien remercie Dieu de ce qu’il n’est pas comme le reste des hommes. Dieu déclare que tous ont péché, que tous se sont égarés (Rom. 3:9-12), que tous sont coupables devant Lui, et que «comme dans l’eau le visage répond au visage, ainsi le coeur de l’homme répond à l’homme» (Prov. 27:19). Il est tout à fait possible que le pharisien ait été préservé des péchés extérieurs où le publicain avait si longtemps persévéré, et dans lesquels tant d’hommes autour de lui se complaisaient abondamment ; mais il ne pensait guère au fait que «l’Éternel ne regarde pas ce à quoi l’homme regarde, car l’homme regarde à l’apparence extérieure, et l’Éternel regarde au coeur» (1 Sam. 16:7). Le pharisien ne connaissait pas le péché qui consiste à n’honorer Dieu que des lèvres, tandis que le coeur est éloigné de Lui (Matt. 15:8). Quel était l’état du coeur du pharisien ? Il parlait comme s’il était juste et n’avait jamais péché, mais cela était faux, car l’Écriture dit «qu’il n’y a point de juste, non pas même un seul», et que nous sommes tous impurs, conçus dans le péché, et formés dans l’iniquité (Ps. 51:5). Il pensait, comme beaucoup d’autres aujourd’hui, que seules les choses extérieures souillent l’homme, alors que notre Seigneur a dit que ce sont les choses mauvaises du dedans qui souillent l’homme : «car du dedans du coeur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, les vols, la cupidité, les méchancetés, la fraude, l’impudicité, l’oeil méchant, les injures, l’orgueil, la folie. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l’homme» (Marc 7:21-23). Le pharisien n’était-il donc pas, dans son coeur, un «ravisseur» ? N’avait-il pas, maintes et maintes fois, désiré et obtenu les grâces providentielles de Dieu, sous prétexte d’honorer Dieu, alors qu’en fait c’était pour s’exalter lui-même aux yeux des hommes ? N’était-il pas «injuste» en n’ajoutant pas foi au témoignage du saint et véritable Fils de Dieu ? N’était-il pas «adultère» dans son coeur, en prétendant aimer Dieu, appelant le Dieu vivant et vrai «son» Dieu, alors qu’il ne pensait qu’à s’exalter et s’adorer lui-même ? Pauvre pharisien plein d’illusions ! Pauvre pécheur inconverti, non pardonné, aveuglé par Satan ! Combien ton propre méchant coeur t’a trompé ! Le Seigneur a bien dit de toi : «Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! car vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, mais qui, au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute sorte d’impureté. Ainsi, vous aussi, au dehors vous paraissez justes aux hommes, mais au dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité» (Matt. 23:27-28).
Telle est la prière du pharisien, qui n’exprime aucun sentiment de besoin, aucune espérance de recevoir quoi que ce soit de Dieu, aucune conviction d’indignité, aucune repentance, aucune confession de péché. Il pensait que Dieu exigeait quelque chose de lui, et se flattait de pouvoir Le satisfaire. Il ignorait cette vérité, que «Dieu n’est pas servi par des mains d’hommes, comme s’il avait besoin de quelque chose, lui qui donne à tous la vie et la respiration et toutes choses…et qui ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, il se repentent» (Actes 17:25, 30).
Considérons maintenant le publicain. Voilà un homme exercé dans son coeur, non pas à propos de ce qu’il est aux yeux des hommes, mais de ce qu’il est devant Dieu. C’est toujours ainsi que le Saint Esprit agit dans une âme. Le publicain sait que c’est à Dieu, à qui l’on ne peut rien cacher, qu’il doit rendre compte. D’un pas tremblant, et le coeur serré, il entre dans le temple. Il est profondément contrit, accablé par le sentiment d’être totalement indigne de la grâce de Dieu, et, se tenant loin, il se demande comment il peut s’approcher de Dieu, car il sait qu’il est un homme pécheur, qu’il a réellement transgressé les commandements de Dieu. Il en est convaincu, donc profondément humilié. Il est hanté par le souvenir de ses actes de convoitise et d’extorsion, et il a conscience du fait que tout péché est véritablement «contre Dieu». «Contre toi, contre toi seul, j’ai péché, et j’ai fait ce qui est mauvais à tes yeux» (Ps. 51:4), voilà le cri de son coeur ! Il a le sentiment de ne pas même pouvoir «lever les yeux vers le ciel», car il sait que Dieu est saint et juste, qu’en aucune manière Il n’ôtera la culpabilité (Ex. 34:7), et qu’Il a le pouvoir de détruire à la fois le corps et l’âme en enfer (Matt. 10:28). Il a profondément conscience d’avoir enfreint ses commandements. Mais, en outre, Dieu remonte jusqu’à la source du péché. Posant sa main tremblante sur son coeur, le publicain «se frappait la poitrine» comme pour dire : quelles pensées horribles, quels vils désirs, quelles suggestions abominables habitent ce pauvre coeur ! Misérable homme que je suis, transgresseur infâme, ennemi irréductible de Dieu ! De quelles grâces ai-je été l’objet, de la part de ce divin Bienfaiteur ! et pourtant, combien j’ai été rebelle et désobéissant, gaspillant mon temps, ma santé, mes forces et tant d’autres dons à des fins égoïstes ! Oui, j’ai même usé des dons du Tout Puissant à la poursuite du bonheur et de la gloire, loin du divin Donateur ! Quelle impiété ! Quel péché ! Mais il n’y a pas de mots assez forts pour décrire un tel travail de l’Esprit dans une conscience.
La question que se pose donc le publicain dans son coeur est de savoir si un tel pécheur peut être sauvé. Y a-t-il quelque espoir de salut pour un homme qui mérite si bien la colère de Dieu ? Si oui, il est convaincu que ce ne peut être qu’en Dieu lui-même, car l’expérience qu’il a faite de sa propre faiblesse et de son indignité lui enlève tout espoir de le trouver en lui-même, et même ailleurs que dans la grâce divine. Dieu peut-Il et veut-Il faire grâce à un si grand pécheur ? Il a entendu parler de la grâce de Dieu, et il sent que la grâce seule peut répondre à son besoin.
Mais peut-il encore être, lui, un objet de grâce ? Telle est la question qu’il se pose avec angoisse. Il se risque, cependant, et met tous ses espoirs dans cet amour gratuit et immérité : «Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur !» Remarquez bien le caractère de cette prière : 1) sa supplication s’adresse à Dieu Lui-même, 2) il reconnaît sa culpabilité de pécheur, 3) il ne compte que sur la grâce divine — «sois apaisé», — 4) il exprime le besoin profond de son coeur : «Sois apaisé envers moi». Il n’apporte rien qu’un fardeau de péchés à pardonner, une conscience oppressée par sa culpabilité à purifier, un coeur souffrant à l’extrême et attendant la consolation, une âme affamée à nourrir ! Il n’a aucun mérite personnel à présenter à Dieu, mais attend tout de Lui. Il sent que si Dieu ne le sauve pas, il est perdu pour toujours : «Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur» !
Quelle différence entre ces deux prières ! Le pharisien imbu de lui-même, n’a aucun besoin ; tandis que le publicain, profondément humilié, a besoin de tout. Le premier est pris au piège d’un formalisme sans vie, le second est sous l’influence d’une vie spirituelle.
Ayant placé devant nous un exemple de ces deux catégories de personnes si répandues dans le monde depuis les jours de Caïn, notre bien-aimé Seigneur ajoute que le publicain «descendit en sa maison justifié». Tel est, sans ambiguïté, le sens de ce passage, et non pas que le pharisien le fut, lui, en quelque mesure. De ces deux personnes, c’est le publicain qui a pu être déclaré «justifié». Quelle bénédiction ! Quelle glorieux déploiement des richesses de la grâce de Dieu : un pécheur, condamné de son propre aveu, s’en remettant à la grâce souveraine et gratuite de Dieu, un tel pécheur JUSTIFIÉ ! N’en a-t-il pas toujours été ainsi avec Dieu ? Du temps de Job, Élihu fut conduit par l’Esprit à dire : «l’homme dira : J’ai péché et j’ai perverti la droiture et il ne me l’a pas rendu ; Il a délivré mon âme pour qu’elle n’allât pas dans la fosse, et ma vie verra la lumière» (Job 33:27-28)
Toutefois, être justifié ne signifie pas seulement être pardonné, mais aussi être compté parmi les justes — justes devant Dieu. C’est pour cela que Christ est mort et qu’Il est ressuscité : «Celui qui n’ a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui» (2 Cor. 5:21). Jésus donc, par son oeuvre accomplie, n’a pas seulement délivré les siens de leur culpabilité, mais les a rendus propres à la gloire, d’où cet ordre donné aux croyants de Colosses de «rendre grâces au Père qui nous a rendus capables de participer au lot des saints dans la lumière ; qui nous a délivrés du pouvoir des ténèbres, et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés» (Col. 1:12-14). Telle est l’oeuvre que Jésus, descendu d’auprès du Père, est venu accomplir «afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable» (Éph. 5:27). Telle est la grâce de Dieu envers l’homme pécheur. Il justifie les impies qui croient, ce qu’Il est capable de faire en accord avec sa propre sainteté et sa justice, par l’oeuvre d’expiation du Seigneur Jésus Christ.
Le sacrifice unique pour le péché n’avait pas encore été offert lorsque Jésus exposa cette parabole. En une autre occasion, Il nous dit qu’Il était «à l’étroit», c’est-à-dire incapable de révéler pleinement la grâce et la paix de Dieu à l’homme perdu et pécheur avant que sa mort eut été réellement accomplie. «Mais j’ai à être baptisé d’un baptême ; et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli» (Luc 12:50). Mais les desseins et les pensées de la grâce rédemptrice de Dieu n’ont jamais varié. Il pouvait considérer Abel, Noé et Abraham, comme justifiés par la foi, en regardant à l’avance vers la croix, tout comme Il justifie maintenant un pécheur qui regarde en arrière vers l’oeuvre déjà accomplie de Christ. Par Christ, tous ceux qui croient sont justifiés de tous les péchés dont ne pouvait les justifier la loi de Moïse (Actes 13:39).
À cette parabole, notre Seigneur ajoute la règle divine selon laquelle «quiconque s’élève, sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé» (Luc 18:14). En deux autres occasions, notre Seigneur fit cette même déclaration solennelle, chaque fois à propos de la recherche des honneurs et des distinctions parmi les hommes. Ici, pourtant, Il la présente à ses auditeurs comme une doctrine d’une importance éternelle. Tout homme qui s’exalte lui-même en proclamant, avec une présomption toute charnelle, sa propre justice et sa propre importance, Dieu ne peut le juger digne que d’être banni éternellement de sa présence. Se tenir devant Dieu sans voir revêtu la robe de noces — sans cette justice sans défaut et infiniment parfaite qu’est Christ pour quiconque croit — c’est s’exposer à la juste indignation du Roi des rois : Celui-ci doit abaisser un tel homme dont la sentence ne peut être que : «Liez-le pieds et mains, emportez-le, et jetez-le dans les ténèbres de dehors ; là seront les pleurs et les grincements de dents» (Matt. 22:13). Combien cet abaissement sera grand, source d’amère et éternelle souffrance ! D’un autre côté, «celui qui s’abaisse sera élevé». De tels hommes ne défendent pas leurs propres opinions dans les choses de Dieu. Ils ne se vantent pas de leurs propres talents, ni de leurs propres succès. Ils croient que «Dieu est plus grand que l’homme». Ils laissent de côté leurs propres idées. Ils laissent à Dieu la place qui Lui revient. Ils inclinent leur oreille vers Lui et écoutent sa Parole. Enseignés par son Esprit, et éclairés par la Parole de vérité, ils reconnaissent que toutes leurs justices sont semblables à des haillons, et confessent qu’ils sont impurs et perdus. Ce sont de telles âmes que Dieu élèvera, car «de la poussière il fait lever le misérable, de dessus le fumier il élève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles ; et il leur donne en héritage un trône de gloire» (1 Sam. 2:8). Dès ici-bas, ils reçoivent «l’huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu» (És. 61:3). Ils ont conscience d’être élevés au-dessus des vils plaisirs des convoitises charnelles, pour jouir de la communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Dès ici-bas ils sont délivrés de leur condition d’esclaves de Satan, pour goûter leur liberté d’enfants dans la présence de Dieu. Et quand le Seigneur Jésus reviendra, alors que beaucoup seront laissés ici-bas pour subir ses terribles jugements, eux seront élevés et partageront son règne de gloire. Ils verront sa face, ils Lui seront semblables et partageront sa gloire à toujours. Quelle sainte et parfaite élévation, et quel bonheur immuable !
Et maintenant, cher lecteur, permettez-moi de vous demander en toute affection de réfléchir à ces choses. Êtes-vous de ceux qui ne prient pas ? Est-ce que vous mangez, buvez et jouissez des trésors de la nature et de la providence de Dieu, sans jamais vous agenouiller devant Lui en reconnaissant ses bienfaits ? En est-il vraiment ainsi ? Mais alors, en quoi êtes-vous différent des pauvres païens ou de la bête dont l’esprit descend en bas (Ecclés. 3:21) ? Vous n’avez pas de profession religieuse, dîtes-vous ! Comment ? Dieu vous comble chaque jour de ses bienfaits providentiels et, bien plus encore, Il a envoyé son Fils unique mourir pour des pécheurs, et les sauver de la colère à venir, en versant son sang précieux, et vous ne faites pas profession de le connaître ! Comme si une grâce et un amour aussi merveilleux n’étaient pas dignes de votre attention ! Quelle honte cher lecteur ! Repentez-vous promptement, tournez-vous vers Dieu, acceptez son pardon pour votre ingratitude et votre péché, par la mort expiatoire et l’oeuvre accomplie du Seigneur Jésus Christ.
Mais peut-être direz vous : «Je ne suis pas quelqu’un qui ne prie jamais. Je ne pourrais pas me coucher le soir, ni me lever le matin, sans faire ma prière habituelle. Je ne mets jamais à table sans rendre grâces, et j’avoue que Dieu m’a beaucoup béni en ce qui concerne ma famille, mes affaires et mes biens». Cher lecteur, tout cela est peut-être parfaitement vrai, mais qu’en est-il de votre âme, de votre âme immortelle ? Ne vous reposez-vous pas sur vos devoirs religieux habituels, en reconnaissant certes les soins providentiels de Dieu, mais non pas sa grâce qui sauve les pécheurs par la mort de son Fils ? Ne négligez-vous pas ainsi le salut de votre âme ? Que donnera un homme en échange de son âme ? Il se peut que vous confessiez votre foi en Dieu, mais, en tant que pécheur perdu, croyez-vous en son Fils Jésus Christ pour le salut de votre âme ? Voilà la question essentielle !
Mais d’autres de mes lecteurs diront peut être : «Aucun de ces cas n’est le mien. J’ai beau essayer de prier, je n’y arrive pas. J’ai souvent peur de dormir la nuit, de crainte de me réveiller en enfer. Et lorsqu’il m’arrive de voir un éclair et d’entendre gronder le tonnerre, je crains que ce soit peut être Christ venant en jugement pour me détruire ! J’ai pensé sérieusement à ces choses dans mon enfance, puis cela a passé, et j’ai vécu de longues années dans le péché. Les autres parlent de joie, mais je passe des semaines et des mois à souffrir. Parfois, je me sens mieux, avant d’être de nouveau plus que jamais la proie d’un sentiment de péché et de culpabilité ! On m’a conseillé de devenir membre, comme on dit, de quelque église, mais sachant qu’une profession de foi sans la piété est abominable aux yeux de Dieu, et sentant que j’ai besoin de paix intérieure et de l’assurance d’être pardonné de mes péchés et accepté par Dieu, j’ai toujours refusé».
Mon cher lecteur, si telle est ton expérience, c’est que le Saint Esprit a travaillé dans ton coeur ! Il proclame dans l’Évangile, la grâce gratuite de Dieu, le plein pardon des péchés, la justification éternelle et le salut sans réserve à tout pécheur qui vient à Dieu par Christ. «Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé» (Act. 16:31). Prends ta place au pied de la croix du Calvaire. Dans le sang que Christ a versé, discerne la grâce ineffable de Dieu envers les pécheurs. Ne doute plus. Élève ton âme jusqu’au trône de la grâce où le Seigneur est assis. Confesse-Lui que tu es un pécheur perdu, prends le Dieu vivant au mot, et mets toute ta confiance en la mort du Sauveur, pour être accepté et pour trouver la paix. Alors tes gémissements seront changés en louange, et ton coeur accablé sera rempli de chants de joie !
Encore une fois, rappelons-nous que Jésus Christ est venu dans le monde pour sauver, — Sauver qui ? non pas des justes, mais des pécheurs.
L’ordonnance, en Israël, de la purification du lépreux nous offre un tableau touchant de la manière dont Dieu purifie un pécheur et le ramène dans Sa présence bénie pour adorer et servir devant Lui.
La lèpre est un type frappant du péché. Elle rendait l’homme complètement inapte à se présenter devant Dieu. La place du lépreux était «hors du camp» (Lév. 13:46). Qu’il eût peu ou beaucoup de taches, il était déclaré «entièrement impur» (Lév. 13:44). Tout ce qu’il pouvait donc dire en vérité de lui-même, c’était «Impur ! Impur»! C’était une maladie des plus immonde. Dieu seul pouvait purifier un lépreux et le rendre propre à rentrer dans le camp.
La place qui convenait donc à un lépreux était hors du camp d’Israël, de tout ce qui touchait à Dieu, c’est-à-dire hors de sa présence, de son service, du culte qui lui était rendu. Avec ses vêtements déchirés, la tête nue et la barbe couverte (Lév. 13:45), il allait criant : «Impur ! Impur !», de peur qu’on ne l’approchât et ne contractât sa souillure !
Il convient aujourd’hui que tout homme prenne cette place de profond abaissement, comme d’un être sans Dieu, impur, anéanti devant Lui, indigne de Sa présence. Telle est certainement la seule place qui lui convient, car il nous est dit que «ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu» (Rom. 8:8), que tous sont coupables devant Dieu (Rom. 3:19).
Dieu pouvait cependant aller au-devant du lépreux qui se trouvait dans cet état horrible et désespéré. Il pouvait le réintroduire dans le camp, purifié, capable de paraître devant Lui. Dans cette ordonnance, nous voyons, comme préfigurés, de grands principes touchant la manière dont Dieu est venu à notre rencontre alors que nous étions dans nos fautes et dans nos péchés, dont Il nous a rendus capables d’entrer dans Sa présence bénie, et dont Il nous a fait trouver le repos et la paix devant Lui dans Son amour.
Partout ailleurs, devant n’importe quelle autre personne, cela n’aurait servi à rien. Celui-là seul, entre tous, avait reçu de Dieu le pouvoir de juger de l’état du lépreux et de le déclarer pur. De même, nous savons qu’«il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés», si ce n’est celui de Jésus (Act. 4:12). Jésus seul est le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par Lui (Jean 14:6). Le pécheur doit avoir affaire avec le Seigneur Jésus au sujet de ses péchés, ou rester à jamais hors de la présence de Dieu. Il n’y a de salut en aucun autre. Jésus dit : Venez ! «Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» (Jean 6:37). Comme cela est simple et encourageant.
«Et le sacrificateur le verra» (v. 3). Le lépreux se tenait debout, ses éventuelles de lèpre exposées au regard scrutateur du sacrificateur de Dieu. Avoir affaire avec Dieu, par Christ, touchant notre péché n’est pas peu de chose ! C’est une expérience très solennelle que d’être exposé au regard de Dieu à Qui rien n’échappe, dans Sa présence infiniment sainte. Se sentir pécheur devant un Dieu qui hait le péché n’est supportable que si l’on sait qu’Il est aussi un Dieu qui aime le pécheur, car toutes choses sont nues et découvertes devant Lui. Il n’y a rien de secret qui ne soit totalement découvert à Ses yeux.
Le lépreux, en cet instant solennel, devait apprendre qu’il ne pouvait être purifié que par l’offrande d’un sacrifice. On prenait donc un oiseau vivant, et on l’égorgeait sur de l’eau vive, car la mort de Christ est associée au jaillissement de la vie éternelle. Et il est certain que Dieu enseigne à l’âme exercée devant Lui quant à ses péchés, que c’est seulement par la mort de Christ qu’elle peut être amenée à se tenir devant Dieu, acceptée par Lui, car «sans effusion de sang il n’y a pas de rémission» (Héb. 9:22). Dans la souffrance et la mort de l’oiseau, le lépreux discernait la manière dont Dieu s’approchait de lui pour le purifier de sa souillure. De même, ce n’est que par la mort de Jésus, le Fils de Dieu, que le pécheur trouve la paix avec Dieu et la purification des péchés : «car aussi Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu…» (1 Pi. 3:18). Puis il voyait l’oiseau vivant, le bois de cèdre, l’écarlate et l’hysope, trempés dans le sang de l’oiseau mort. C’est ainsi qu’en figure, l’oiseau mort est identifié avec l’oiseau vivant, se fondant en un seul type, le type de Celui qui a été mort et qui est de nouveau vivant pour l’éternité. La dignité, la majesté, l’incorruptibilité, la parfaite humilité, et d’autres caractères de Christ, peuvent être vus en types dans l’écarlate, le bois de cèdre et l’hysope, pour nous montrer la puissance et l’efficacité infinies de Son précieux sang.
Le lépreux se tenait là, témoin de l’oeuvre de Dieu en sa faveur, puis recevant le remède de Dieu, et écoutant Sa sentence. Il ne faisait rien pour mériter quoi que ce fût de bon, mais recevait tout du Dieu d’Israël. Conscient de sa totale impureté, et de son indignité à se présenter devant Dieu, il restait muet tandis que le sacrificateur faisait aspersion du sang sur lui sept fois, le déclarant pur. Quelle bénédiction, et de quelle manière touchante cela nous montre que le salut est du Seigneur ! Le verdict était aussi rassurant qu’indubitable pour le lépreux. Quelles que fussent ses impressions personnelles, ou les suggestions des autres, il avait conscience d’être au bénéfice du sang, en vertu duquel — et uniquement de cela — le sacrificateur de Dieu l’avait déclaré pur. De même aujourd’hui, le croyant qui a simplement affaire à Christ — le seul Sauveur selon Dieu — au sujet de ses péchés, peut jouir d’une paix parfaite, pour la seule raison que Christ est mort pour nos péchés et qu’il a ôté le péché par le sacrifice de Lui-même. Car la Parole de Dieu déclare que nous sommes maintenant justifiés par Son sang (Rom. 5:9). Ainsi sommes-nous «déclarés purs».
Cela préfigurait un Sauveur ressuscité. «Le Fils… ayant fait par lui-même la purification des péchés, s’est assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux» (Héb. 1:3). Si bien que la résurrection et l’ascension de Christ donnent la parfaite assurance que Dieu a été pleinement satisfait de l’oeuvre expiatoire de Christ, et qu’Il a vu dans Sa mort sur la croix une réponse à toutes les exigences de la sainteté et de la justice divines, ainsi qu’une complète rémission des péchés de Son peuple. Il était impossible que la mort le retînt. Sa chair n’a pas vu la corruption. Il a été estimé digne de toute gloire, pour avoir si pleinement glorifié le Père sur la terre, et achevé l’oeuvre qu’Il Lui avait donnée à faire. Jusqu’à ce que le lépreux fût purifié, l’oiseau vivant était retenu captif, mais une fois prouvée l’efficacité de la mort de l’oiseau par la déclaration que le lépreux était pur, l’oiseau vivant était lâché dans les champs (v. 7). Quelle paix et quel réconfort cela devait apporter au pauvre lépreux ! Et quel repos parfait pour nos âmes de savoir Christ ressuscité d’entre les morts et monté au ciel !
Après avoir été déclaré pur, le lépreux lavait ses vêtements, rasait tout son poil, se lavait lui-même, et ainsi rentrait dans le camp. De même le croyant qui a eu affaire avec Dieu quant à ses péchés, et qui jouit du pardon et d’une purification immédiate par le sang de Jésus, un tel croyant n’a aucune confiance dans la chair. Il comprend que sa nature charnelle est totalement impure, que tout ce qui en lui tient à l’homme naturel est également impur, et que toute son amabilité naturelle, tout ce dont il se glorifiait jadis, ne supporte pas la lumière de la présence de Dieu. Mais s’il reconnaît tout cela comme impur et indigne de Dieu, il le considère aussi comme purifié par la parole de Dieu qui affirme l’efficacité éternelle du sang de Jésus : «Vous êtes déjà nets, dit Jésus, à cause de la parole que je vous ai dite» (Jean 15:3). Approchés dans le Christ Jésus par son sang, nous pouvons par l’Esprit, jouir de la présence de Dieu, adorer le Père, et le servir d’une manière qui Lui soit agréable (Héb. 12:28).
«Et voici, un docteur de la loi se leva pour l’éprouver, et dit : Maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ? Et il lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ? Et répondant, il dit : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée» ; «et ton prochain comme toi-même». Et il lui dit : Tu as bien répondu ; fais cela, et tu vivras. Mais lui, voulant se justifier lui-même, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Et Jésus, répondant, dit : Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre les mains des voleurs, qui aussi, l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent, le laissant à demi mort. Or, par aventure, un sacrificateur descendait par ce chemin-là, et le voyant, passa outre de l’autre côté ; et pareillement aussi un lévite, étant arrivé en cet endroit-là, s’en vint, et, le voyant, passa outre de l’autre côté ; mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et, le voyant, fut ému de compassion, et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin, et l’ayant mis sur sa propre bête il le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui . Et le lendemain, s’en allant, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, et lui dit : Prends soin de lui ; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs ? et Il dit : C’est celui qui a usé de miséricorde envers lui. Et Jésus lui dit : Va, et toi fais de même» (Luc 10:25-37).
Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs (1 Tim. 1:15). Il est mort pour des impies (Rom. 5:6). Des prophètes avaient déclaré à maintes reprises que «le salut est de l’Éternel», et parlaient depuis longtemps de Jéhovah comme d’un «Dieu juste et sauveur». C’est ce que l’Évangile proclame haut et fort : on l’appela Jésus — c’est à dire Sauveur — «car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés» (Matt. 1:21), et lorsque l’ange du Seigneur annonça sa naissance aux bergers, il dit : «Aujourd’hui, dans la cité de David vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur» (Luc 2:11). Jésus Lui-même enseigna à ses disciples qu’Il était venu, non pas pour détruire la vie des hommes, mais pour les sauver (Jean 12:47), et lorsqu’une femme convaincue de péché Le reçut comme tel, Il la déclara sauvée (Luc 7:47). À un autre qui le recevait avec joie Il déclara : «Aujourd’hui le salut est venu à cette maison» (Luc 19:9). Paul a témoigné de ce que la grâce de Dieu apporte le salut (Tite 2:11), et que c’est une parole «certaine et digne de toute acceptation, que le christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs» (1 Tim. 1:15). Quelle bénédiction de penser qu’aujourd’hui encore Dieu proclame le salut au plus grand des pécheurs par la mort expiatoire de Christ !
Salut, paix et pardon ! Que ces mots retentissent
Partout dans l’univers !
Oui, Seigneur, qu’en tout lieu tes rachetés unissent
Leurs voix à nos concerts !
Gloire à l’Agneau de Dieu ! Force, honneur et puissance
À l’homme de douleur
Qui mourut sur la croix pour notre délivrance
Nous t’adorons, Seigneur !
C’est ce don d’un Sauveur aux pécheurs qui manifeste si merveilleusement l’amour divin, et lorsque cela est reçu dans le coeur par la foi, ceux qui étaient ruinés et perdus sont attirés dans le sein de Dieu. Personne n’aurait pu concevoir que Dieu ait un amour pour le pécheur tel que celui que Jésus a révélé. Condamner le péché dans son Fils unique, afin de nous introduire dans la gloire, au lieu de nous condamner nous-mêmes éternellement comme nous le méritions si justement, témoigne d’un amour ineffable tel que seule la croix de Christ pouvait l’exprimer. «Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître» (Jean 1:18).
L’homme estime généralement que Dieu est un maître dur, exigeant, qui lui demande de grandes choses (Matt. 25:24). C’est pourquoi, s’il lui arrive de penser à Dieu, il l’associe presque toujours à l’idée de devoir Lui apporter quelque chose au lieu de recevoir de Lui. Paul a observé cet état d’esprit chez les Athéniens idolâtres auxquels il a jugé bon de dire : «Il (Dieu) n’est pas servi par des mains d’hommes, comme s’il avait besoin de quelque chose, lui qui donne à tous la vie et la respiration et toutes choses» (Actes 17:25). C’est cette idée orgueilleuse que se fait l’homme de ses capacités, qui fait tellement obstacle à l’entrée de l’évangile dans le coeur, et c’est cette barrière impénétrable que l’Esprit de Dieu renverse en convainquant les hommes de leur péché et de leur besoin d’un Sauveur, et en leur montrant qu’ils ne peuvent être justifiés que par la foi en Celui qui est maintenant à la droite de Dieu.
Il est écrit qu’en maintes occasions des personnes vinrent à Jésus avec ces idées erronées. Elles lui demandaient ce qu’elles pouvaient faire pour mériter la vie éternelle, ce qui, dans le cas qui est devant nous, était une bonne occasion pour le Seigneur d’expliquer la différence entre la loi et l’évangile, et de montrer qu’Il est venu, non pas pour appeler des justes mais pour chercher et sauver ce qui était perdu.
La parabole si touchante du Bon Samaritain a pour point de départ la question tout empreinte de propre justice du docteur de la loi. Du fond des ténèbres d’une profonde ignorance et d’une curiosité futile, il tenta le Seigneur en lui posant cette question : «Que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle» ? Il s’agissait de faire quelque chose pour avoir droit à la vie. Notre Seigneur ne pouvait donc que le renvoyer à ce que Dieu avait écrit dans la loi de Moïse, où il avait été maintes fois déclaré que l’homme qui faisait ces choses vivrait par elles. Le meilleur remède à la vaine confiance de ce poseur de questions était de la faire se mesurer ainsi à l’échelle de Dieu, en matière de justification. Car lorsque l’homme se croit capable de faire ce qui lui donnera le droit à la vie éternelle, seule la juste balance de la loi et du témoignage de Dieu peut trancher la question. La réponse de notre Seigneur fut donc : «Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu» ? La réponse du docteur de la loi montre que, comme beaucoup d’homme aujourd’hui, il connaissait la lettre de la loi mais ignorait tout de sa puissance de mort et de condamnation, alors que cette loi mettait à nu sa conscience et lui révélait la dépravation de son propre méchant coeur. Il répondit sans hésiter : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même», ce à quoi notre Seigneur répondit : «Tu as bien répondu ; fais cela et tu vivras». La parfaite justesse de la balance de la sainte loi de Dieu étant ainsi établie, restait à savoir si le docteur de la loi, une fois pesé, serait trouvé manquant de poids. Il avait lui-même énoncé le niveau requis, mais y atteignait-il personnellement, et avait-il droit à la vie éternelle ? Ou, au contraire, était-ce la preuve qu’il était de ceux qui «ont péchés et n’atteignent pas à la gloire de Dieu» ? (Rom. 3:23). Car cette loi sondait impitoyablement le coeur en disant à l’homme : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même». Elle impliquait donc une consécration parfaite à Dieu, sans défaillance et sans interruption, ainsi que le sacrifice de soi-même pour le bien de notre prochain. N’est-il pas étrange que ce docteur de la loi, repris dans sa conscience devant de telles exigences, ne se soit pas jeté à genoux en s’écriant : «Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur» ? (Luc 18:13). Mais il n’en fit rien. L’homme naturel est tellement aveugle et ignorant qu’il ne discerne rien spirituellement, à moins que le Saint Esprit n’éclaire son intelligence et n’ouvre son coeur ! Le docteur de la loi continuait à vouloir se justifier lui-même. Combien le coeur humain est aveugle ! Chercher des excuses et se justifier soi-même, cela n’a-t-il pas toujours été la manière de l’homme ? Ne côtoyons-nous pas des multitudes qui ont toujours la loi de Moïse à la bouche, tout en saisissant si peu ses parfaites exigences qu’elles s’efforcent de se justifier et de se construire une justice par cette loi-même qui prouve si bien leur état de transgresseur qu’elle leur annonce la condamnation et la mort, «afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit coupable devant Dieu» (Rom. 3:19).
Telle est la loi. Ses exigences sont strictes, sa mesure parfaite, son niveau immuable ; elle inflige la mort au transgresseur, sans aucune promesse de miséricorde ; sainte, juste et bonne en elle-même, mais capable de montrer la nature pécheresse de l’homme, sans lui donner la vie ni la justice ; car l’Écriture dit : «Si la justice est par la loi, Christ est donc mort pour rien» (Gal. 2:21). Qui donc peut prétendre à la vie sur le terrain de la loi ? Qui peut dire à Dieu qu’il est net, qu’il est pur, qu’il n’a absolument jamais transgressé Ses commandements ? Béni soit Dieu de ce qu’il y en eut Un qui a pu dire : «Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’oeuvre que tu m’as donnée à faire» (Jean 17:4). Oui, «Il a rendu la loi grande et honorable» (És. 42:21), Il a aimé l’Éternel, son Dieu, de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa pensée, et de toute sa force. Il a prouvé qu’Il a aimé son prochain comme Lui-même en le rachetant par Son sang précieux.
Bien que ce docteur de la loi désirât tant se «justifier lui-même», il n’y réussit pourtant pas, car il se trouvait en face de la lumière de la vérité, et sa propre question «Et qui est mon prochain» ? semble sous-entendre qu’il doutait un peu de pouvoir répondre à cette exigence particulière de la loi. Aussi lorsque le Seigneur lui eut fait le portrait d’un homme aimant son prochain comme lui-même, en ajoutant «Va et toi fais de même», le docteur de la loi fut incapable de lui poser d’autres questions, car sa conscience coupable, sous l’effet de la sainte vérité de Dieu, lui ferma la bouche. Si son coeur avait été disposé à recevoir l’instruction bénie qui lui était proposée, il n’aurait pas manqué de se condamner lui-même pour avoir si mal répondu aux exigences de Dieu, en matière de justice. Il aurait remarqué, dans cette parabole, que c’était son propre portrait que Christ lui présentait dans ce pauvre voyageur nu, blessé, indigent, gisant à demi-mort ; et que Celui qui lui parlait était ce «prochain», prêt à panser ses plaies et à remplir de paix et de joie sa conscience blessée. Ainsi aurait-il appris le vrai secret de l’Évangile qui est celui-ci : bien qu’il ne pût hériter de la vie éternelle par ses propres efforts, il pouvait cependant l’obtenir «sans argent et sans prix» (És. 55:1), du Sauveur des pécheurs Lui-même, comme le don gratuit de Dieu.
En méditant cette parabole, nous pouvons remarquer : 1°) la condition misérable de l’homme déchu, 2°) l’impuissance de la loi et des ordonnances à répondre à ses besoins, 3°) la profondeur et la perfection de l’amour du Sauveur, 4°) la sécurité et les espérances du pécheur guéri et racheté.
Elle nous est décrite de la manière la plus frappante dans cet homme blessé : «Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre les mains des voleurs, qui aussi l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent le laissant à demi mort». Il nous est rappelé ici que l’homme est une créature déchue. Dieu l’avait créé sans défaut et avait dit de lui, comme de tout ce qu’Il avait créé : «et voici, cela était très bon». La notion même de culpabilité lui était étrangère, et il ignorait tout du terrible aiguillon de la mort. Il était revêtu d’innocence, indemne de toute souillure d’esprit. Mais son grand ennemi s’approcha de lui, et l’homme désobéit au commandement de Dieu. C’est cela, le péché, et c’est ainsi que l’homme fut dépouillé de son vêtement immaculé. Conscient de sa méchanceté, il ressentit la morsure cruelle de la crainte et de la culpabilité, et il sut que la mort avait des droits sur lui, sans qu’il eût aucune perspective de délivrance. Comme le dit l’Écriture, «… comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, … ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). L’homme est donc une créature déchue, sans force. Il s’est égaré loin de Dieu (És. 53:6), et le péché règne sur lui jusqu’à la mort. Tous les hommes sont semblables à cet égard : tous sont de pauvres pécheurs sans ressources, nus, blessés, sans force. Il est très important de le bien comprendre, car cela coupe court à toute velléité de croire en la force de la créature, et nous fait réaliser que nous ne jouissons plus des bénédictions du Jardin d’Éden : nous restons prostrés au bord de la route, sans force, anéantis par les blessures mortelles que nous avons reçues. Le fait d’être déchus de naissance nous apprend l’absolue nécessité d’une «nouvelle naissance», et c’est aussi la preuve de la justesse du verdict divin : «Toute la tête est malade et tout le coeur défaut. Depuis la plante du pied jusqu’à la tête, il n’y a rien en lui qui soit sain : tout est blessure, et meurtrissure, et plaies vives» (És. 1:5-6). Quelle humiliation c’eut été pour ce docteur de la loi, plein d’orgueil et d’autosatisfaction, de se reconnaître lui-même dans ce pauvre voyageur prostré au bord du chemin, nu, à bout de force et de ressources, sans aucun moyen d’atténuer ses souffrances, sans ami pour l’aider physiquement et moralement, avant que Celui qui sauve le pécheur ne s’approche de lui ! Ah ! L’homme peut bien se vanter de ses nobles facultés et de ses dons innombrables, comme s’il n’était pas déchu ! Mais qu’est-il aux yeux de Dieu, à la pure lumière de la vérité céleste ? Que pèse-t-il à la balance du sanctuaire ? Qu’y-a-t-il de plus propre à l’humilier que cette description concise qu’en donne le Seigneur en quelques mots : «dépouillé», «couvert de blessures», «à demi mort» ? Tel est le verdict divin, dont je suis sûr que la conscience de tout homme enseigné par l’Esprit reconnaît l’exacte et parfaite vérité.
La rédemption par la grâce fut, de toute éternité, le propos du coeur de Dieu. L’Agneau était pré-ordonné dès avant la fondation du monde, et lorsque Dieu prononça la promesse de la rédemption, Il le fit sans aucune référence à la loi. Ce ne fut que, quatre cents ans après l’appel d’Abraham que la loi fut donnée, dans le but de rendre le péché manifeste : «Or la loi est intervenue afin que la faut abondât» (Rom. 5:20). C’est pourquoi nous lisons : «Or par aventure, un sacrificateur descendait par ce chemin-là, et, le voyant, passa outre de l’autre côté». Ce gardien de la loi n’avait aucun remède pour ceux qui étaient tombés et gisaient sans force ; il ne pouvait que constater qu’un homme était là, «couvert de blessures», et «à demi mort». Cet homme avait besoin de vie, de paix, de guérison, de salut, toutes choses que ce sacrificateur était incapable de lui procurer, d’où le fait qu’il «passa outre de l’autre côté». Le Lévite fut tout aussi incapable de répondre à ses besoins, n’ayant aucun baume qui puisse apaiser une conscience accablée par ses péchés. Ses sacrifices ne faisaient que remettre les péchés en mémoire, sans pouvoir les expier, «car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés» (Héb. 10:4). Il ne fit donc que regarder ce pauvre pécheur mourant, et «passa outre de l’autre côté». Il vint alors un second témoin constatant lui aussi que l’homme était «dépouillé», «couvert de blessures», et sous sentence de mort à moins que ses péchés ne fussent expiés. Nous comprenons donc un peu ce qu’est l’état réel de l’homme devant Dieu, et combien tout témoigne du fait qu’il est un pécheur déchu, sans force, et que rites et cérémonies sont incapables de répondre à ses besoins. Comme ce serait triste si le récit divin s’arrêtait là ! Mais — Dieu soit béni ! — ce n’est pas le cas. Car notre état misérable fut pour Dieu l’occasion de déployer les richesses de sa grâce, en sauvant parfaitement ceux qui ne pouvaient se sauver eux-mêmes : Il nous aima «lorsque nous étions encore pécheurs» (Rom. 5:8).
Cela nous amène maintenant à considérer la profondeur de l’amour du Sauveur, parfaite réponse aux besoins de l’homme. Cet amour nous est merveilleusement présenté dans les propres manières et les propres termes du Seigneur, en contraste absolu avec la froideur et la dureté du sacrificateur et du lévite : «Mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et le voyant, fut ému de compassion, et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin». Voilà ce dont avait besoin ce voyageur à demi-mort, ce qui convenait à ce pauvre homme à bout de force, ni plus ni moins ! Quelle grâce ineffable ! Qu’il est grand, qu’il est profond, l’amour gratuit de Christ pour de pauvres pécheurs perdus ! Le Seigneur n’est-Il pas descendu jusqu’à nous, là où nous en étions, gisant dans nos péchés, dans nos fautes et notre misère ? Il a eu compassion de nous et nous a apporté la guérison et le salut. Il a vu la gravité de nos blessures, notre misère, l’état désespéré dans lequel nous étions. Son coeur débordait de tant d’amour et de compassion que lorsqu’il s’avéra que seules les terribles souffrances et la mort de la croix pouvaient nous délivrer du courroux divin, Il donna librement Sa vie pour nous alors même que nous étions morts dans nos péchés. Notre cher Sauveur se fit volontairement péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en Lui (2 Cor. 5:21). Et maintenant, ressuscité d’entre les morts, Il vit à la droite de Dieu, pour être Prince et Sauveur et nous donner la rémission des péchés (Actes 5:31). Son sang a coulé pour des pécheurs perdus et coupables. Ce sang donne la paix à la conscience blessée, et peut guérir le coeur brisé. Il nous revêt d’une robe plus belle que l’homme d’avant la chute n’en a jamais porté : «la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient» (Rom. 3:22). Voilà ce que Jésus donne. Le témoignage que rend le Dieu de vérité à la valeur de la mort de Christ, c’est l’huile et le vin qu’Il verse dans l’âme troublée. Lorsque le Saint Esprit rend témoignage à un coeur brisé du fait que la loi a été accomplie, que sa malédiction a été portée par un Autre, que les péchés ont été expiés, et que la mort sous le jugement de Dieu a été endurée par Son Fils pour le pécheur — de telle sorte qu’il y a désormais pleine liberté pour ceux qui croient d’entrer dans le lieu très-saint par le sang de Jésus — c’est comme l’huile et le vin de notre parabole, remplissant de joie et de paix l’âme en train de sombrer. Quelle bonté, quel amour infini, répondant parfaitement à nos besoins ! Mais qui peut dire leur vertu, sinon ceux qui étaient autrefois blessés, et qui ont été guéris par l’amour du Sauveur ?
Christ sauve entièrement (Héb. 7:25). Il ne se contente pas d’entreprendre un travail dans une âme, mais Il le mène à bonne fin. Non seulement Il purifie l’âme, mais Il l’amène à Dieu et, par Son Esprit, Il nous unit à Lui-même. Il nous a pris de dessus le fumier, alors que nous n’étions que des mendiants, pour nous élever au rang de princes. Il nous a vivifiés, alors que nous étions morts dans nos péchés, pour nous faire asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ. Ainsi sommes-nous à Lui pour toujours. De même nous lisons qu’après avoir pansé le blessé et versé de l’huile et du vin sur ses plaies, «et l’ayant mis sur sa propre bête, il le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui. Et le lendemain, s’en allant, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, et lui dit : Prends soin de lui ; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai». La sécurité pour cet homme, c’est que le Samaritain, après l’avoir soigné, le releva du bord de la route pour l’asseoir à ses côtés, «sur sa propre bête» ; puis il entreprit de s’occuper de lui en pourvoyant à ses besoins pendant tout le temps de son absence, et en lui laissant cette merveilleuse espérance de son prochain retour. Nous pourrions élargir notre sujet en montrant quelle est la responsabilité de l’Église (symbolisée par l’hôtellerie) de prendre soin des agneaux du troupeau du Seigneur, mais nous nous bornerons à cette simple allusion. Le soin que le Samaritain prend de cet homme restauré ressort non seulement de cette constatation qu’«il eut soin de lui», mais aussi du fait qu’il le confia aux soins d’autres personnes auxquelles il avait donné de l’argent pour ce service, disant : «Prends soin de lui». Le fait de savoir que cet ami, qui l’avait si généreusement sauvé de la mort, s’était arrangé pour qu’il soit pourvu à tous ses besoins présents et futurs, dut être une pensée très réconfortante, bien propre à le délivrer de toute crainte et de toute méfiance, de même que l’espoir de son retour ne pouvait manquer d’être un sujet de grand intérêt. Lorsque le Berger retrouva sa brebis perdue, et qu’Il l’eut chargée sur ses épaules, la sécurité de la brebis, c’était d’être portée sur le bras vigoureux du bon Berger. La sécurité pour Noé, lorsqu’il fut entré dans l’arche, c’était que «l’Éternel ferma l’arche sur lui». La sécurité des fils d’Israël, lorsque l’ange de la destruction passa en jugement, c’était le sang de l’agneau aspergé sur le linteau et les poteaux de leur porte. De même, aujourd’hui, la sécurité pour le croyant c’est d’être en Christ, justifié par Son sang, et d’être maintenu devant Dieu par l’amour parfait et la toute puissance du grand Souverain Sacrificateur. Quelle immense bénédiction, pour tout vrai croyant dans le Seigneur Jésus, de savoir que «par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés» (Héb. 10:14), et que le Christ Jésus lui a été fait «sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption» (1 Cor. 1:30). En Christ, il a la vie, la justice, la plénitude, et rien ne le séparera jamais de Son amour. Christ prendra soin de lui continuellement, l’aidera dans ses difficultés, le consolera dans ses peines, le restaurera lorsqu’il se sera égaré, et le conduira dans des chemins droits pour l’amour de Son nom. Christ, qui mourut pour lui, intercède continuellement pour lui, et reviendra pour lui. Christ demeure en lui, comme lui-même demeure en Christ. L’amour, la sagesse, l’oeuvre, la valeur et la puissance de Christ, tout est pour lui.
Voilà ce qui fait la sécurité du croyant. Et l’espérance glorieuse de son âme est que Jésus va revenir et le recevoir Lui-même. Il sait que ce Jésus qui est monté au ciel reviendra de la même manière que ses disciples l’ont vu y monter (Actes 1:11). Le croyant attend le Sauveur et aime son apparition. Il sait qu’alors Christ «verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait» (És. 53:11), et lui-même peut dire : «Moi, je verrai ta face en justice ; quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image» (Ps. 17:15).
Il fut un temps où les chers enfants de Dieu vivaient tellement de la puissance de la vérité divine qu’ils se tournèrent «des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils» (1 Thess. 1:9-10). Puissions-nous, nous qui avons goûté combien le Seigneur est bon, aimer tellement le Seigneur Jésus Christ, nous réjouir tellement dans son oeuvre accomplie, et être si profondément touchés par sa grâce ineffable, que nos coeurs débordent continuellement de joie dans l’espoir de Sa venue !
Mais, cher lecteur, peut-être êtes-vous étranger à la grâce ? Peut-être êtes-vous plus qu’«à demi-mort», au point de n’être même plus conscient que vous êtes nu, blessé et en danger grave ? S’il en est ainsi, permettez-moi de vous demander de réfléchir à la manière dont vous supporterez la lumière et les terreurs du jugement dernier, lorsque vous serez jugé d’après vos oeuvres ! La mort approche, lentement mais sûrement, et aura tôt fait de vous précipiter dans l’abîme où la grâce n’est plus. Vous devrez alors vous tenir devant Dieu.
Cher ami, pécheur comme moi-même, vous êtes nu, blessé, mourant, bien que vous n’y pensiez guère ! Réfléchissez bien à ces choses. Dieu déclare que tous les hommes sont coupables devant Lui, mais Jésus, le Bon Samaritain, n’est-Il pas capable de vous guérir ? N’est-Il pas mort pour le plus grand des pécheurs ? Ne fait-Il pas ses délices de pardonner l’iniquité ? Ne vient-Il pas aujourd’hui au-devant de vous, avec le baume de Son Évangile béni ? Son sang précieux ne purifie-t-il pas de tout péché ? Repousse-t-il un seul pécheur — si vil soit-il — qui vient à lui ? Alors, pourquoi ne pas croire qu’Il peut vous sauver, panser vos plaies, remplir votre âme de joie et de paix, et vous faire jouir dès maintenant de Son amour parfait et immuable, avec l’heureuse perspective d’être bientôt avec Lui dans la gloire pour toujours ?
Que Dieu vous bénisse ! Amen.
«Où est le roi des Juifs qui a été mis au monde» ? (Matt. 2:2)
La naissance de Jésus fut un événement aussi porteur d’amour que de profonde sagesse et d’humilité, mais c’était ce que l’Éternel avait promis des siècles auparavant, et ce que les patriarches attendaient depuis longtemps. Quand l’homme désobéit à son Créateur et tomba sous le pouvoir de Satan, Dieu, dans Sa grâce infinie, fit briller Sa lumière sur cette scène de ténèbres et de désolation en déclarant que la semence de la femme briserait la tête du serpent (Gen. 3:15), annonçant ainsi, pour l’homme déchu, la venue d’un Rédempteur qui naîtrait d’une femme. Plus tard, l’Éternel enseigna à Abraham que la semence promise descendrait de lui et de son fils bien-aimé, Isaac : «en Isaac te sera appelée une semence» (Gen. 21:12). Ensuite, il fut révélé à David que cette semence promise serait le fruit de ses entrailles (2 Sam. 7:12), et aussi qu’après Sa mort et Sa résurrection, le Seigneur s’assiérait sur le trône d’Israël. Plus tard encore, le prophète Ésaïe, poussé par l’Esprit, annonça que le Sauveur naîtrait d’une vierge : «Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel» (És. 7:14). Et bien plus encore, car il parla aussi de la divinité de Christ, et de Son règne en puissance, comme Roi des Juifs, sur le trône de David Son père : «Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. À l’accroissement de son empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours. La jalousie de l’Éternel des armées fera cela» (És. 9:6-7). Enfin, après Ésaïe, le prophète Michée reçut l’ordre d’informer le peuple de Dieu du lieu précis où devait naître Jésus : «Et toi, Bethléem Éphrata, bien que tu sois petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité» (Michée 5:2).
Dans ces passages de l’Écriture, nous voyons donc que le Messie devait naître d’une femme, Dieu et homme en une seule Personne, fils d’une vierge, mis au monde à Bethléem, de la semence d’Abraham, de la lignée de David, «dont les origines ont été d’ancienneté». Nous apprenons qu’Il siégerait sur le trône de Son père David et que Son royaume n’aurait pas de fin.
Nous comprenons ainsi un peu mieux cette question posée par les mages : «Où est le roi des Juifs qui a été mis au monde» ? Dans la dispensation précédente, beaucoup espéraient que le Messie allait venir régner en gloire. Ils attendaient l’accomplissement des Écritures prophétiques concernant Son royaume, omettant le chemin d’humiliation, les souffrances et la mort sanglante, par lesquels le Messie devait passer avant d’accéder au trône de David. Ils ne voyaient pas que pour Dieu la seule manière d’accorder à l’homme une place bénie devant Lui, nécessitait la mort et la résurrection. Quelques-uns, cependant, attendaient la rédemption (ou la délivrance) de Jérusalem (Luc 2:38).
Dans ce chapitre, nous nous trouvons en face de trois sortes de personnes : 1°) Hérode 2°) Les principaux sacrificateurs et les scribes 3°) Les mages. Avec l’aide du Seigneur, il nous sera sans doute profitable de considérer chacune d’elles.
Hérode était roi à Jérusalem. Il fut donc extrêmement troublé à l’annonce de la naissance du roi des Juifs. Cela le touchait de très près, car il savait que si le vrai Messie était là, il ne pouvait plus lui-même rester roi. En outre, la nouvelle de la venue du Roi de Dieu avait de quoi alarmer sa conscience et le remplir d’effroi. D’autres réagirent pareillement, car nous lisons que «le roi Hérode, l’ayant ouï dire, en fut troublé, et tout Jérusalem avec lui» (Matt. 2:3). Il n’y avait ni tonnerre ni éclairs, aucune menace, aucun son d’alarme, et pourtant ils étaient inquiets. Des anges avaient chanté : «Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix, et bon plaisir dans les hommes» (Luc 2:14). Puis, un croyant s’était écrié : «Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole ; car mes yeux ont vu ton salut» (Luc 2:29). Et pourtant, «Hérode en fut troublé, et tout Jérusalem ave lui». Cette inquiétude poussa le roi à faire une enquête. Il commença par rassembler ceux qu’il jugeait les plus à même de le renseigner, et leur demanda où devait naître le Christ. Mais, bien que leur réponse fût exacte, cela ne le rassura pas. Il s’enquit diligemment auprès de mages, mais leur réponse ne dut que confirmer le fait que le Messie était vraiment venu. Que pouvait faire Hérode ? Il était dans une grande perplexité, éprouvant à la fois de la crainte et de la peine, mais en dépit du nombre de preuves indubitables devant lui, il ne pensa pas qu’il valût la peine de chercher le Messie. Il renvoya donc les mages, leur enjoignant de rechercher le petit enfant, mais n’eut point à coeur de se déranger lui-même pour une pareille visite. «Quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir, en sorte que moi aussi j’aille lui rendre hommage» (Matt. 2:8). S’il en est véritablement ainsi, pensait Hérode, alors je l’adorerai. Ses pensées ne volaient pas plus haut, et c’est tout ce qu’il trouva pour apaiser son inquiétude. Pauvre Hérode ! Son véritable état d’âme fut manifesté par la suite. L’orgueil enflamma l’inimitié qui couvait dans son coeur non régénéré contre Dieu et contre Son Christ. Il se mit «fort en colère», et assouvit sa rage en donnant l’ordre que tous les jeunes enfants de Bethléem et tout son territoire fussent mis à mort. Il espérait ainsi être délivré de ses inquiétudes, en tuant Celui qui était né Roi des Juifs. Tel est l’homme. Telle fut et sera toujours l’inimitié de la chair à l’égard du Christ de Dieu, notre bien-aimé Seigneur. Les hommes entendent cette parole digne de foi selon laquelle «le christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs» (1 Tim. 1:15) ; ils sont exercés momentanément à l’ouïe de cette nouvelle ; ils sont saisis de peur et troublés. Ils s’enquièrent, prêtent l’oreille à la lecture et à l’explication des Écritures, interrogent des serviteurs de Dieu et écoutent ce qu’ils ont à dire sur le sujet. Ils les entendent déclarer que leur plus grande joie est de contempler et d’adorer Celui qui sauve les pécheurs, et ils s’efforcent d’apaiser leur propre inquiétude en se promettant de l’adorer aussi dans un temps futur. Mais, comme pour Hérode, ce temps-là ne vient jamais ! Comme pour lui, leurs convictions ne sont pas profondes, étant plutôt le fruit des circonstances et de l’influence des autres que d’un exercice personnel devant Dieu. Ils ne conçoivent donc rien de plus élevé que d’adorer en public. Ils n’ont aucun désir sérieux d’être pardonnés de leurs péchés, aucun besoin profond d’être délivrés de leur culpabilité, aucun souci du véritable état de leur âme devant le Dieu vivant ; rien que quelques vagues idées sur l’adoration, le lieu et les formes de cette adoration, et autres choses semblables. Cependant, cet état d’esprit n’étant que le fruit des circonstances, il suffit que celles-ci changent pour que ces hommes changent aussi. Comme la rosée du matin, des impressions aussi superficielles disparaissent vite. L’inimitié naturelle à l’égard de Christ a tôt fait de se manifester, et ces hommes font bientôt chorus avec la foule incrédule qui les entoure : «Non pas celui-ci, mais Barabbas» (Jean 18:40).
Mon cher lecteur, puis-je vous demander si vous avez jamais été troublé à l’ouïe de l’évangile de Dieu ? Si oui, puis-je aussi vous demander en toute affection de réfléchir à la cause de ce trouble ? Était-ce la peur d’un changement dans vos circonstances extérieures ? Ou un profond exercice de conscience parce que vous aviez péché contre Dieu et que vous étiez ainsi justement exposé à Sa condamnation éternelle ? Voilà la tristesse selon Dieu, celle qui «opère une repentance à salut dont on n’a pas de regret» (2 Cor. 7:10) ! Si telle est votre expérience, vous ne vous contenterez pas du fait que d’autres recherchent le Sauveur et vous en parlent, mais vous Le rechercherez vous-même. Votre propre besoin vous y contraindra. Le cri de votre coeur sera : «Seigneur, sauve-moi, sinon je péris» ! Vous vous réfugierez dans le Seigneur Jésus Christ pour être sauvé. Vous ne vous contenterez pas de vous joindre simplement à d’autres, d’une manière formelle, pour adorer. Vous n’aurez de repos que lorsque vous serez assuré du pardon de vos péchés et de la paix avec Dieu.
Ami lecteur, méfiez-vous de l’hypocrisie ! Souvenez-vous d’Hérode ! Méfiez-vous, en ce qui concerne le salut, de toute autre démarche que celle de venir à Christ. Ne vous contentez pas de vous sentir un peu troublé, de vous pencher un moment sur les Écritures, ou de vous reposer sur de bonnes intentions ou sur quelques promesses pour l’avenir. Je le répète, méfiez-vous de faire rien moins que de venir à Jésus pour le salut de votre âme. Alors, et alors seulement, vous serez en sûreté, car Il a dit : «Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» (Jean 6:37).
Ceux-là ne manifestèrent aucun trouble, aucune curiosité, ni aucune colère. Calmes et indifférents, ayant toujours l’Écriture sur les lèvres, ils ne se souciaient pas plus du Messie que d’Hérode ! Ils avaient pourtant une connaissance remarquable des Écritures. Ils pouvaient dire exactement où le Christ devait naître. Ils avaient entendu l’annonce solennelle de la venue du Messie, ainsi que le témoignage des mages selon lequel le Dieu des cieux et de la terre avait commandé à une étoile de se détourner de sa course habituelle pour les guider. Et pourtant, ils restèrent froids et indifférents. Leur connaissance purement littérale de l’Écriture les avait enflés d’orgueil. Dans leur folie, ils se croyaient sages, ignorant qu’ils étaient en fait misérables, aveugles et nus. On aurait pu penser qu’un événement aussi important que la naissance du Christ aurait remué les coeurs les plus endurcis, mais il n’en était rien ! La devise de l’homme, c’est «Réjouissons-nous aujourd’hui, sans nous soucier de l’avenir éternel» ! Ces scribes étaient respectés par les hommes, honorés par le roi. Ils avaient le sentiment de posséder la clé du savoir, d’être les maîtres en Israël. On les saluait du nom de «Rabbi», et cela leur suffisait, car ils ne recherchaient que leur satisfaction du moment, sans se soucier de l’avenir éternel.
Il est à craindre que beaucoup ne pensent de même aujourd’hui. De tels hommes possèdent une certaine connaissance des Écritures, peuvent répondre à beaucoup de questions concernant le Sauveur, et demeurent parfaitement calmes lorsqu’autour d’eux d’autres sont fort troublés. Ils ignorent leur véritable besoin. Ils se comparent aux idolâtres ignorants, et se croient sages. Ils se flattent d’être nés en pays chrétien, d’avoir des ancêtres chrétiens, d’avoir reçu une éducation religieuse, et de pratiquer une religion reconnue : ils ne sont donc pas ignorants dans le domaine spirituel. Mais, malgré tout ce qu’ils s’imaginent savoir, ils ignorent la justice de Dieu (Rom. 10:3). Ils ne savent pas que, pesés à la balance divine, ils seront trouvés légers ! Ils ignorent le fait que leurs plus grands exploits ne sont que des péchés de belle apparence. Ils n’ont pas conscience de leur besoin d’être nés de nouveau. Ils ne connaissent pas le don de Dieu. Ils ignorent que le Dieu trois fois saint ne saurait accepter aucune excuse pour le péché, ni reconnaître, en matière de justice, d’autre niveau que celui de Son absolue sainteté. Ils vont donc çà et là, établissant leur propre justice et ne se soumettant pas à celle de Dieu, c’est-à-dire CHRIST qui est «la fin de la loi pour justice à tout croyant» (Rom. 10:3-4).
Cher lecteur, fuyez tous ces pièges du grand trompeur des âmes ! Écoutez la Parole du Dieu vivant, celle qui ne passe point. N’oubliez pas qu’il n’y a de salut en aucun autre que le Seigneur Jésus Christ. Il est l’unique chemin, celui qui seul mène à la gloire. La question d’une importance éternelle n’est pas ce que vous savez ou ce que les autres pensent de vous-même, mais ce que vous penser de CHRIST. Oh ! Pesez ces paroles solennelles de l’apôtre : «Si quelqu’un n’aime pas le Seigneur Jésus-Christ, qu’il soit anathème» (1 Cor. 16:22).
Quelles que fussent les caractéristiques particulières de ces hommes, ils étaient, au meilleur sens du terme, des sages. Ils se laissaient guider par la lumière et la sagesse divines. Ils avaient affaire à Dieu. Lorsqu’ils virent l’étoile aller devant eux, ils eurent l’assurance que c’était Dieu qui les guidait, et firent l’heureuse expérience qu’Il les conduisait au Sauveur. Ils cherchèrent Jésus, et rien ne put les en empêcher. Christ Lui-même était l’unique objet de leurs coeurs, et ils Le trouvèrent. Ils Le reconnurent comme le Dieu tout-puissant, et Lui rendirent hommage. Ils Le servirent en Lui offrant non seulement leurs dons, mais aussi leurs coeurs. C’est à Christ qu’ils offrirent leur or, leur encens et leur myrrhe. Nous pouvons aussi remarquer, chez ces mages, qu’ils obéissaient à Dieu plutôt qu’aux hommes (Actes 5:29), car étant avertis divinement de ne pas retourner vers Hérode (comme celui-ci le leur avait commandé), «ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin» (Matt. 2:12). Le récit concernant ces mages est très simple, très bref, mais leurs manières d’agir font un contraste remarquable avec les autres catégories de personnes ici présentées.
Cher lecteur ! Tout en vous mettant en garde contre la conduite pernicieuse d’Hérode et des scribes, je vous supplie solennellement de vous demander si vous ressemblez à ces mages. Ils se soumirent aux instructions de Dieu : le faites-vous ? Ils cherchèrent et trouvèrent le Sauveur : l’avez-vous faut ? Ils l’adorèrent et Lui offrirent leurs dons les plus précieux : avez-vous fait de même ? Lorsqu’ils s’aperçurent que l’homme ordonnait une chose et Dieu une autre, ils obéirent à Dieu plutôt qu’à l’homme : et vous ?
Jusqu’ici, nous avons seulement considéré le Roi des Juifs en rapport avec Sa naissance, mais aussi grand et glorieux que fût cet événement, nous pouvons Le contempler ensuite dans une position encore bien plus merveilleuse. C’est à la croix du Calvaire que je fais allusion. Oui, c’est la croix de Christ qui est le précieux point de rencontre entre Dieu et l’homme. Sans la mort de la croix, aucun triomphe n’aurait pu être remporté sur la mort, personne n’aurait pu être sauvé de l’enfer, et aucune lueur d’espoir pour l’avenir n’aurait brillé dans ce monde. Sans la mort de la croix, aucun pécheur n’aurait jamais atteint les demeures de gloire. Or l’évangile de la grâce déclare que Christ est mort. Les Écritures mettent l’accent sur la valeur éternelle de la mort de Christ, et notre Seigneur a enseigné la même chose. N’a-t-Il pas dit : «À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12:24). Le croyant n’obtient la paix avec Dieu que par la mort expiatoire de Christ. C’est par Son sang que nous sommes justifiés, sanctifiés, et que nous sommes introduits dans la présence de Dieu où est notre Grand Sacrificateur. C’est dans la mort de Jésus que nous voyons, si abondamment manifesté, l’amour merveilleux de Dieu envers l’homme. Là, nous voyons que Christ a aimé l’Assemblée et s’est livré Lui-même pour elle. Là, nous voyons que le Roi des Juifs est mort pour ce peuple, et que Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même (2 Cor. 5:19). Là, nous voyons à quel point Dieu a haï le péché, mais aimé le pécheur. C’est là, à la croix, que Jésus a porté nos péchés dans Son propre corps, ayant été fait péché pour nous (2 Cor. 5:21). C’est encore là que Son âme a été offerte en sacrifice pour le péché (És. 53:10). C’est là qu’Il a souffert une fois sous la colère de Dieu, afin que nous recevions une paix et une bénédiction éternelles.
Le Roi des Juifs a été mis à mort sur le bois maudit, car, est-il écrit : «il nous est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas… et non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés» (Jean 12:50-52). En cette circonstance solennelle, Pilate semble avoir eu conscience que Jésus était le Roi des Juifs, car non seulement il demanda à notre Seigneur s’Il était bien le roi des Juifs, mais juste avant de Le livrer pour être crucifié, il se tourna vers le peuple, disant : «Voici votre roi !… Crucifierai-je votre roi» ? (Jean 19:14-15). Pilate fit aussi un écriteau qu’il mit sur la croix, et il y était écrit dans les trois langues principales du monde d’alors : «JÉSUS LE NAZARÉEN LE ROI DES JUIFS» (Jean 19:19). Et sa décision était si ferme que lorsque les principaux sacrificateurs lui dirent : «N’écris pas : Le roi des Juifs, mais que lui a dit : Je suis le roi des Juifs», Pilate répondit : «Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit» (Jean 19:21-22). Dieu, sans aucun doute, avait un but dans tout cela, et bien que la nation d’Israël refusât alors de reconnaître son Roi, ce sera leur joie, à la seconde venue de Christ, de savoir qu’ils ont «la rédemption par Son sang, la rémission des fautes selon les richesses de Sa grâce» (Éph. 1:7 ; Rom. 11:27).
Mais où est le Roi des Juifs maintenant ? Il a été dans l’étable de Bethléem, emmailloté, adoré par les mages. Il a été reconnu par un vrai Israélite comme le Fils de Dieu, le Roi d’Israël (Jean 1:48-50). Puis, comme un roi humble et débonnaire, monté sur un âne et descendant la montagne des Oliviers, Il a été adoré comme «le Roi qui vient au nom du Seigneur» (Luc 19:38). Il a été vêtu d’une robe de pourpre, et couronné d’épines par dérision. Il a été crucifié publiquement entre deux malfaiteurs, hors des portes de Jérusalem, comme «Jésus de Nazareth, le roi des Juifs». Mais, je vous le demande, où est le Roi des Juifs maintenant ? Il n’est plus sur la croix, ni dans le sépulcre, mais bien qu’Il fût crucifié en infirmité, Il a été ressuscité des morts par la toute puissance divine ayant dépouillé les principautés et les autorités (Col. 2:15). Ressuscité en magnificence et en gloire, au milieu des myriades des armées célestes dans une allégresse incessante, le Roi des Juifs a été reçu sur le trône de la Majesté dans les cieux (Héb. 8:1), couronné de gloire et d’honneur (Héb. 2:9). Le roi rejeté d’Israël a donc été ressuscité des morts par la gloire du Père (Rom. 6:4), et exalté au plus haut des cieux. Mais les Juifs, jusqu’à ce jour, l’ignorent. Ils demeurent aveuglés et incrédules, accomplissant la prophétie d’Osée : «Car les fils d’Israël resteront beaucoup de jours sans roi, et sans prince, et sans sacrifice, et sans statue, et sans éphod ni théraphim» (Osée 3:4). Ils sont toujours dispersés parmi les Gentils tandis que leur sainte cité demeure en ruines à cause de leur péché : «les branches ont été arrachées pour cause d’incrédulité» (Rom. 11:20). Mais il nous est dit que Dieu peut les greffer de nouveau. Oui, Il peut faire tomber les écailles de leurs yeux pour faire renaître aussitôt leur nation. Il peut rassembler les Israélites dispersés, et les ramener dans leur propre pays. «Ensuite, les fils d’Israël retourneront et rechercheront l’Éternel, leur Dieu, et David, leur roi, et se tourneront avec crainte vers l’Éternel et vers sa bonté, à la fin des jours» (Osée 3:5). Alors les Juifs se réjouiront dans leur Roi qui «régnera… devant ses anciens, en gloire» (És. 24:23), et «Israël fleurira et poussera, et remplira de fruits la face du monde» (És. 27:6). Mais ce ne sera pas alors sur une base charnelle, mais par la grâce gratuite et souveraine, par l’oeuvre de rédemption de Celui qui est mort pour ce peuple. Ils sauront alors que Christ crucifié est leur sacrifice, que Christ ressuscité est leur législateur (És. 33:22 ; Jacq. 4:12), que Christ exalté est leur grand Sacrificateur (Héb. 8:1), et que Christ glorifié est leur Roi (Apoc. 19:16). Ils feront alors l’expérience des bénédictions de la nouvelle alliance dont parle Jérémie le prophète : «Après ces jours-là, dit l’Éternel : Je mettrai ma loi au-dedans d’eux, et je l’écrirai sur leur coeur, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple ; … car ils me connaîtront tous, depuis le petit d’entre eux jusqu’au grand, dit l’Éternel ; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché» (Jér. 31:33-34). Aujourd’hui, tandis que le Seigneur Jésus est rejeté par la nation juive, Dieu proclame Son évangile dans le monde entier pour rassembler d’entre les Gentils un peuple pour Son nom. Un Juif, ici ou là, reçoit l’évangile, comme beaucoup l’ont déjà fait, si bien que l’Église de Dieu se compose à la fois de Juifs et de Gentils, unis en un seul corps en Christ — un seul homme nouveau, approché de Dieu en Christ par Son sang (Éph. 2:15, 13).
Le règne de Christ fut annoncé par l’ange à Marie, en rapport avec Sa naissance : «Et voici, tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils, et tu appelleras son nom JÉSUS. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut ; et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; et il régnera sur la maison de Jacob à toujours, et il n’y aura pas de fin à son royaume» (Luc 1:31-33). Nous comprenons donc pourquoi Pierre, s’adressant au peuple de Jérusalem, fit allusion à l’apparition du Seigneur disant : «… Jésus Christ, qui vous a été préordonné, lequel il faut que le ciel reçoive, jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps» (Act. 3:20-21). Nous approchons à grands pas de ces temps de «rétablissement de toutes choses». Le Seigneur, bientôt, descendra du ciel. Son Église, Son Épouse bien-aimée, sera enlevée à Sa rencontre en l’air (1 Thes. 4:17). Il apparaîtra en gloire, et Ses saints avec Lui (2 Thes. 1:10). En tant que Roi des Juifs, Il régnera sur la maison de Jacob. En tant que dernier Adam (1 Cor. 15:45-47), Il dominera manifestement sur la création délivrée du joug de la corruption (Rom. 8:21). Et, en tant que Roi sur toute la terre, Il sera l’objet de l’adoration de toutes les familles des nations (Zach. 14:17), car avec des flammes de feu et avec vengeance (2 Thes. 1:8), Il mettra tous Ses ennemis pour marchepied de Ses pieds (Ps. 110:1). Heureux ceux qui aujourd’hui peuvent dire, en toute sincérité : «Viens, Seigneur Jésus, ne tarde pas» !
Cher lecteur Jésus sauve parfaitement ; maintenant Il vous sauvera, vous personnellement, si vous venez à Lui.
Venez au Sauveur qui vous aime,
Venez, Il a brisé vos fers,
Il veut vous recevoir Lui-même,
Ses bras vous sont ouverts.
«Comme le pommier entre les arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé entre les fils ; j’ai pris plaisir à son ombre, et je m’y suis assise ; et son fruit est doux à mon palais. Il m’a fait entrer dans la maison du vin ; et sa bannière sur moi, c’est l’amour». (Cant. des Cant. 2:3-4)
Le monde est comparable à une forêt composée d’arbres d’essences variées. Ici, l’écrivain vante la supériorité de l’arbre qu’il s’est choisi d’entre tous les arbres. Il trouve que le pommier répond à tous ses besoins, non seulement en ce qu’il lui procure un abri et la sécurité, mais aussi des fruits exquis et rafraîchissants. Aucun autre arbre, pas même le pin altier ni le cèdre majestueux, ne lui plaît autant que le pommier qui non seulement l’abrite des rayons brûlants du soleil, mais aussi le nourrit et le désaltère parfaitement.
L’homme, par nature, soupire toujours après quelque chose, après ce qu’il n’a pas. Il souffre dans son coeur d’un vide qu’il cherche en vain à combler. Au fur et à mesure que l’intelligence se développe, que les goûts et les penchants s’affirment, on se choisit des centres d’intérêt et de quoi satisfaire ses désirs. Mais de quelque côté que les hommes se tournent, et quoi qu’ils obtiennent, tous font l’expérience que, sous le soleil, tout est vanité et poursuite du vent. Cependant, si une chose ne leur apporte que peine et déception, ils en poursuivent une autre, et il est à craindre que beaucoup de personnes ne gaspillent leur vie en ne faisant que courir d’une chose à l’autre dans ce pauvre monde, à la recherche d’un repos introuvable.
Certaines personnes s’appliquent diligemment à gagner de l’argent, celui-ci étant l’objet de leurs aspirations. L’or est leur dieu. Pour eux, rien n’a de valeur, sauf ce qui accroît leur richesse. Qu’ils sont nombreux, dans la forêt de ce monde, ceux qui se sont choisi un arbre qu’on pourrait nommer Argent ! Ils se démènent pour trouver un repos qui leur échappe toujours ! On les dit riches, mais eux se sentent souvent très pauvres. Les autres les croient peut-être satisfaits, mais eux ignorent ce qu’est le véritable contentement. Ils sont souvent un triste exemple du fait que «c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent» (1 Tim. 6:10), et de cette vérité que «Celui qui aime l’argent n’est point rassasié par l’argent, et celui qui aime les richesses ne l’est pas par le revenu» (Eccl. 5:10).
Il y en a d’autres qui ne recherchent pas tant l’argent que le plaisir. Ils ne se refusent jamais rien. Ils ont pitié de ceux que leur avarice réduit à la convoitise, tandis qu’eux-mêmes dépensent tous leurs biens en divertissements et en réjouissances. Ils s’adonnent aux plaisirs du péché et ne connaissent rien de mieux que de satisfaire «la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie» (1 Jean 2:16). Dans la forêt de ce monde, rien ne leur convient mieux que l’arbre du plaisir. Ils poursuivent des buts variés, selon leurs moyens et leurs goûts, mais recherchent avant tout, si possible, le plaisir et la facilité. Ils ne connaissent rien de mieux que de satisfaire leurs désirs du moment.
On en voit d’autres qui se soucient peu des richesses ou des plaisirs éblouissants de la mode. Ils sont d’un tempérament calme, réservés, mais toujours à l’affût des découvertes de la science à laquelle ils sacrifient volontiers leurs temps, leurs biens, leur santé et bien d’autres choses encore. L’intérêt qu’ils y trouvent dans le présent leur paraît suffisant pour les encourager à persévérer avec zèle dans cette voie ; et le caractère soi-disant inoffensif de la science devient une excuse, aux yeux des plus sérieux, pour s’y consacrer sans réserve. La science est le choix de leur coeur. Ils ignorent que l’Écriture ne fait pas de différence entre les convoitises des pensées et celles de la chair (Éph. 2:3), et peut-être évitent-ils de penser au fait que, lorsqu’ils mourront, toute la connaissance qu’ils ont accumulée mourra avec eux.
Il y a cette autre catégorie de personnes dont l’unique ambition est la renommée. Dans le but de laisser derrière eux un nom célèbre, ils sont quasiment prêts à se sacrifier eux-mêmes. C’est d’après les honneurs dont ils sont comblées, qu’ils jugent de la réussite de leur vie, jusqu’au jour où, pour leur malheur éternel, la main glacée de la mort leur prouve que «l’homme qui est en honneur ne dure pas ; il est semblable aux bêtes qui périssent» (Ps. 49:12).
Tels sont quelques types de personnes qui nous entourent. Que le but qu’ils poursuivent soit l’argent, le plaisir, la connaissance ou la renommée, quel que soit leur choix, ils sont comme autant d’arbres différents dans une grande forêt, les uns choisissant ceci, les autres cela. Mais il y a un arbre, jadis planté à Golgotha, qui diffère de tous les autres, à cause des consolations présentes et de la bénédiction éternelle qu’il offre à tous ceux qui se réfugient sous son ombre. C’est la croix du Fils de Dieu qui fut crucifié pour des pécheurs. Cette croix est le choix du croyant. C’est en vain que sa conscience vivifiée découvre tout autre objet susceptible de le combler. Il sait que toutes les richesses de la terre ne peuvent procurer la paix, qu’aucun plaisir de ce monde ne peut soulager son coeur affligé, qu’aucune philosophie ne peut alléger le poids de sa culpabilité, et qu’aucun honneur humain ne peut lui assurer l’honneur immortel d’être un enfant de Dieu ! Dans la croix du Seigneur, il lit que Dieu est amour. Dans le sang du Sauveur, il voit une source divine qui purifie de tout péché. Sur le bois du Calvaire, il voit les péchés jugés et expiés pour tous ceux qui croient. Dans la personne de Jésus crucifié, il discerne l’amour infini, la sainteté et la vérité. Plus il apprend à connaître Jésus, plus il découvre Sa sainte horreur du péché, en même temps que Sa grâce infinie pour le pécheur. Son dévouement, jusqu’au sacrifice de Lui-même, dans la vie et dans la mort, nous montre à quel point Il n’a pas cherché à se plaire à Lui-même, mais a aimé l’Église, se livrant Lui-même pour elle. La perfection de sa personne, de son oeuvre et de son service, ainsi que la grandeur de son amour, réjouissent si bien le coeur du croyant que celui-ci peut s’écrier en vérité : «Comme le pommier entre les arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé entre les fils»
Ces versets, qui sont le sujet de notre méditation, nous instruiront sur le choix du croyant, sur son repos, sa joie, ses exercices et ses privilèges. Considérons chacun de ces points séparément.
«Mon bien-aimé» : Il n’y en a point comme le Seigneur Jésus pour le croyant. Rien ne l’attire plus, rien n’est plus glorieux à ses yeux ! Christ est l’objet des affections de son coeur. En Lui, il contemple la gloire de Dieu, Sa grâce, Sa sagesse, et Sa puissance ! Il le trouve incomparablement agréable. Christ surpasse à ses yeux des myriades d’hommes. Il est parfaitement désirable. Le croyant a trouvé en Lui son refuge et son salut, la paix pour son âme blessée, par la foi en Son sang, si bien qu’il peut dire en vérité : «mon Bien-aimé», mon Rédempteur, ma Justice et ma vie. C’est pourquoi Christ lui est si cher. D’entre toutes les multitudes sur la terre ou dans les cieux, il pourrait reconnaître Jésus et dire : «Celui-ci est mon Bien-aimé, et mon Ami». L’attachement personnel à Jésus est le sentiment de tout vrai croyant (1 Pier. 2:6-7). Sous quelque aspect, et de quelque manière que le croyant considère Jésus dans tout Son service, Il est le «Bien-aimé» de son âme. Le croyant peut renoncer à tout sauf à la Personne de Christ qui est le centre de ses affections.
«Je m’y suis assise». Jésus seul donne le repos à l’âme accablée, selon sa propre promesse : «Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos» (Matt. 11:28). Le chrétien réalise cela par la foi, selon ce verset : «nous qui avons cru, nous entrons dans le repos» (Héb. 4:3). Celle qui parle dit ici : «J’ai pris plaisir à son ombre, et je m’y suis assise». Le chrétien ne sait donc pas seulement que Christ crucifié est la voie du Salut, mais il s’empare de cette vérité, il vient à Lui, il entre, il s’assied en paix, car Dieu donne le repos à sa conscience accablée par son péché. L’âme réveillée, qui a fait l’expérience de l’insuffisance des expédients humains, trouve dans la croix du Fils de Dieu tout ce qu’il faut pour le délivrer de sa culpabilité, apaiser ses craintes, et le remplir d’une merveilleuse espérance. Un pécheur conduit par l’Esprit n’est jamais délivré du fardeau de ses péchés avant d’avoir contemplé Jésus crucifié. C’est là, et nulle-part ailleurs, qu’il voit le Dieu saint ôter le péché, et donner la justice et la paix au pécheur, le pardon au coupable, la vie à celui qui est mort, et le salut à celui qui est perdu. Il s’approche donc et trouve le repos. Par la foi, il s’assied à l’ombre de la croix et se trouve pour toujours à l’abri de la colère de Dieu, parce que Christ a été fait péché et malédiction pour lui. Il se repose, assuré que Dieu est son Sauveur, que Jésus a pris sur Lui ses iniquités, que le coup de la vengeance divine est tombé sur Lui qui a ainsi souffert pour ses péchés, le Juste pour les injustes, afin de l’amener à Dieu (1 Pier. 3:18). De cette manière, le croyant réalise que Dieu l’aime, le reçoit, lui pardonne, et qu’Il le justifie de tout péché. Toutes ses questions reçoivent une réponse, toutes ses craintes sont ôtées, tandis que l’amour, la reconnaissance et l’espérance remplissent son âme. Que personne ne s’attende à trouver le repos si ce n’est en considérant par la foi la valeur de la mort de Christ.
Beaucoup d’âmes angoissées ignorent ce qu’est le repos. Pourquoi cela ? Parce qu’elles ne le cherchent pas par la foi. Elles ne se sont pas assises à l’ombre du Seigneur Jésus Christ, comme le suggère notre verset : Peut-être s’embarrassent-elles de doctrines, ou observent-elles scrupuleusement des commandements, ou peut-être encore sont-elles soucieuses de leur environnement, de leurs sentiments et de leurs expériences. Toujours est-il qu’elles ne trouvent pas le repos. Il ne faut rien moins que Christ et son oeuvre accomplie pour donner le repos — Christ lui-même, Christ seul. Partout ailleurs, il est vain de chercher le repos. Tant que l’on regarde à soi-même — que l’on soit naturellement bon, mauvais, religieux ou toute autre chose — il est impossible de trouver le repos, parce que Christ est le seul Sauveur, le seul refuge, le seul objet de foi, le seul lieu de repos que Dieu offre aux pécheurs. Il y a longtemps que le verdict divin a été prononcé sur les pensées de l’homme — qui sont radicalement mauvaises, depuis toujours et continuellement — et sur son coeur désespérément méchant. En fait, il n’y a rien de bon en lui. Quand l’âme se reconnaît telle devant Dieu, ne s’attendant qu’à sa grâce qui, par la mort de Christ, est venu à notre rencontre dans notre état de ruine et d’incapacité, elle est délivrée de sa crainte servile et de sa culpabilité, et a les meilleures raisons d’avoir confiance et repos. Alors seulement, nous commençons à travailler pour Christ, trouvant son joug aisé et son fardeau léger (Matt. 11:30).
«J’ai pris plaisir à son ombre et je m’y suis assise». Christ est notre joie en même temps que notre repos. Par Lui, nous nous réjouissons en Dieu. Nous avons le commandement de nous réjouir toujours dans le Seigneur (Phil. 3:1 ; 4:4). L’assurance d’être héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, est pour nous une grande joie. Nous pouvons dire avec l’apôtre Pierre : «Jésus Christ, lequel, quoique nous ne l’ayons pas vu, nous aimons ; et, croyant en lui, quoique maintenant nous ne le voyions pas, nous nous réjouissons d’une joie ineffable et glorieuse» (1 Pi. 1:8). Le cantique nouveau est mis dans notre bouche. La contemplation des bénédictions éternelles que nous avons en Christ nous remplit d’une joie immense. Nous n’envions pas la gaieté de ceux du monde. Nous savons que leur joie est comme un feu de paille qui ne dure qu’un moment, puis s’éteint définitivement, tandis que notre joie en Christ est parfois si profonde, si pure, si bénie, qu’elle en est inexprimable !
Comment se fait-il que les croyants ne soient pas plus heureux ? Parce que la mort de Christ n’est pas contemplée plus simplement et plus habituellement, comme le fondement de toute joie et de toute bénédiction. On dira peut-être que Jésus n’est plus sur la croix, ni dans le tombeau, mais qu’Il est ressuscité des morts et glorifié dans le ciel, à la droite de la Majesté. Cela est parfaitement vrai, mais ne fait que magnifier la valeur de la croix. Si Jésus est entré dans le ciel en vertu de Son propre sang, et qu’Il apparaît là-haut tel «un agneau comme immolé» (Apoc. 5:6), n’est-ce pas pour nous une preuve de l’honneur que Dieu attache à la croix dans le ciel ? C’est Jésus ressuscité et glorifié qui donne à Sa mort cette valeur éternelle. Si nous voulons être heureux, si nous voulons être occupés du ciel, nous devons attacher beaucoup d’importance à la valeur de l’oeuvre glorieuse de cet «Agneau comme immolé». La contemplation du Seigneur Jésus dans la gloire et de Son oeuvre accomplie, une foi respectueuse quant au témoignage du Saint-Esprit dans la Parole au sujet de cette oeuvre, tout cela remplit l’âme de joie et de paix, car la Parole, en même temps que l’oeuvre de Christ, sont nécessaires pour produire une vraie joie spirituelle. Nous devons nous asseoir à l’ombre de la croix si nous voulons connaître un grand bonheur.
«Son fruit est doux à mon palais». Le bois planté sur le Mont Calvaire produit en abondance les fruits les plus doux pour l’âme croyante. Rien d’amer pour l’esprit, tout est amour, paix et bénédiction. Toutes les autres sources sont taries, mais ici c’est un rafraîchissement perpétuel. Il suffit à la main de la foi de cueillir et manger le fruit exquis de l’arbre de vie. En élevant les yeux vers le Seigneur dans la gloire, nous goûtons Sa bonté et nos âmes trouvent en Lui leurs délices. Toute autre chose paraît plus ou moins amère, mais là tout est douceur. Nous nous nourrissons de cette grâce qui nous parle de pardon, de paix, d’acceptation, de justice, de notre condition d’enfants de Dieu, et de communion avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ. Nous constatons ici que nous sommes bénis de toutes bénédictions spirituelles. Ici, les eaux de la vie jaillissent continuellement, et nous voyons que toutes les promesses de Dieu nous sont assurées, car elles sont toutes oui et amen en Christ, à la gloire de Dieu par nous (2 Cor. 1:20). Ici, ceux qui sont las renouvellent leurs forces, l’esprit malade trouve la guérison, celui qui mène deuil est consolé, la foi est augmentée et l’incroyance confondue. Les faibles sont fortifiés, ceux qui s’égarent sont restaurés, les pauvres en esprit sont enrichis, les affamés sont nourris, et ceux qui ont soif sont rafraîchis. Oh ! Quelle bénédiction d’être assis sous la protection des bras étendus de l’«Agneau comme immolé», et, dans un profond exercice de foi, de manger du fruit précieux de Sa souffrance et de Sa mort ! Tous nos exercices sont profitables s’ils nous mènent à Lui. Tous nos besoins sont bons, s’ils sont autant d’occasions pour nous de réaliser quelles sont nos bénédictions en Christ, et de stimuler notre appétit, afin de nous nourrir de Lui. Il n’y a aucune commune mesure entre rechercher notre propre satisfaction dans les fruits produits en nous par l’Esprit, et nous nourrir de ce que Christ est pour nous. La première démarche engendre orgueil et esclavage, la seconde bonheur et fécondité.
«Il m’a fait entrer dans la maison du vin ; et sa bannière sur moi, c’est l’amour». Nous sommes approchés de Dieu dans le Christ Jésus, par Son sang, et notre sécurité est dans l’amour éternel et immuable de Dieu. Si insondable est la grâce de Dieu, que nous ne pouvons avoir une des bénédictions découlant de la rédemption sans les avoir toutes. Si parfaite, de toute manière, est l’oeuvre de l’expiation, que nous sommes appelés à la communion du Fils de Dieu ressuscité et glorifié : «Dieu… nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus» (Éph. 2:6). C’est fait — «Il m’a fait entrer dans la maison du vin». De là, nous avons la liberté de nous approcher de Dieu, d’entrer dans le lieu très saint par le sang de Jésus (Héb. 10:19). Lorsque Christ mourut sur la croix, il est dit que «le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas» (Matt. 27:51) ce qui nous montre que tout obstacle à ce que l’homme s’approchât était ôté, et que, par le sacrifice de Christ, nous pouvons avoir accès avec hardiesse au trône de la grâce. Le fils prodigue de retour à la maison ne reçut pas seulement le baiser de la réconciliation, la plus belle robe, l’anneau, les sandales etc., mais il fut aussitôt convié à faire bonne chère à la table du père, autour du veau gras, avec tous les privilèges d’un fils : «mangeons et faisons bonne chère» (Luc 15:23). Ainsi, le chrétien n’est pas seulement réconcilié, justifié, et béni, mais il est aussitôt reçu dans le sein du Père, aimé de l’amour même dont le Père a aimé Christ ; car Jésus est mort pour nous amener à Dieu. Il a entrepris de nous ressusciter au dernier jour, de présenter son Église sans tache, ni ride, ni rien de semblable. Il est notre vie ; Il nous a vivifiés, Il nous a donné l’Esprit d’adoption, et son sang est pour nous la garantie d’avoir part à la gloire. Par Lui, nous avons ainsi accès au Père par l’Esprit. Il nous fait entrer dans «la maison du vin», et sa bannière sur nous, c’est l’amour !
Voilà le terrain de la vraie adoration. Nous ne reconnaissons plus Jérusalem, ni aucun autre lieu où les hommes seraient tenus d’adorer, car «Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité» (Jean 4:24). C’est là où se trouve Jésus, dans les lieux célestes, qu’est la salle du banquet — «la maison du pain et du vin». Le sang de Jésus en est le chemin, l’Esprit la puissance, un coeur croyant et sincère la condition nécessaire, le lieu très saint par excellence. C’est cela l’adoration.
C’est là aussi que nous apprenons ce que sont les voies et les pensées de Dieu. Par l’enseignement de son Esprit, au moyen de la Parole écrite, nos esprits sont remplis de Ses pensées à Lui, et nos coeurs de Son amour. Si bien que nous pensons comme Lui pense, nous détestons ce que Lui déteste et aimons ce que Lui aime. Dans une certaine mesure, nous marchons comme Jésus a marché, et parlons comme Lui ; telle est la communion du Saint Esprit (2 Cor. 13:13).
C’est encore là que nous voyons l’Agneau «comme immolé», nous rappelant sans cesse une rédemption déjà accomplie et notre parfaite acceptation en Lui. Aucune religion humaine, aucune obéissance, aucun service légaliste, aucune ordonnance charnelle ne sauraient nous introduire dans une telle intimité et une telle bénédiction. C’est par le sang de l’Agneau que nous sommes amenés dans «la maison du pain et du vin» où nos âmes sont comblées, où nous buvons la coupe des bénédictions (1 Cor. 1:16 ; 11:26), et où nous réalisons que sa chair est véritablement un aliment et son sang un breuvage. (Jean 6:55). C’est là que les divers attributs du Dieu d’amour et de paix brillent dans l’Agneau immolé, de tout leur éclat et leur beauté éternelle. La joie de cette «maison du vin» vient du fait que le fils qui était mort est rendu à la vie, et ce qui était perdu est retrouvé (Luc 15:24). La joie du Berger est d’avoir retrouvé la brebis perdue, et nous-mêmes nous réjouissons d’être délivrés de la fange du péché et de la misère, et d’être accueillis au festin de la joie dans la maison du Père. Quel bonheur si nous jouissions tous plus profondément des privilèges bénis auxquels Dieu, dans sa grâce, nous a donné accès !
Cher lecteur, avez-vous discerné la beauté du Seigneur Jésus ? La mort de Christ a-t-elle des droits sur votre coeur plus que tout autre chose ? Recherchez-vous les richesses, le plaisir, la science, la renommée ? Ou êtes-vous tellement convaincu du caractère décevant de toutes ces choses que vous ne recherchiez qu’en Jésus le repos et la paix, pour le temps et pour l’éternité ? Pensez-y ! Peut-être direz vous que vous recherchez bien l’argent, le plaisir, la science et la renommée, et AUSSI JÉSUS ! Alors, permettez-moi de vous dire que cela est impossible, car on ne peut servir Dieu et Mammon (Matt. 6:24). On ne peut être l’ami du monde sans être l’ennemi de Dieu (Jacq. 4:4). On ne peut aimer le péché et Christ en même temps ! On ne peut se plaire à soi-même en même temps qu’à Dieu ! On ne peut être infidèle tout en étant croyant ! Permettez-moi de vous supplier de ne plus chercher à concilier de telles oppositions, mais de contempler l’amour de Dieu si parfaitement démontré dans la mort de son Fils bien-aimé ! Regardez cette croix sur laquelle Jésus a porté nos péchés dans son propre corps ! Demeurez là, jusqu’à ce que votre coeur de pierre se fonde et que cet amour si merveilleux ait raison de votre incrédulité ! Alors vous aimerez Jésus, vous ferez vos délices de le suivre et de le servir, et de tout votre coeur vous pourrez dire : «Comme le pommier entre les arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé entre les fils ; j’ai pris plaisir à son ombre, et je m’y suis assise ; et son fruit est doux à mon palais. Il m’a fait entrer dans la maison du vin ; et sa bannière sur moi, c’est l’amour». Dieu veuille, dans Sa grâce, et par Son Esprit, faire triompher Sa vérité, pour l’amour de Jésus. Amen.
Je désire m’adresser tout spécialement à ceux qui ne sont pas sauvés. Beaucoup d’inconvertis liront ces pages. Certains savent qu’ils ne sont pas sauvés, comme leurs objectifs de chaque jour : ils sont conscients de n’avoir pas encore goûté les joies de l’amour rédempteur. D’autres méprisent ce sujet et s’en désintéressent totalement. Il fut un temps où tous les chrétiens du monde étaient inconvertis, car «nous étions par nature des enfants de colère, comme aussi les autres» (Éph. 2:3)
Quelle terrible condition que celle de n’être pas sauvé ! Et pourtant, combien ne s’en soucient même pas ! Le geôlier (= gardien de prison) de Philippes n’était pas sauvé, mais lorsqu’il prit conscience de son véritable état, il implora le salut avec de grands cris, et il le trouva pour la plus grande joie de son coeur. Une chose est certaine, c’est que tous ceux qui veulent jouir des bénédictions du salut doivent avoir la vie éternelle, car Jésus a dit : «Il vous faut être nés de nouveau» (Jean 3:7). Cela est simple et indiscutable.
Beaucoup de personnes ignorent vraiment le terrible danger qui les guette. Elles ne voient pas le précipice au bord duquel elles se trouvent, et ne réalisent pas la fragilité du fil qui les retient encore d’y tomber. Elles ne savent pas qu’elles sont au seuil même de l’éternité, pas plus qu’elles ne réalisent leur éloignement de Dieu, leur révolte contre Lui et leur culpabilité à Son égard. C’est pourquoi elles ne se soucient pas de la question du salut. Peut-être respectent-elles, devant les hommes, certaines convenances extérieures, des rites religieux, des ordonnances et autres choses semblables, mais elles ne se soucient pas de se mettre à l’abri de la colère à venir. La Bible, pourtant, nous parle de salut. La grâce de Dieu apporte le salut. L’évangile est un message de Dieu aux hommes concernant le salut. Jésus Lui-même a prêché le salut. Ne dit-Il pas à une femme en pleurs à Ses pieds : «Ta foi t’a sauvée» (Luc 7:50) et à un publicain repentant : «Le salut est venu à cette maison» (Luc 19:9) ? Et Paul exultant, ne s’est-il pas écrié : «Je n’ai pas honte de l’évangile, car il est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit» (Rom. 1:16) ? Ceux qui recevaient l’évangile aux temps apostoliques, sentaient qu’ils étaient sauvés, réalisant qu’ils l’étaient présentement. Ils se considéraient eux-mêmes, ainsi que leurs frères dans la foi, comme sauvés. C’est pourquoi nous lisons que «Le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés» (Actes 2:47) — qui l’étaient en fait. Paul, s’adressant aux Corinthiens, disait : «mais vous avez été lavés, mais avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés» (1 Cor. 6:11), ajoutant que la prédication de la croix est la puissance de Dieu à nous qui obtenons le salut (1 Cor. 1:18). Écrivant à Timothée, il parle de «la puissance de Dieu, qui nous a sauvés» (2 Tim. 1:9). L’Ancien Testament enseignait, lui aussi, la même chose. C’est ainsi qu’en Égypte, l’Israélite dont le linteau et les poteaux de la porte étaient aspergés du sang de l’agneau était en sécurité. Au milieu des jugements de la colère de Dieu, il était en parfaite sécurité à cause de ce sang. Il pouvait se réjouir en mangeant l’agneau rôti au feu, parce qu’il était à l’abri du sang. L’homicide qui s’enfuyait (Deut. 19) était sauvé dès l’instant où il entrait dans la ville de refuge. Le vengeur du sang avait beau chercher à l’effrayer, il était à l’abri parce qu’à l’intérieur de la ville. Noé fut à l’abri dès qu’il fut entré dans l’arche, car «l’Éternel ferma l’arche sur lui» (Gen. 7:16) (bien que plus tard, il fut en plein milieu de la vengeance destructrice). Rahab, la prostituée, dont la maison était sur le rempart de la ville qui s’écroula, fut sauvée à cause du cordon d’écarlate qui était à sa fenêtre (Jos. 2:21). Toutes ces personnes, dis-je, furent sauvées ; leur sécurité ne se remettait pas en cause. Quels que fussent les jugements tombant sur les autres, elles étaient assurées d’une parfaite sécurité. Elles l’avaient compris, et le résultat ne faisait que le confirmer. Il en est ainsi maintenant : Dieu fait si grand cas de la mort de l’Agneau sans défaut — l’unique et parfait sacrifice de Son Fils bien-aimé — qu’Il accorde à tout pécheur qui croit un salut total et gratuit pour le temps et pour l’éternité, une parfaite sécurité quoi qu’il arrive, parce qu’il est racheté par le sang du Christ Jésus : «Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus» (Rom. 8:1).
Dans ces versets nous considérerons ces trois points : 1°) le réveil du geôlier, 2°) l’évangile qui lui est annoncé, 3°) les effets de cet évangile
Du passé de ce geôlier de Philippes, nous ne savons pas grand chose. Des quelques détails que nous avons, nous pouvons déduire qu’il faisait consciencieusement son devoir et qu’il ne s’intéressait pas plus aux apôtres du Seigneur Jésus qu’aux adorateurs de la grande déesse Diane. Il est fort probable qu’il avait entendu quelque peu parler de ce que Paul avait fait, peut-être même de la conversion et du baptême de Lydie et d’autres personnes. Il savait aussi pourquoi Paul et Silas étaient en prison, et semble non seulement avoir approuvé que de tels hommes fussent punis et réprimés, mais aussi empêchés autant que possible de recommencer à prêcher. Ils furent conduits à la prison, où le geôlier reçut l’ordre «de les garder sûrement». Et afin que nous sachions qu’ils ne jouissaient d’aucune faveur de la part du geôlier, il nous est dit que celui-ci «les jeta dans la prison intérieure et fixa sûrement leurs pieds dans le bois» (Act. 16:24) ce qui suffit à nous montrer l’état de son coeur. Il n’avait aucune notion ni aucun sentiment de l’amour de Dieu. C’est pourquoi son coeur était dénué de cet amour pour les frères qui caractérise toujours ceux qui sont nés de Dieu. Sans doute avait-il entendu Paul et Silas prier et chanter les louanges de Dieu à minuit car il nous est dit que les prisonniers les entendirent. Mais rien de tout cela ne semble avoir touché le geôlier. Comme un parfait homme du monde, il semble être allé se coucher ce soir-là aussi insouciant qu’en toute autre circonstance. Tout ce qu’il entendit et vit de ces serviteurs du Seigneur Jésus s’avéra insuffisant pour réveiller son esprit plongé dans les ténèbres, et pour toucher sa conscience. Mais Dieu se proposait de le bénir, et Son regard était sur lui en bien. Son bon plaisir était de glorifier Son propre nom, en faisant que la colère de l’homme fût tournée à louange, et que celui-ci ne pût s’enorgueillir. Le saint et pieux témoignage de ces serviteurs fidèles n’avait pas touché son coeur ; d’autres moyens devaient donc être employés pour alerter cette âme plongée dans les ténèbres. Ce geôlier, qui les avait si cruellement jetés dans la prison intérieure et qui avait fixé leurs pieds dans le bois, avait encore à se jeter à leurs pieds et à les reconnaître comme les serviteurs du Très-Haut. De leur côté, Paul et Silas, qui apparemment avaient été interrompus dans l’exercice fidèle de leur ministère d’évangélistes, devaient encore prouver que, comme pour leur Maître, chaque acte de cruauté et d’oppression à leur égard tournait finalement à l’avantage des desseins de grâce de Dieu, et les menait eux-mêmes plus avant sur le chemin d’un service véritable, au lieu de les en détourner. Leurs prières et leurs chants de louanges, sur le minuit, semblent aussi indiquer qu’ils étaient dans une attitude de foi vivante et s’attendaient entièrement à la bénédiction du Seigneur.
Mais il y a quelque chose de très solennel dans cette période de l’histoire du geôlier. En effet, tout semble indiquer que si les hommes rejettent le saint et paisible témoignage des serviteurs de Christ, Dieu a d’autres moyens de briser leur orgueil. La puissance de Dieu est sans limites, en grâce tout autant qu’en jugement. Dans le cas présent, c’est en grâce qu’elle devait se révéler. Celui qui avait frappé Saul de cécité et qui l’avait amené aux pieds de son Sauveur, pouvait aussi y amener le geôlier. Ce bras tout-puissant aurait pu en toute justice brandir l’arme de la vengeance, et, transperçant le coeur de cet homme qui avait osé enchaîner les pieds de Ses chers serviteurs, il aurait pu le précipiter sur le champ dans l’abîme de la destruction éternelle. Mais la grâce l’emporta sur le jugement. Dans les ténèbres et le calme de la nuit, sans aucun signe précurseur, une secousse épouvantable menaça de raser tout l’édifice et d’ensevelir tous les détenus sous les décombres, car «tout d’un coup il se fit un grand tremblement de terre, de sorte que les fondements de la prison furent ébranlés… et les liens de tous furent détachés» (Act. 16:26). Telle est la manière dont Dieu prouva qu’Il est plus grand que l’homme, dont la grâce apporta le salut à cette maison, et dont elle honora ces fidèles serviteurs du Seigneur dans leur souffrance. C’était exactement ce qu’il fallait pour réveiller l’âme de ce geôlier sans coeur et indifférent. Il fut tiré de son sommeil ; il reconnut dans sa conscience qu’il s’agissait d’une intervention de Dieu. Sa première réaction fut un sentiment de désespoir, et l’envie de se supprimer. Lorsqu’il vit s’ouvrir les portes de la prison, supposant que les prisonniers s’étaient tous enfuis, il tira son épée et eut envie de se tuer. Le coeur lui manqua, un sentiment de terreur s’empara de lui, il imagina le pire, et l’ultime effort de Satan fut de lui donner le conseil infâme de se tuer. Cependant, un cri le fit soudain changer d’avis et revenir instantanément sur sa décision. Tous les prisonniers ne s’étaient-ils pas évadés ? Non. «Paul cria à haute voix, disant : Ne te fais point de mal, car nous sommes tous ici» (Act. 16:28). Telle fut la manière délicate, céleste, dont Paul s’y pris avec son geôlier. C’était rendre le bien pour le mal, agir avec bonté à l’égard de quelqu’un qui l’avait traité si cruellement. Bien plus, la conscience du geôlier est maintenant réveillée, et une foule de pensées solennelles assaillent son esprit ! Un tremblement de terre aurait pu le condamner sur-le-champ aux ténèbres éternelles ; une secousse de plus, et il aurait pu être amené à rendre compte de lui-même à Dieu. Mais il a l’assurance que Paul et Silas possèdent cette paix et cette joie auxquelles lui-même est étranger, et qu’ils sont les serviteurs de Dieu. Il sent maintenant qu’il n’est pas sauvé, que s’il meurt, il doit aller là où l’espérance et la grâce n’auront jamais accès. Son cas est urgent, le danger imminent, sa situation extrêmement périlleuse, car il sait maintenant qu’il avait dormi au bord d’un précipice effrayant. Il n’y a pas un moment à perdre ! «De la lumière ! De la lumière !» s’écrie-t-il. Ses jambes ne le portent plus, il tremble de tous ses membres. Le salut, son âme n’aspire plus qu’au salut. Il se précipite aussitôt dans la prison intérieure, et, tombant aux pieds de ces serviteurs du Seigneur Jésus, il s’écrie : «Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauve» ? (Act. 16:30).
Je voudrais m’arrêter ici un moment, pour demander en toute affection à mon lecteur de quel profit le doux message de l’amour rédempteur de Dieu a été pour lui. Vous avez lu l’histoire de Jésus dans ce Livre, vous avez souvent rencontré de Ses serviteurs, et vous les avez entendus témoigner du pardon des péchés par Son sang. Mais cela a-t-il retenu votre attention, ou bien par votre indifférence, allez-vous obliger Dieu à vous visiter en affliction, à vous envoyer quelque épreuve douloureuse avant que vous considériez votre état devant Lui ? Faudra-t-il qu’Il vous arrache ce que vous avez de plus cher dans votre vie ? Ou qu’Il vous réduise à être couché sur un lit de langueur ? Ou qu’Il envoie un tremblement de terre, avant que vous vous tourniez vers Lui pour être sauvé ?
Il me semble que ces moyens douloureux sont parfois nécessaires pour alarmer les coeurs des hommes et les incliner à venir à Jésus. Cher lecteur ! Considérez bien où en sont les choses entre vous et Dieu, et tournez-vous immédiatement vers Lui pour le salut de votre âme, de peur que, au lieu d’un tremblement de terre destiné à alerter votre conscience, un messager ne soit envoyé en jugement pour vous précipiter dans une éternité de ténèbres et de désespoir !
C’était la question du salut — rien moins que du salut, non pas de rites religieux — qui préoccupait l’âme tout entière du geôlier. «Que faut-il que je fasse pour être sauvé» ? Telle est aussi la question que se pose avec angoisse toute âme véritablement éclairée. Inutile de nous adresser à des exégètes ou de savants théologiens pour obtenir la bonne réponse à cette question car l’Écriture nous la donne tout simplement. La réponse de l’apôtre fut : «Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé». Tel était l’évangile prêché par Paul et Silas, comme un écho de la voix de leur Maître, car lorsque cette question lui fut posée : «Que ferons-nous pour faire les oeuvres de Dieu ? Jésus répondit et leur dit : C’est ici l’oeuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu’il a envoyé» (Jean 6:29).
L’évangile prêché à ce pécheur des Gentils arraché à son indifférence était donc celui du salut par la foi. Ce geôlier pensait, comme beaucoup d’autres, que le salut s’obtenait par les oeuvres : «Que faut-il que je fasse» ? Mais Paul et Silas lui affirmaient qu’il ne pouvait être sauvé que par la foi ! Ils lui présentaient le Seigneur Jésus Christ comme l’objet de cette foi, et Son oeuvre accomplie, agréée par Dieu Lui-même, comme le fondement du salut et la garantie d’une paix parfaite : «tu seras sauvé». Cela est très simple et inspire parfaitement confiance à celui qui cherche avec angoisse. L’évangile exclut tout à fait l’idée que la créature ait quelque chose à faire pour être sauvée, puisqu’il atteste que Jésus, le Fils de Dieu, a si parfaitement accompli l’oeuvre de rédemption, si complètement expié nos péchés, qu’Il s’est assis à la droite de la Majesté dans les lieux célestes, Seigneur incontesté des cieux et de la terre, et que tous ceux qui croient en Lui bénéficient immédiatement, et pour l’éternité, de cette oeuvre bénie. Le Seigneur Jésus, ayant magnifié la loi en portant sa malédiction, a ôté le péché, aboli la mort, triomphé du tombeau, de Satan et de l’enfer, et est entré dans le ciel même en vertu de Son propre sang, ayant obtenu pour nous la rédemption éternelle (Héb. 9:12). La résurrection et la glorification de Christ sont le témoignage public du fait que Dieu a accepté l’oeuvre parfaite du Sauveur. Que faut-il donc faire pour être sauvé ? Rien. Tout est déjà fait, et la Parole de Dieu nous donne l’assurance de recevoir le salut, et d’en jouir par la foi : «Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé». La foi discerne les leçons de l’amour rédempteur dans la mort du Fils de Dieu sur la croix, et ceux qui peuvent dire : «Nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous» (1 Jean 4:16) ont la paix. Ils voient que l’amour de Dieu leur a apporté le salut alors qu’ils étaient encore pécheurs, par la croix de Son Fils, et, sachant qu’Il est maintenant ressuscité des morts, ils s’approchent de Dieu avec confiance. Ils savent qu’Il les déclare sauvés par grâce, par la foi.
Dîtes-moi s’il y a quelque chose de plus grand que cet amour infini, quelque chose qui aurait pu descendre jusqu’à nous dans notre bas état tout en étant pareillement à la gloire de Dieu ! Qui donc rejette plus complètement l’évangile, fait preuve d’une plus grande ignorance de soi, et méprise plus totalement les insondables richesses de l’amour divin, que ceux qui prétendent FAIRE quelque chose pour être sauvés ? «Où donc est la vanterie ? — Elle a été exclue. — Par quelle loi ? — celle des oeuvres ? Non, mais par la loi de la foi ; car nous concluons que l’homme est justifié par la foi, sans oeuvres de loi» (Rom. 3:27-28). Quel évangile béni pour un homme accablé, convaincu de son péché !
L’évangile est la puissance de Dieu en salut, et lorsqu’il est reçu dans le coeur, il porte du fruit. C’est le moyen de Dieu pour engendrer de nouvelles créatures. «De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité» (Jacques 1:18). Il donne aussi la liberté et la paix : «la vérité vous affranchira» (Jean 8:32). Telle devrait être notre attente lorsqu’un pécheur est amené à savoir qu’il est sauvé. Qui est plus reconnaissant, plus dévoué, plus heureux plus libre qu’un tel homme ? Il y en a qui entendent la vérité de l’Évangile dont, apparemment, le seul effet est de les endurcir. Tel ne fut pas le cas pour Lydie dont le coeur fut ouvert «pour qu’elle fût attentive aux choses que Paul disait» (Act. 16:14). Il en fut de même pour le geôlier dont l’âme était remplie d’angoisse. Il reçut donc aussitôt, de tout son coeur, la vérité — et l’amour de la vérité — dont les effets furent des plus évidents. Que pouvait-il y avoir de plus touchant pour un tel homme que l’histoire de l’amour du Sauveur ? Avec quel profond intérêt ce geôlier, tout tremblant, a du écouter ces serviteurs du Seigneur lui déclarer le chemin du salut ! Quel étonnement et quelle reconnaissance durent remplir son coeur en apprenant que ce chemin était si simple, si gratuit, si béni, et qu’il convenait si bien à un pauvre pécheur perdu et impuissant ! Cela retint immédiatement son attention et le remplit du désir d’en savoir davantage sur des choses aussi merveilleuses. Toute sa maisonnée ne tarda pas à se rassembler, bien qu’il fût minuit, et à écouter attentivement Paul et Silas qui leur exposaient plus amplement les richesses de la grâce divine. Ce geôlier, ferme et décidé, qui quelques heures seulement auparavant les avait si rudement jetés dans la prison intérieure, sans pitié pour leurs dos lacérés par le fouet, était assis maintenant à leurs pieds, tel un petit enfant avide de s’instruire, et en rassemblait d’autres pour partager avec lui les bénédictions de l’Évangile : «Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison» (Act. 16:32)
Parmi les premiers effets de cette acceptation de l’évangile de Christ par le geôlier, remarquons 1) son amour de la vérité, 2) une avidité de s’instruire semblable à celle d’un enfant, et 3) un souci du bien-être spirituel des autres. La bonne nouvelle du salut avait été si bien appliquée à sa conscience par le Saint Esprit qu’elle lui fut comme de l’eau fraîche à une âme altérée (Prov. 25:25), et lui-même fut immédiatement comme un homme mort ramené à la vie. Il était né de nouveau de la semence incorruptible de la Parole (1 Pier. 1:23), il était «une nouvelle création», les choses vieilles étant passées et toutes choses étant faites nouvelles (2 Cor. 5:17). Il avait donc des oreilles pour entendre, un esprit pour comprendre, un coeur pour recevoir, aimer, et désirer toujours plus «le pur lait intellectuel» de la Parole (1 Pier. 2:2), et un tel sentiment de la valeur de celle-ci qu’il voulait que ce même évangile béni fût reçu par d’autres (1 Pier. 2:9).
D’entre les fruits de la foi, celui que nous remarquons ensuite, c’est son amour des serviteurs du Seigneur. Il a été engendré et profondément transformé par la parole de vérité. Il est passé de la mort à la vie, c’est pourquoi il aime les frères. Quelques heures auparavant, il ne voyait rien de plus en Paul et en Silas, pour éveiller son affection et sa sympathie, que dans les autres prisonniers ; mais maintenant il voit toutes choses d’un oeil neuf. Ayant reçu la parole de vérité, l’évangile de la grâce de Dieu, il ne se contente pas d’aimer Celui qui a engendré, mais aussi ceux qui sont engendrés de Lui (1 Jean 5:1). C’est pourquoi nous lisons qu’«il les prit en cette même heure de la nuit, et lava leurs plaies… et il les fit monter dans sa maison, et fit dresser une table» (Act. 16:33-34). Que cela est beau ! Quel bel exemple du fruit de l’Esprit, et cela prouve la sincérité de sa profession de foi, car son amour ne s’exprime pas qu’en paroles, mais aussi en action et en vérité (1 Jean 3:18). L’amour est vital. Une simple profession religieuse, sans un coeur aimant pour Christ et pour les Siens, est «comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante» (1 Cor. 13:1). L’apôtre Jean déclare que, quelle que soit la profession d’un homme, «celui qui n’aime pas son frère demeure dans la mort» (1 Jean 3:14). Mais dans le cas du geôlier, l’entrée de la parole de Dieu avait produit la lumière ; elle avait donné de l’intelligence à cet homme simple (Ps. 119:130), qu’elle avait vivifié par l’Esprit alors qu’il était mort dans ses péchés (Éph. 2:5). Il avait ainsi acquis la vie divine, et donc l’amour divin qui produit du fruit en sa saison (Matt. 21:41), comme l’oubli de soi en faveur des serviteurs de Christ.
Mais bien plus, il accomplit le désir du Seigneur, car «sur le champ, il fut baptisé». Sans doute Paul et Silas lui avaient-ils parlé de ce désir du Seigneur qui s’imposa à sa conscience, parce que l’amour de Christ l’étreignait. Son coeur débordait. Toute son âme était sous l’influence de la mort expiatoire de Christ et de la puissance de sa résurrection. Il savait qu’il était sauvé par le Seigneur Jésus Christ, qu’il avait la rédemption en Christ par Son sang, le pardon des péchés selon les richesses de Sa grâce. Il ne lui était donc pas difficile, mais plutôt comme un doux privilège d’accomplir un acte par lequel il réaliserait d’une manière si personnelle ce que c’est que d’être «enseveli avec Lui par le baptême» (Rom. 6:4). La foi ne discute pas. Elle croit simplement et obéit à la parole de Dieu. Et le geôlier n’était pas seul en cela : toute la congrégation, et même toute sa maisonnée, qui avaient entendu la prédication, avaient sans aucun doute reçu l’évangile également, car ils se réjouirent dans l’amour du Sauveur et furent baptisés (v. 33-34) Nous voyons donc qu’il ne s’agissait pas d’une simple confession de foi, mais de l’obéissance de la foi ; non seulement d’une écoute attentive de la parole du Seigneur, mais d’une réponse reconnaissante, en agissant selon la volonté du Seigneur.
Mais continuons. L’amour et la paix n’étaient pas seuls à remplir l’âme du geôlier ; il y avait aussi la joie : «et croyant Dieu, il se réjouit avec toute sa maison» (Act. 16:34). Cela semble compléter le tableau. Plus rien ne manquait désormais pour bien montrer le véritable travail de l’Esprit dans cette âme née de nouveau, travail qui portait incontestablement de bons fruits. Le geôlier voyait clairement qu’un temps très court le séparait d’une éternité bienheureuse, aussi pouvait-il se réjouir dans l’espérance de la gloire de Dieu (Rom. 5:2). Il pouvait attendre la venue du Seigneur avec une parfaite confiance, parce qu’il croyait que tous ses péchés avaient été expiés, et que toute sa dette lui avait été remise. Et maintenant, uni par le Saint Esprit à Celui qui est Seigneur du Ciel et de la terre, et assis en Lui dans les lieux célestes, il pouvait contempler l’avenir avec confiance et dans l’espérance de la gloire éternelle. Il croyait Dieu, nous est-il dit au verset 34 : comment aurait-il pu ne pas se réjouir ?
Dans cette histoire du geôlier de Philippes, nous avons donc vu par quels moyens divers le Saint Esprit réveille une âme morte dans ses fautes et ses péchés, puis lui procure la paix par l’évangile de Christ. Nous avons vu aussi sa puissance bénie pour lui donner la vie et le salut et lui faire porter du fruit pour Dieu.
Mais il me vient à l’esprit que mon lecteur n’est peut-être pas converti, qu’il est toujours mort dans ses péchés, cherchant encore ses aises et sa satisfaction en dehors de Dieu et de Christ ! Est-ce vrai ? Est-il possible que vous marchiez vers une ruine éternelle sans désirer le salut, sans vous être écrié une seule fois : «Que faut-il que je fasse pour être sauvé» ? Est-il vrai que vous entendiez parler du salut par Christ sans y prêter attention ? Que vous sachiez que le sang de Christ est une source qui purifie de tout péché et de toute impureté, sans que vous vous y laviez ? Se peut-il que cette glorieuse nouvelle, «Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé» — retentisse à vos oreilles et que vous la refusiez ? Oh ! Cher ami ! Prenez garde, de peur que le Sauveur n’ait à vous dire, comme à d’autres jadis, «vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie» (Jean 5:40), et «Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu» ! (Matt. 23:37).
CHER LECTEUR, pesez bien ces paroles solennelles : «VOUS NE L’AVEZ PAS VOULU» !…
Pécheurs perdus qui, dans votre misère,
Vers un Dieu saint n’osez lever les yeux,
Venez à Christ : il révèle le Père,
Le Dieu d’amour qui l’envoya des cieux.
Ce court récit rapporte les manières d’agir du Seigneur Jésus alors qu’Il se trouvait assis à table avec un homme religieux (Simon le Pharisien), et d’autres personnes, et en compagnie d’une femme pécheresse.
Les circonstances sont très simples. Le Pharisien, comme beaucoup d’hommes religieux d’aujourd’hui, éprouvait un certain respect pour quelqu’un réputé être un prophète ou un docteur envoyé de Dieu. Jésus était donc un objet d’intérêt pour lui, bien qu’il ne Le connût pas comme Fils de Dieu, Sauveur des pécheurs. Il est consternant de voir combien de personnes aujourd’hui semblent considérer le Seigneur comme un objet d’intérêt, et non de salut, et ils font de même avec la Bible. Le Pharisien avait invité le Seigneur à sa table, et Celui-ci avait accepté, car Il n’était pas venu pour juger le monde mais pour le sauver (Jean 3:17). Tandis qu’Il était là, une femme notoirement mauvaise y entre également, et parmi tous les invités, la voilà qui discerne par le coeur que le Seigneur est le seul qui puisse répondre à ses besoins. Elle se jette à Ses pieds, derrière Lui, avec tous les signes d’une très grande détresse d’âme. Cela suffit à parler fortement à la conscience de cet homme religieux. Il était surpris que son invité permette à une femme d’une pareille réputation de Le toucher, si bien qu’il commençait à se demander s’il ne l’avait pas surestimé en le prenant pour un prophète. Cela fut l’occasion, pour notre Seigneur de gloire, de proclamer, en présence de tous, la grâce divine — cette grâce de Dieu qui apporte le salut (Tite 2:11) — et de manifester qu’Il était venu appeler à la repentance, non pas des justes, mais des pécheurs (Marc 2:17).
Simon était loin de penser que son invité était le Fils de Dieu. Il ne se doutait pas non plus que son propre coeur et sa conscience étaient mis à nu devant Celui qu’il avait invité à sa table. Le Pharisien craignait d’exprimer ses pensées, mais il «dit en lui-même : Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme qui le touche, car c’est une pécheresse» (Luc 7:39). Oui, «il se dit en lui-même» ; mais le Seigneur sonde le cœur. Il connaît les pensées les plus secrètes. Tout est découvert à Ses yeux, et Il déclare que toute l’imagination du coeur de l’homme n’est que méchanceté en tout temps (Gen. 6:5). Tel est l’homme aux yeux de Dieu : rien que méchanceté, en tout temps. Mais, Simon comme tant d’autres, se croyant juste, méprisait cette femme de mauvaise vie. Il était visiblement dérangé de la voir chez lui, et fort surpris que son invité permette qu’une telle personne le touche. Il s’étonnait de ce que Jésus pût accueillir favorablement une telle pécheresse ; et c’est encore aujourd’hui un sujet d’étonnement pour les coeurs incrédules, parce qu’ils croient que ceux que Christ adopte, sont ceux qui pratiquent la religion, ou les gens bons. Ils ne croient pas cette chose admirable, que Christ est mort pour les impies (Rom. 5:6) et qu’Il sauve les pécheurs — les pécheurs coupables qui méritent l’enfer.
Comment le Seigneur répond-Il à ces pensées d’incrédulité et de propre justice chez ce Pharisien aveugle ? Dans Sa parfaite sagesse, avec douceur et bonté, Il dit : «Simon, j’ai quelque chose à te dire. Et il dit : Maître, dis-le». Puis, si je ne me trompe, Il fait le portrait de la femme pécheresse ainsi que du Pharisien, comme pour toucher la conscience de ce propre juste : «Un créancier avait deux débiteurs : l’un lui devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante ; et comme ils n’avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l’un et à l’autre». Comme pour lui dire : supposons donc que cette femme ait ouvertement transgressé les commandements de Dieu, et que ses péchés soient flagrants, si bien qu’on peut la considérer comme moralement dix fois plus coupable que d’autres. Disons qu’elle est comme quelqu’un ayant une dette de cinq cents deniers. Supposons, d’autre part, qu’on ne puisse rien reprocher de grave à Simon dans sa conduite extérieure, qu’il lui arrive rarement de violer les règles extérieures de la morale, si bien qu’on peut le comparer à celui dont la dette n’est que de cinquante deniers. Mais peu importe le montant de la dette ; ce qui compte, c’est que tous les deux sont ruinés au point de ne pouvoir absolument rien rembourser à leur créancier. Voilà l’important, car aujourd’hui la question n’est pas de savoir si vous êtes un grand pécheur ou un petit pécheur, mais si vos péchés sont pardonnés. Comment pouvez-vous répondre de vos péchés devant Dieu ? Vous avez une dette, et vous êtes incapable de la payer. La réponse, c’est que Dieu est le Dieu de toute grâce, et qu’Il proclame simplement, sans qu’on le Lui demande, le pardon en grâce et en miséricorde, parce que vous êtes totalement insolvable ! Voilà la grâce : Dieu pardonnant les péchés dans sa grande miséricorde, mais aussi en toute justice, à cause de la mort expiatoire de Son Fils bien-aimé. «Christ est mort pour des impies» (Rom. 5:6). «Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu» (1 Pi. 3:18).
Puis le Seigneur en appelle à Simon, lui demandant lequel de ces deux homme aimerait le plus ce généreux créancier, car la femme prostrée devant Lui déversait son coeur débordant de reconnaissance sur les pieds saints de ce Sauveur qu’elle venait de trouver. À cette question, Simon répondit : «J’estime que c’est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit : Tu as jugé justement» (Luc 7:43).
Les principes de la grâce et de la vérité divines étant ainsi exposés ; voici maintenant leur application. Le Seigneur, après avoir fait le portrait de ces deux personnes également coupables, sans ressources, dans le même dénuement devant Dieu, dépendant l’une et l’autre de la miséricorde gratuite de Dieu, expose maintenant la différence entre une âme qui discerne en Lui le Sauveur des pécheurs, et une autre qui ne Le connaît pas, alors qu’elle est pourtant versée dans la religion. Avec quelle merveilleuse habileté ce divin Prédicateur fait usage de la vérité ! Simon avait besoin de prendre conscience de sa culpabilité, et de l’inanité de ses prétentions religieuses. La femme, elle, avait besoin d’être consolée, et d’être remplie de cette joie et de cette paix que le Sauveur a apportées à ceux qui ont le coeur brisé et qui sont convaincus de leur péché.
Le Seigneur se tourne alors vers la femme, tout en s’adressant encore au Pharisien. Il attire l’attention de Simon sur cette femme, disant : «Je suis entré dans ta maison ; tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds»… (autrement dit, tu ne m’as même pas accordé la moindre marque de respect et d’attention), «mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser» (c’est-à-dire tu ne m’as pas salué avec les marques ordinaires d’affection), «mais elle, depuis que je suis entré, n’a pas cessé de couvrir mes pieds de baisers. Tu n’as pas oint ma tête d’huile, mais elle a oint mes pieds avec un parfum» (Luc 7:44-46). C’est ainsi que notre précieux Seigneur montre à Simon la supériorité du comportement de cette pécheresse méprisée par rapport au sien, et, comme Il le dira plus loin, que tout découle de l’amour produit dans son coeur rempli de reconnaissance envers le Seigneur. À cause du profond besoin de son coeur, elle s’attachait à Lui comme à son seul Sauveur, sachant que Lui seul pouvait rendre ses péchés «blancs comme la neige» (És. 1:18). Elle l’avait trouvé ! Elle avait langui dans son âme de rencontrer personnellement cet Ami des pécheurs, et maintenant qu’elle l’avait trouvé, elle le considérait comme digne de ce qu’elle avait de plus précieux. Le vase d’albâtre fut brisé, et elle oignit les pieds du Seigneur, après les avoir arrosés de ses larmes d’amour et de reconnaissance, et les avoir essuyés avec ses cheveux. Son amour était le fruit du pardon de ses nombreux péchés. C’est à cause de cela qu’elle avait beaucoup aimé, d’où cette déclaration du Seigneur : «C’est pourquoi je te dis : Ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui il est peu pardonné, aime peu» (Luc 7:47).
Mais continuons. Jusqu’ici, le Seigneur s’est adressé à Simon seul. La femme semble être restée tout ce temps prostrée à Ses pieds. Il faut qu’elle soit consolée, et qu’elle apprenne du Seigneur Lui-même que sa souillure a été lavée et son iniquité pardonnée. C’est pourquoi Jésus lui dit : «Tes péchés sont pardonnés»(Luc 7:48). Et ce n’est pas tout, car Il ajoute : «Ta foi t’a sauvée, va-t-en en paix» (Luc 7:50).
Nous avons ici trois bénédictions présentes d’une importance éternelle : le pardon actuel des péchés, un salut actuel, et une paix actuelle. Si nous avions rencontré cette femme le lendemain, lui demandant si ses péchés étaient pardonnés et si elle était sauvée, qu’aurait-elle répondu ? «Oui, je suis pardonnée, je suis sauvée». Et si nous avions ajouté : «En êtes-vous vraiment sûre » ? n’aurait-elle pas dit : «Oui, tout à fait, parce que c’est le Sauveur qui me l’a dit, et Sa parole est infaillible».
C’est la paix présente, le pardon et le salut actuels et présents, que tant de personnes nient aujourd’hui, sous prétexte que nous n’en pouvons rien savoir avant de mourir. Mais nous avons vu ce que le Seigneur enseignait, et il y a bien d’autres témoignages semblables dans l’Écriture. Or l’Écriture ne saurait être anéantie (Jean 10:35). Le Seigneur a donné avec certitude à cette femme la garantie absolue lui permettant d’affirmer qu’elle était sauvée, et qu’elle l’était par la foi. «Ta foi t’a sauvée». Ce n’étaient ni ses larmes, ni son parfum répandu, ni quoi que ce soit d’autre, qui l’avaient sauvée — bien que toutes ces choses fussent des fruits bénis de sa foi. C’est Jésus seul qui est le Sauveur, et ceux qui l’acceptent sont en parfaite sécurité. Ce n’était ni à des doctrines sur Christ, ni à des rites religieux, ni à des prières ou autres choses semblables, mais à Christ Lui-même qu’elle s’était attachée, reconnaissant en Lui son Sauveur personnel. C’était de Lui-même, du Fils qui venait du Père, qu’elle avait fait son refuge. En Lui seul, elle avait mis sa confiance. Quel exemple merveilleux de la simplicité de la foi ! Quel témoignage non moins merveilleux de la réalité du pardon présent des péchés, du salut actuel, et de la paix actuelle, dès ici-bas, ce qui exclut la crainte et le doute — même fugitifs — quant à la sécurité de l’âme dont la confiance est mise simplement dans le Seigneur Jésus, le Sauveur des pécheurs perdus et coupables.
Ceux qui étaient à table avec Lui ne pouvaient pas se contenir plus longtemps. L’homme déteste la grâce. Il ne peut supporter l’amour gratuit de Dieu, qui n’est pas mérité. «Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés» ? (Luc 7:49). Oui, qui est Celui-ci ? C’est bien l’éternelle question que se posent les hommes encore aujourd’hui. «Qui est Celui-ci» ? «Il était dans le monde, et le monde fut fait par lui ; et le monde ne l’a pas connu» (Jean 1:10). «Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité» (Jean 1:14). Lui-même a dit : «Je suis sorti d’auprès du Père, et je suis venu dans le monde ; et de nouveau je laisse le monde et je m’en vais au Père» (Jean 16:28). Il est mort sur la croix pour sauver des pécheurs et, l’oeuvre achevée, Dieu l’a ressuscité des morts et l’a exalté à Sa droite dans le ciel. «Celui-ci, ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu, attendant désormais jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds» (Héb. 10:12-13, Ps. 110:1).
«Et lorsque je le vis, je tombai à ses pieds comme mort ; et il mit sa droit sur moi, disant : Ne crains point ; moi, je suis le premier et le dernier, et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles; et je tiens les clefs de la mort et du hadès» (Apoc. 1:17, 18).
Chacun d’entre nous doit avoir affaire avec le Seigneur Jésus. Chacun paraîtra un jour devant Lui, c’est inévitable. La bienheureuse espérance du chrétien est de voir son Sauveur face à face, et de Lui être rendu semblable (Apoc. 22:4 ; 1 Jean 3:2). Ceux qui ne sont pas nés de nouveau — les incrédules — verront aussi Jésus, assurément, mais non pas avec joie. Comme le disait un jour un homme mauvais : «Je le verrai, mais plus tard ; je le regarderai, mais pas de près» ! (Nomb. 24:17). Beaucoup de personnes aujourd’hui évitent de prononcer le nom du Sauveur, et bannissent volontairement de leurs pensées Son évangile béni. Mais un jour, au nom de Jésus se ploiera «tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2:10-11). Tel est le décret de Dieu, qui doit nécessairement s’accomplir. «Le conseil de l’Éternel subsiste à toujours, les desseins de son coeur, de génération en génération» (Ps. 33:11). Il n’y a donc aucune échappatoire possible. Chacun doit avoir affaire avec le Seigneur Jésus, et je suis persuadé que ceux qui s’en iront dans les peines éternelles proclameront continuellement, du sein de leurs tourments, que Jésus Christ est Seigneur. Cela est très solennel, et montre l’importance de l’évangile pour soi-même, et combien il est nécessaire de se l’appliquer personnellement. L’Écriture dit bien : «tout genou», «toute langue», et «chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu» au jour du jugement (Rom. 14:12, Matt. 12:36). «Voici, il vient avec les nuées, et tout oeil le verra» (Apoc. 1:7), ce qui montre clairement que les hommes doivent avoir affaire personnellement au Seigneur Jésus. Maintenant, par grâce, Il pardonne et Il sauve, mais alors, c’est avec justice qu’Il condamnera et punira d’une destruction éternelle. Quelle folie, donc, de négliger un si grand salut ! (Héb. 2:3).
Dans ces versets de l’Apocalypse, nous lisons que Jean vit le Seigneur Jésus, et lui-même ajoute : «lorsque je Le vis, je tombai à ses pieds comme mort» (Apoc. 1:17). Si éblouissant dans Sa splendeur est le Sauveur glorifié, que même Ses serviteurs bien-aimés les plus intimes, encore dans le corps, ne peuvent seulement l’entrevoir sans être comme anéantis par l’éclat de Sa gloire ! Il est probable qu’aucun homme sur la terre n’eut de relations aussi intimes avec le Seigneur Jésus que Jean. Nous le voyons avec le Seigneur, aux jours de Sa chair, dans toutes les circonstances les plus remarquables. Lors de l’institution de la Cène, il fut le seul disciple à se pencher sur Sa poitrine, et, alors qu’ils étaient dans l’angoisse, lui seul put poser cette question à son Maître plein d’amour : «Seigneur, lequel est-ce» ? Plus tard, lorsque Jésus fut trahi et appréhendé, et que tous les autres l’eurent abandonné, Jean le suivit dans le palais du souverain sacrificateur et demeura à ses côtés jusqu’à la fin, jusqu’à la croix. Jean a donc dû connaître une profonde intimité avec le Seigneur, et ses écrits montrent combien son coeur débordait richement de l’amour de Dieu dont le Saint Esprit l’avait rempli.
Jean fut également fidèle lorsque le Sauveur eut quitté ce monde. Il fut transporté dans l’île de Patmos pour sa piété et son fidèle témoignage. Remarquons bien qu’il fut banni, non pas tant pour les doctrines qu’il soutenait, que pour ce qu’il disait et faisait, car dans ce chapitre il nous dit qu’il était «dans l’île appelée Patmos, pour la parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus-Christ » (Apoc. 1:9). La plupart des gens qui nous entourent ne trouvent rien à redire aux formes extérieures de la religion, ni à ce que vous souteniez les doctrines de votre choix, pourvu que vous les gardiez pour vous-mêmes. Mais celui qui n’est pas régénéré se rebelle toujours contre un homme qui, par sa vie et par ses paroles, témoigne fidèlement des perfections glorieuses et infinies de la Personne du Seigneur Jésus Christ, de Son œuvre, de Son service, de Ses réponses à nos besoins, et de Sa plénitude. Si les chrétiens étaient aujourd’hui de meilleurs témoins de Jésus Christ, nous pouvons être sûrs qu’ils en choqueraient encore beaucoup, car le scandale de la croix demeure.
Tandis que Jean, dans l’isolement de l’île de Patmos, honorait son Maître rejeté sur la terre, Celui-ci l’honora d’une manière merveilleuse. Le Seigneur, en effet, choisit Son apôtre persécuté et banni, non seulement pour communiquer l’Apocalypse aux assemblées, mais pour recevoir des visions bénies de l’avenir comme personne avant lui n’en avait eu le privilège. C’est là quelque chose de très doux à méditer. Il nous est donc dit que Jean fut «en esprit dans la journée dominicale». Nous devons comprendre par là qu’il ne s’agissait ni d’un rêve ni d’une méditation d’ordre naturel, mais que Jean était sous le contrôle et l’inspiration du Saint Esprit. Les pensées de son esprit et les affections de son coeur étaient gouvernées par le Saint Esprit, Celui qui rend témoignage de Christ et Le glorifie (Jean 16:14). Tout croyant a l’Esprit, ce qui ne veut pas dire que nous soyons toujours «en Esprit». C’est pourtant dans cet état-là que l’apôtre bien-aimé entendit soudain, derrière lui, comme un son très fort de trompette, «une grande voix, comme d’une trompette» selon ses propres termes. Cette voix disait : «Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier» et «Ce que tu vois, écris-le dans un livre» etc. Ce bruit extraordinaire surprit tellement le cher apôtre qu’il se retourna pour voir cette voix qui lui parlait ! Mais à peine se fut-il retourné qu’une vision merveilleuse en gloire et en beauté de Christ et des assemblées s’offrit à ses regards étonnés. Il vit les assemblées, symbolisées par sept lampes d’or de grand prix, pures, précieuses, célestes, prêtes à dispenser la lumière ; et au milieu des sept lampes, il vit le Seigneur ! Mais aussi impressionnante que dût être cette grande voix, et aussi magnifiques que fussent les sept lampes, ce ne fut pas tant cela que la vue de Christ Lui-même qui eut raison des forces de l’apôtre : «Lorsque je LE vis, je tombai à ses pieds comme mort». Cher lecteur, ce n’est pas le fait d’être enlevés avec l’Église, ni rien de ce que nous entendons ou voyons, qui nous rend vraiment humbles, mais Christ Lui-même. Lorsque, par la foi, nous nous sentons près du Sauveur ressuscité, voilà ce qui fait taire les prétentions de la chair et révèle l’horreur de la propre justice de la créature. Une atmosphère de sainte solennité remplit alors notre âme, et engendre dans le coeur et la conscience des sentiments vrais et profonds. C’est lorsque Job fut amené à dire «maintenant mon oeil t’a vu», qu’il eut horreur de lui-même et se repentit dans la poussière et la cendre (Job 42:5-6). C’est lorsque Ésaïe vit la gloire du Seigneur, qu’il s’écria : «Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures » (És. 6:5). Et Daniel, l’homme bien-aimé, nous dit : «… et je vis cette grande vision ; et il ne resta aucune force en moi, et mon teint frais fut changé en corruption, et je ne conservai aucune force» (Dan. 10:8). Le prophète Habakuk dit aussi : «J’entendis, et mes entrailles tremblèrent ; à la voix que j’ouïs mes lèvres frémirent, la pourriture entra dans mes os, et je tremblai sous moi-même» (Hab. 3:16).
Cher lecteur, soyez assuré que Dieu est lumière et qu’il n’y a point de ténèbres en Lui (1 Jean 1:5). En Sa sainte présence, sont manifestées notre nature dépravée et notre faiblesse. Là, nous apprenons que nous sommes véritablement des créatures déchues, corrompues, si différentes de Lui qui a les yeux trop purs pour voir le mal (Hab. 1:13). Nous découvrons que la balance de Dieu est infiniment sainte, Ses poids parfaitement justes, et que, pesés par Lui, nous sommes trouvés «manquant de poids» (Dan. 5:27). Puissiez-vous, cher lecteur, être amené à réfléchir, non pas sur ce que vous êtes en comparaison avec les autres, mais sur ce que vous êtes devant Dieu, et comment vous rencontrerez le Seigneur Jésus à Sa venue !
Ce fut, répétons-le, à la vue du Seigneur Jésus que Jean tomba «à ses pieds comme mort». Bien qu’il eût la pleine assurance d’être né de nouveau, d’être un enfant de Dieu lavé de tous ses péchés, et de posséder le Saint Esprit, et de n’avoir donc rien à craindre quant à son avenir éternel, malgré tout cela la gloire du Seigneur monté au ciel était plus que ce que Jean pouvait supporter tant qu’il était encore dans ce corps. En un instant, Jean semble avoir contemplé son Seigneur adorable de la tête aux pieds. Il nous le décrit comme «semblable au Fils de l’homme», Lui qui déclarait pourtant être «le premier et le dernier» (Apoc. 1:17). Et, dans cette brève description se trouve admirablement exprimée toute Sa personne, à la fois Dieu et Homme. Qui peut-être «le premier et le dernier» si ce n’est la Déité éternelle ? Et qui peut être «semblable au Fils de l’homme», sinon Celui qui fut trouvé «en ressemblance de chair de péché» (Rom. 8:3) et «en figure comme un homme» (Phil. 2:8) ? Du fait qu’Il se trouvait au milieu des sept lampes d’or, nous pouvons déduire qu’Il est en esprit — bien que personnellement absent — avec les Assemblées. Ses yeux, qui versèrent jadis des larmes de sympathie et de pitié, sont maintenant semblables à «une flamme de feu», une preuve que rien n’échappe à Son regard ; c’est pourquoi Il peut dire à chaque assemblée : «Je connais tes oeuvres». «L’épée aiguë à deux tranchants», et «sa voix, comme une voix de grandes eaux», nous apprennent peut-être qu’Il juge et reprend ; tandis que la «robe qui allait jusqu’aux pieds», ceinte à la poitrine d’une ceinture d’or (Apoc. 1:13), nous rappelle qu’Il n’est plus maintenant un objet de dérision comme lorsqu’il était vêtu d’une robe de pourpre, et que Sa poitrine sacrée n’est plus offerte à la lance du centurion, mais Il est ceint pour le service du jugement des assemblées.
Du fait que «sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige» (Apoc. 1:14), nous apprenons peut-être qu’Il est «JE SUIS» (Exode 3:14 ; Jean 8:58), parfaitement pur et sans tache. De même, les sept étoiles dans Sa main droite nous enseignent peut-être qu’Il est la source et le soutien de tout ministère dans Son Assemblée, et qu’Il en a le contrôle souverain, et que tout ministère découle de cette main qui fut percée sur la croix du Calvaire. Quant à «Ses pieds, semblables à de l’airain brillant, comme embrasés dans une fournaise», ne nous montrent-ils pas que, bien qu’Il fût crucifié en infirmité et que Ses pieds furent cloués sur la croix, maintenant tout jugement est placé entre Ses mains, et Il foulera «la cuve du vin de la fureur de la colère de Dieu le Tout-puissant» (Apoc. 19:15), «car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds» (1 Cor. 1:25). Et que peut évoquer pour nous «son visage, comme le soleil quand il luit dans sa force» (v. 16), sinon le fait que Celui qui a consenti jadis pour nous à ce que les hommes crachent sur Lui et Le frappent, et dont «le visage était défait plus que celui d’aucun homme» (És. 52:14), est aujourd’hui exalté comme Chef (tête) de l’Église, chef de toute principauté et puissance, jouissant pleinement de la gloire qu’Il partageait avec le Père avant que le monde fût ? (Éph. 1:21, 22 ; Jean 17:5).
Quelle glorieuse vision du Seigneur que celle de Jean ! Et bien que cela l’affectât tant, au point de le faire tomber à Ses pieds «comme mort», il découvrit plus tard qu’être aux pieds de Jésus était une place d’honneur et de bénédiction, ce dont nous avons d’autres exemples dans le Nouveau Testament.
Lorsque le Seigneur Jésus apparut à Saul, l’arrêtant dans son zèle persécuteur par une glorieuse manifestation de Lui-même, Saul tomba immédiatement à terre : «Tout à coup, une grande lumière, venant du ciel, brilla comme un éclair autour de moi. Et je tombai sur le sol…» (Act. 22:6). Mais, bien qu’aveuglé par cette glorieuse lumière, humilié aux pieds de Jésus et criant à Celui qu’il avait tant blasphémé et dont il avait tant persécuté les membres — «Que dois-je faire, Seigneur» ? — il découvrit que c’est précisément aux pieds de Jésus que se trouve une riche et abondante bénédiction, même pour le premier des pécheurs (1 Tim. 1:15). Le Seigneur lui dit : «Lève-toi et va à Damas, et là on te parlera de toutes les choses qu’il t’est ordonné de faire» (Act. 22:10). Veuille l’Esprit de Dieu montrer en cet instant aux pécheurs que c’est aux pieds de Jésus que se trouve la bénédiction !
Pierre fut un autre témoin de cette même vérité (Luc 5:1-11). Il pêchait avec ses compagnons au lac de Génésareth. Pendant des heures, il avait jeté son filet en vain. Finalement, Jésus entra dans la nacelle, et lorsqu’Il eut fini de prêcher, Il pria Pierre de mener en pleine eau et de lâcher de nouveau le filet pour la pêche. Pierre semble avoir pensé que ce n’était guère utile, puisqu’ils avaient travaillé toute la nuit sans succès ! Cependant, puisqu’Il le lui avait demandé, il le fit, et prit alors une telle quantité de poissons que le filet se rompait ! Cette circonstance semble avoir fait comprendre à Pierre que celui qui lui avait commandé de jeter le filet était le Seigneur. C’est alors que, réalisant humblement l’infinie puissance et la condescendance extraordinaire de Jésus, il tomba à Ses pieds, disant : «Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur». Remarquez bien que c’est en tant que pécheur que Pierre tomba à Ses pieds. Il se sentait si vil, si indigne de la compagnie du Seigneur, qu’il ne pouvait que s’incliner devant Lui en tant que pécheur. Mais quelle fut la réponse de Jésus ? Lui dit-il «Tu es un si grand pécheur que je t’ordonne de t’éloigner de moi» ? Non ! Ou «Tu as tellement péché que je ne puis te recevoir» ? Non ! Ou encore : «Si tu promets de faire mieux à l’avenir, je te pardonnerai ton passé» ? Bien sûr que non ! Mais Pierre fit l’heureuse expérience que, se jetant ainsi aux pieds de Jésus comme un pauvre pécheur coupable, il trouvait la grâce dans le coeur de Jésus, surabondante plus que tout son péché ! (Rom. 5:20). Jésus lui dit : «Ne crains pas», comme pour lui dire qu’Il l’accueillait, le pardonnait, le purifiait et le sauvait, et, en outre, l’honorait en lui conférant un service pour Lui : «dorénavant tu prendras des hommes» (Luc 5:10). Quelle grâce que celle du Seigneur pour les pécheurs humiliés, prosternés aux pieds du Sauveur !
Voyons un autre exemple (Luc 7:36-50). Une femme de fort mauvaise réputation apprit que Jésus avait visité sa ville et qu’Il était invité à manger chez Simon le Pharisien. Elle était accablée dans sa conscience par le poids de ses péchés et de sa culpabilité. Son coeur était triste. Elle avait besoin d’un Sauveur, et voilà que Jésus était tout près d’elle. Mais voudrait-Il sauver une telle pécheresse ? Pouvait-il accueillir une personne d’aussi mauvaise réputation ? Daignerait-Il, Lui qui était parfaitement saint, écouter une aussi vile créature ? Ainsi raisonnait sans doute cette femme au coeur désolé. Néanmoins, poussée par la nécessité, elle alla à Jésus. Elle se tint à Ses pieds, derrière Lui, en pleurant, et se mit à Lui laver les pieds de ses larmes, les essuyant avec les cheveux de sa tête, les baisant et les oignant de parfum. Nous trouvons donc ici, aux pieds de Jésus, une autre âme troublée, une pécheresse reprise dans sa conscience. Et que lui dit le Seigneur ? Posa-t-Il sur elle un seul regard réprobateur ? Lui adressa-t-Il un seul reproche ? Absolument pas ! Car Il n’est pas venu «afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui» (Jean 3:17). «Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu» (Luc 9:10). «Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs» (1 Tim. 1:15). Jésus dit donc à la femme : «Ta foi t’a sauvée». Quelle bénédiction dans cette rencontre du Sauveur avec le pécheur ! Quel accueil trouve celui-ci dans le coeur plein de grâce de Jésus ! Quel bonheur pour le pécheur coupable d’être ainsi reçu ! Plus rien ne le sépare du Sauveur plein de grâce : aucune ordonnance, aucun rite, aucune obligation officielle. Il n’y a plus, l’un en face de l’autre, que le coupable repentant et confessant ce qu’il est, et le Fils de Dieu qui pardonne ! Celui-là même qui avait dit à un autre : «… tes péchés sont pardonnés», déclare maintenant ouvertement : «Ta foi (et non pas ton parfum, tes larmes et tes baisers, bien qu’ils fussent des fruits acceptables de cette foi), «ta foi t’a sauvée, va-t-en en paix».
Mais revenons à Jean. «Et lorsque je Le vis, je tombai à ses pieds comme mort» (Apoc. 1:17). Le bien-aimé apôtre, ainsi prosterné aux pieds de son Maître, était dans une bonne position pour recevoir un enseignement approfondi sur l’amour du Sauveur. Jean dit : «Il mit sa droite sur moi, disant : Ne crains point». Quelle manifestation bénie du coeur compatissant du Seigneur Jésus ! Quelle tendresse, quelle douceur dans ce geste ! Cette même main droite, qui avait remporté une victoire éternelle sur les ennemis de Son serviteur, était étendue de nouveau en sa faveur. Cette main qui avait été autrefois percée — de Son propre consentement — pour les péchés de l’apôtre, était de nouveau étendue pour guérir et fortifier Son serviteur prostré devant Lui : «Ne crains pas», comme pour lui dire : «Jean, tu n’as rien à craindre, aucune raison d’être mal à l’aise ou rempli d’appréhension, car ma droite est pour toi, non pas contre toi». Si Celui qui a tout pouvoir sur la terre comme au ciel, le Créateur des bouts de la terre, le Rédempteur et Juge de tous dit «Ne crains pas», quelle raison aurions-nous d’être inquiets ?
Mais, il y a plus, le Maître veut donner à Son serviteur sur le point de défaillir des raisons encore plus explicites de ne pas craindre, à cause de Sa personne, de Son oeuvre accomplie et de Son exaltation.
«Je suis le premier et le dernier». Nous y avons déjà fait allusion. Il convient peut-être d’ajouter que la véritable paix doit toujours aller de pair avec une juste appréciation de la personne de Christ, parce que c’est la dignité et la gloire de Sa personne qui confèrent à Son oeuvre toute son efficacité. Faites abstraction de Son humanité, et nous n’avons plus ni Substitut ni Rédempteur. De même, faites abstraction de Sa divinité, et Son sang perd sa valeur expiatoire. Ce qui est une bénédiction, c’est qu’Il est à la fois Dieu et homme, donc parfaitement apte à accomplir l’oeuvre prodigieuse de la rédemption éternelle. Il fut le parfait Médiateur qui apportait à l’homme toute la bénédiction dont il avait besoin, en même temps qu’Il répondait à toutes les justes exigences de Dieu. C’est là pour Jean, une autre raison de ne pas craindre.
«J’ai été mort ; et voici, je suis vivant» (Apoc.1:18). Autrement dit : Jean, je suis mort pour toi. Je me suis chargé de tous tes péchés, et j’ai effacé toutes tes transgressions. Je suis entré dans la mort à ta place, afin que tu ne voies jamais la mort. Je suis vivant de nouveau. C’est pourquoi toute ta dette est effacée. J’ai répondu de tous les droits que Dieu avait sur toi, pécheur. Et je suis vivant de nouveau : tu vivras éternellement. «Ne crains pas».
«Et voici, je suis vivant aux siècles des siècles, et je tiens les clefs de la mort et du hadès» (Apoc. 1:18). Si chacun de nos péchés n’avait été expié, Dieu n’aurait pu ressusciter Christ d’entre les morts. Par Sa résurrection, Dieu témoigne donc publiquement du fait que le péché a été condamné et ôté pour toujours. De même, le fait que le Seigneur ressuscité soit exalté à la droite de Dieu, couronné de gloire et d’honneur, établi «sacrificateur pour toujours selon l’ordre de Mélchisédec» (Ps. 110), investi de tout pouvoir, toutes ces choses sont autant de preuves de l’acceptation et de la sécurité de tous les croyants. Et quant à la mort et au tombeau, qui en détient les clefs ? Jésus n’a-t-Il pas dit à Son serviteur prostré devant Lui : «Je tiens les clefs de la mort et du hadès» ? Quelle vérité consolante pour l’enfant de Dieu ! Il est impossible que l’on puisse s’endormir du sommeil de la mort, et être mis dans le tombeau sans que Jésus Lui-même n’en ouvre les portes. Et nous pouvons être sûrs qu’Il le fera pour ses bien-aimés au meilleur moment, ni trop tôt ni trop tard, et que ce passage ne sera ni trop facile ni trop pénible. De quelle manière merveilleuse le coeur de Jésus réconforte Son serviteur prostré à Ses pieds ! Avec quelle douceur Il le délivre de ses craintes ! Cher lecteur chrétien, si vous êtes à bout de forces, levez les yeux vers votre Sauveur ressuscité et glorifié ! Pensez à Sa personne, considérez Son oeuvre accomplie sur la croix, contemplez-Le triomphant en résurrection de tous vos ennemis, justement exalté dans le ciel au faîte de la gloire : c’est Lui qui est votre vie, toujours vivant pour intercéder en votre faveur (Héb. 7:25), et détenant les clefs de la mort et du hadès. Combien ces choses sont précieuses et glorieuses !
Cher lecteur, tôt ou tard vous aurez affaire au Seigneur Jésus ! Sera-t-Il pour vous un Sauveur, ou un Juge ? Vous dira-t-Il «Viens, béni de mon Père» (Matt. 25:34), ou «Va-t-en, toi qui es maudit» ? Vous agenouillerez-vous devant Lui avec joie dans le ciel, ou avec larmes en enfer ? Aujourd’hui Il dit : «Que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie» (Apoc. 22:17), mais alors Il dira : «Parce que j’ai crié et que vous avez refusé d’écouter, parce que j’ai étendu ma main et que personne n’a pris garde, et que vous avez rejeté tout mon conseil et que vous n’avez pas voulu de ma répréhension, moi aussi je rirai de votre calamité, je me moquerai quand viendra votre frayeur… Alors ils crieront vers moi, et je ne répondrai pas ; ils me chercheront de bonne heure, mais ils ne me trouveront point. Parce qu’ils ont haï la connaissance et qu’ils non pas choisi la crainte de l’Éternel…» (Prov. 1:24-29)
ou la femme dans la foule
«Et il s’en alla avec lui ; et une grande foule le suivit, et elle le pressait. Et une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans, et qui avait beaucoup souffert d’un grand nombre de médecins, et avait dépensé tout son bien, et n’en avait retiré aucun profit, mais plutôt allait en empirant, ayant ouï parler de Jésus, vint dans la foule par derrière et toucha son vêtement ; car elle disait : Si je touche, ne fût-ce que ses vêtements, je serai guérie. Et aussitôt son flux de sang tarit ; et elle connut en son corps qu’elle était guérie du fléau. Et aussitôt Jésus, connaissant en lui-même la puissance qui était sortie de lui, se retournant dans la foule, dit : Qui a touché mes vêtements ? Et ses disciples lui dirent : Tu vois la foule qui te presse, et tu dis : Qui m’a touché ? Et il regardait tout à l’entour pour voir celle qui avait fait cela. Et la femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint et se jeta devant lui, et lui déclara toute la vérité. Et il lui dit : Ma fille, ta foi t’a guérie ; va en paix, et sois guérie de ton fléau» (Marc 5:24-34)
Il y avait toujours une simplicité remarquable dans la manière dont Jésus agissait. Ses paroles exprimaient aussi une doctrine profonde, et plus nous les méditons, sous la conduite du Saint Esprit, plus nous sommes convaincus de la vérité profonde qui s’y trouvait. Son cœur était toujours plein de grâce lorsqu’Il parcourait la terre faisant le bien, aussi bien qu’à Sa mort sur la Croix. Quelle bénédiction de suivre sa trace à travers les divers récits des évangiles, et de contempler les manifestations de Sa grâce si riche et intarissable ! C’est une merveilleux qu’on ait pu voir Christ — le Fils unique du Père — dans ce monde de péché, sauf cependant lorsqu’il a été l’objet du jugement terrible ; mais Le voir quitter la gloire et la félicité du ciel, pour venir sauver des pécheurs dans ce monde inique, voilà une merveille sans pareille !
Dans le passage que nous considérons, nous voyons Jésus au milieu d’une foule dont il est dit qu’elle le suivait et le pressait (Marc 5:24). Il y avait probablement des milliers de personnes, — des apôtres, ainsi que Jaïrus, un des chefs de synagogue. Mais la plupart de ceux qui se pressaient autour de Lui n’étaient venus que pour voir Ses miracles et avoir leur part des pains qu’Il distribuait en abondance et avec libéralité.
Ce devait être fort intéressant de voir un homme guérir des malades, chasser des démons, purifier des lépreux et ressusciter des morts. Le spectacle d’une telle puissance miraculeuse attirait les sens ! Jésus venait justement de chasser plusieurs démons d’un homme, et Il se rendait maintenant chez un chef de synagogue pour ressusciter son enfant mort. Tout cela n’était-il pas profondément intéressant ? Les gens aimaient assister à des scènes aussi merveilleuses. Ils faisaient ainsi de Jésus un objet intéressant pour l’esprit, mais — c’est bien triste à dire — ils ne Le connaissaient pas comme leur Sauveur. Ils ne voyaient pas en Lui le Rédempteur de ceux qui sont perdus, mais un faiseur de miracles. Ils ne voyaient en Lui que quelque chose d’intéressant sur le moment, mais nullement l’auteur d’un «salut éternel». C’est bien solennel. Permettez-moi de vous demander s’il n’en est pas de même aujourd’hui. Ne sommes-nous pas entourés d’une vaste foule religieuse — une foule qui fait de la religion «chrétienne», comme ils l’appellent, un sujet d’intérêt et de discussion, mais on ne connaît pas Christ crucifié comme son Sauveur ? On s’étonne de voir combien de gens, dans ce pays et ailleurs, tiennent à être considérés comme des chrétiens. Quand les Anglais vont chez les Hottentots ou chez les idolâtres d’Inde ou de Chine, ne souhaitent-ils pas généralement être appelés chrétiens ? Cher lecteur, méfiez-vous de toute religion qui n’a pas le pardon présent des péchés, et le salut éternel, par l’œuvre de Christ accomplie à la Croix. Cherchez, je vous en supplie, jusqu’à ce que vous puissiez dire en vérité que Christ vous a lavé de tous vos péchés et que vous êtes en Lui.
La foule qui entourait Jésus se souciait peu de Lui, parce qu’elle ignorait tout de Sa Personne et de Son œuvre. C’était plutôt un obstacle pour une personnes sans ressource et convaincue de péché, qui voulait venir à Jésus. Il en est de même aujourd’hui. Quels sont ceux, je vous le demande, qui font le plus obstacle à la diffusion de l’évangile, de nos jours, sinon ceux qui se disent chrétiens sans avoir de relation vitale avec Christ Lui-même ? — ceux qui se contentent d’entendre parler de Lui sans l’avoir reçu dans leur cœur comme leur Sauveur ? Les chrétiens qui n’en ont que le nom, ne sont-ce pas eux qui protestent contre la contrition de cœur, la repentance, la nouvelle naissance et le pardon présent des péchés ? Mais, Dieu soit béni, quels que soient les obstacles apparents à ce que les âmes viennent à Jésus, Son dessein éternel demeure ; une foi vivante, en un Sauveur vivant, ne se laisse détourner par rien de son but dont elle sent la nécessité urgente et l’importance éternelle : Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié !
Il y avait une personne — une seule, pour autant que nous le sachions — au milieu de cette foule, chez qui le Saint Esprit opérait effectivement dans le coeur. Il en a souvent été ainsi, et encore aujourd’hui. Des centaines et des milliers de personnes s’assemblent pour entendre l’évangile, mais il se peut qu’un seul cœur soit ouvert pour le recevoir.
Dans notre récit, il y a deux points sur lesquels, avec l’aide du Seigneur, j’aimerais faire quelques remarques : 1°) le travail de l’Esprit dans l’âme de cette femme, 2°) la manière d’agir de Christ à l’égard de cette pécheresse.
Lorsque le Saint Esprit se charge d’une âme, Il l’enseigne efficacement. Il la dépouille des haillons repoussants de sa propre justice, met à nu les tentatives viciées pour s’améliorer, et lui donne une juste appréciation de son véritable état devant Dieu. Il est l’Esprit de Vérité (Jean 15:26). Il convainc l’âme de péché (Jean 16:8). Il met le cœur à nu en lui appliquant l’Écriture — la Parole de Dieu — de manière à révéler son irrémédiable méchanceté à la lumière de la sainte présence de Dieu. Il nous fait prendre conscience des mauvaises œuvres, des pensées impures, des désirs et des intentions de notre cœur.
Est-il possible, ô Dieu, qu’un fils de la poussière,
Un être souillé comme moi,
Devienne ton enfant, puisse t’appeler Père,
Que tu l’élèves jusqu’à toi ? (H & C 172)
Cher lecteur, il est très solennel et humiliant d’être sous l’action puissante et convaincante du Saint Esprit. Il nous fait réaliser que nous sommes perdus et sans force, et nous montre que toute ressource humaine n’est qu’un fondement de sable mouvant. Il nous fait saisir que le regard de Dieu, auquel rien n’échappe, est sur nous, que Dieu nous connaît parfaitement, et qu’Il déclare en vérité que nous sommes pécheurs, profanes et impurs devant Lui.
Considérons maintenant cette femme. Elle savait qu’elle était non seulement malade, mais incurable ; qu’aucun remède au monde, aucun moyen humain ne pouvait la guérir. Elle avait longtemps eu recours à divers expédients et savait ce que c’était que beaucoup souffrir, jusqu’à dépenser tout son bien, avec pour seul résultat que le mal n’allait qu’en empirant». Tout secours avait donc échoué, tout espoir avait disparu. Elle sentait son état désespéré, sans remède et incurable. Quel tableau béni du travail de l’Esprit dans une âme, même si c’est un processus humiliant et douloureux pour un cœur orgueilleux !
La plupart des gens qui nous entourent savent qu’ils sont pécheurs. Posez la question à qui vous voulez, on vous répondra invariablement : «Je sais que je suis un pécheur». Mais lorsque l’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans le cœur, Il enseigne aux hommes qu’ils sont des pécheurs perdus, méritant l’enfer, sans force et coupables devant Dieu. Bon nombre de ceux qui se disent pécheurs n’entendent pas par là qu’ils sont nés dans le péché, pleins de péchés, morts dans leurs péchés, enfants de colère ! C’est parce que les gens ne connaissent pas leur véritable état que, comme cette femme, ils font l’essai de tel ou tel expédient, dans le vain espoir de s’améliorer. Ils vont çà et là, abandonnent certaines vieilles habitudes, revêtent une certaine apparence de sainteté, brisent certaines anciennes manières de faire, se fixent de nouveaux buts, espérant par-là se recommander à la faveur de Dieu et acquérir une bonne conscience. Bien des hommes, quand ils réalisent avoir transgressé la loi de Dieu, s’efforcent de faire amende honorable en se réformant extérieurement, faussement persuadés qu’à l’avenir ils ont en eux-mêmes la capacité d’agir de manière à dissimuler le passé. Or une chose est certaine, c’est que si l’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans leur âme, ils ne s’en sentiront nullement meilleurs, mais plutôt pires qu’avant, car le Saint Esprit leur révèlera si bien la méchanceté et la tromperie de leur cœur, qu’après tous ces efforts purement charnels, le fléau du péché leur paraîtra plus pesant que jamais.
Cher lecteur, si vous essayez de devenir meilleur par vous-même, si vous cherchez à établir votre propre justice dans l’espoir de vous recommander à Dieu par vos propres efforts, puissiez-vous voir dès maintenant combien tout cela est vain, et combien est solennelle cette vérité que vous êtes un pécheur perdu aux yeux de Dieu ! Ne vous contentez plus de faire partie de cette foule religieuse qui nous entoure, qui fréquente toutes sortes d’églises et de chapelles, mais passe à côté de la repentance et de la nouvelle naissance, tout en se réclamant du nom de chrétiens. Oh ! tournez-vous vers le Seigneur Jésus, exalté au rang de Prince et Sauveur pour donner la repentance et la rémission des péchés (Actes 5:31).
Il ressort de ce récit que cette femme, dans ce triste état, avait entendu parler de quelqu’un capable de la guérir. «Ayant ouï parler de Jésus» — elle avait appris qu’Il pouvait faire ce que les hommes ne pouvaient pas.
Quelle intelligence bénie chez une pauvre âme désolée ! Avec quelle joie elle accueillit cette nouvelle ! Elle avait conscience de son mal, et fait l’expérience de l’échec de tous les traitements humains. Elle avait dépensé tout son bien, et son état n’avait fait qu’empirer. Comment réagit-elle à cette nouvelle ? Se contenta-t-elle d’entendre sans agir ? Non ! Elle vint à Jésus ! Oui, c’est ainsi : l’Esprit de Dieu conduit l’âme à Jésus sans détour. À l’âme convaincue de péché, Il révèle Jésus crucifié comme le salut pour le temps et pour l’éternité. Cette femme était absolument persuadée que Jésus — et Jésus seul — pouvait la guérir. Ce n’est pas du vénérable Jaïrus qu’elle avait besoin, ni même d’apôtres consacrés par ordination, mais de JÉSUS seul, car elle savait que Lui seul pouvait la guérir. Par la foi, elle Le contemplait au milieu de cette vaste foule, telle une source jaillissante d’eau vive, dont elle sentait qu’il lui fallait boire ou mourir. Elle se disait en elle-même : «Si je touche, ne fût-ce que ses vêtements, je serai guérie» (Marc 5:28). Elle était sûre qu’il émanait de Jésus une puissance qui s’exerçait au simple toucher de la foi, et c’était ce qu’il lui fallait à tout prix. Elle en avait besoin urgent et impératif. Ni la bousculade, ni rien d’autre ne pourrait l’empêcher de se frayer un chemin à travers la foule jusqu’à ce qu’elle eût touché son vêtement et reçu l’effet de cette puissance de guérison. Elle savait que Christ était Celui qui donne, et venait simplement à Lui comme ayant besoin de recevoir. Elle «toucha Son vêtement». Quel bel exemple de foi ! Comme elle avait saisi dans son âme, par l’Esprit de Dieu, la différence qu’il y a entre se presser autour de Jésus et le toucher simplement avec foi ! Voyez alors le résultat : elle «connut en son corps qu’elle était guérie de son fléau» (Marc 5:29).
Avant d’aller plus loin, voyons l’application pratique de ces choses. C’est Jésus, le Fils de Dieu venu dans le monde pour sauver des pécheurs, que nous plaçons devant vous, cher lecteur. Nous vous parlons de Sa mort à la Croix pour porter nos péchés : «Christ a souffert, …le juste pour les injustes, afin qu’Il nous amenât à Dieu» (1 Pier. 3:18). Nous rendons témoignage au sujet de Son sang : car le sang de Jésus Christ purifie de tout péché. Cher lecteur, Jésus seul peut vous sauver de la colère à venir, et Il sauve complètement. Le témoignage de toute l’Écriture converge ainsi vers Jésus. Dieu le Père attire les pécheurs à Jésus. Jésus Lui-même dit au pauvre pécheur ployant sous son fardeau : «Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez,… et moi je vous donnerai du repos» (Matt. 11:18). Le Saint Esprit conduit à Jésus le pécheur convaincu de péché. L’évangile déclare qu’il n’y a de salut en aucun autre. Votre état de pécheur est mauvais et sans espoir. Vous êtes perdu. Aujourd’hui, vous entendez parler de Jésus, ce Sauveur béni qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu (Matt. 18:11). Dieu ordonne que cette bonne nouvelle soit publiée. Qu’en faites-vous personnellement ? Venez-vous à Jésus afin d’être sauvé ? Vous venez de voir une grande foule se pressant autour de Jésus, mais seule celle qui l’avait touché par la foi reçut l’effet de Sa puissance. Il ne suffit pas d’entendre parler de Jésus, ou de lire l’évangile, ni même de parler de Lui, pour être sauvé. Non ! Ceux qui sont enseignés par l’Esprit de Dieu savent qu’ils vont certainement vers la mort éternelle, à moins de venir à Jésus pour être lavés par Son sang précieux. Cher lecteur, Jésus fait de la grâce Ses délices. Bien qu’assis sur un trône céleste, Son regard discerne vos pensées intimes, et Il prête l’oreille au plus faible cri. Il sait que vous êtes foncièrement pécheur, et pourtant ne dit-Il pas : «Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» (Jean 6:37) ? Soyez sûr qu’Il ne sera pas indifférent à votre cas, si vous désirez Son salut. Le Père accourra à votre rencontre lorsque vous serez encore loin (Luc 15), et vous serez alors plus heureux que jamais. Vous connaîtrez Jésus comme Celui qui a ôté vos péchés par le sang de Sa croix, Celui qui a été ressuscité des morts par le sang de l’alliance éternelle (Héb. 13:20), et qui est entré dans le ciel même par Son propre sang (Héb. 9:12). Soyez assuré, cher lecteur, que dès l’instant où votre âme troublée, fatiguée du péché, contemplera la mort expiatoire de Jésus, ajoutant foi au témoignage de Dieu sur la valeur de ce sang, vous vous sentirez guéri de votre fléau. Vous verrez alors que Jésus a porté vos péchés, qu’Il les a ôtés pour toujours, sous le jugement de Dieu, par Sa mort sur la Croix. Vous ne craindrez plus la colère de Dieu, et vous goûterez la paix dans Sa sainte présence.
L’heure était grave pour cette femme, et c’était une occasion précieuse de faire déborder Son amour pour Celui qui était plein de grâce et de vérité. Jésus se rendait chez le chef de la synagogue qui Lui avait dit que sa fille était «à l’extrémité». Mais le cas particulier de cette femme — une seule femme qui était dans le besoin — était si important que Jésus attire sur lui l’attention de toute la foule. Elle venait par derrière pour toucher son vêtement, mais avec quelle majesté et quelle grâce notre Seigneur se retourne dans la foule et dit : «Qui a touché mes vêtements» ? Il est précieux de contempler cette manière d’agir du Seigneur. Un pécheur avait fait la preuve de la puissance de guérison de Jésus ; alors il fallait attirer l’attention de la foule et interrompre un moment le déplacement urgent, jusqu’à ce que ce cœur tremblante soit rassuré et consolé, et que son témoignage à la gloire de Christ soit rendu public. «Qui a touché mes vêtements» ? demande Jésus avec douceur, désignant ainsi à l’attention de milliers de personnes cette pauvre pécheresse croyante ; car il fallait que son âme soit amenée dans une intimité plus profonde et éternelle avec le Fils de Dieu que ce qu’elle avait connu jusque là par la foi. Elle devait apprendre que sa place n’était plus désormais derrière le Seigneur, mais devant Lui, en parfaite confiance et dans une affection sans ombre. Cher lecteur, quand Jésus se fait connaître à une âme fatiguée du péché, comme Celui qui guérit en vertu de Son sang, c’est le début d’une relation intime et éternelle. Jésus va montrer à cette âme, comme Il le fit pour cette femme, quelque chose de la dignité et de la bénédiction dans lesquelles Sa propre grâce nous a introduits. Il nous fait connaître les choses qui nous ont été librement données par Dieu (1 Cor. 2:12) et Il dit : «Tu es à moi, je ne t’abandonnerai pas. Je te soutiendrai et je te bénirai, etc.».
Cette femme, dans le besoin, était venue en secret et par derrière Jésus, mais Il veut la voir maintenant se tenir publiquement devant Lui. Il faut avoir à faire avec Jésus, et apprendre dans le secret les leçons de Sa grâce qui guérit, avant de pouvoir Le confesser en vérité devant les hommes. Jésus se retourna dans la foule. Elle entendit Sa voix. Le regard aimant de Jésus l’avait identifiée au milieu de ces milliers de personnes. La femme, alors, tombe à genoux devant Lui, et d’un cœur reconnaissant, Lui dit toute la vérité «devant tout le peuple» (Luc 8:47) — avec crainte et tremblement, je suis sûr, comme nous tous lorsque nous quittons les rangs des incroyants auxquels nous étions depuis si longtemps habitués, pour venir nous mettre à l’abri de la grâce de notre Sauveur méprisé !
Cher lecteur, voyez l’importance au ciel du salut d’une seule âme ! Jésus se réjouit lorsqu’une seule brebis perdue est retrouvée ! Le Père court à la rencontre d’un seul fils prodigue ! Le Saint Esprit semble souvent passer à côté de foules entières pour consoler une seule âme malheureuse ! Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent (Luc 15:10). Comme tout cela est merveilleux !
Mais remarquez encore une chose. Jésus donne en exemple à la multitude la foi de cette personne — la seule — qui l’a si bien honoré. Il accepte ouvertement son adoration, et proclame la nouvelle relation qui l’unit à Lui pour l’éternité en l’appelant «Ma fille», ce qui exprime si bien sa nouvelle relation avec Dieu. «Vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus» (Gal. 3:26). «Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu» (1 Jean 3:2). C’est ce dont l’Esprit de Dieu rend maintenant témoignage dans la conscience des croyants. «L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu» (Rom. 8:16).Lecteur chrétien, êtes-vous conscient de votre relation de fils ? Ce n’est pas un simple titre honorifique, comme tant de distinctions de ce monde, mais une nouvelle relation, éternelle, dans laquelle Dieu nous a introduits en Christ. «Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu» (1 Jean 3:1). Oui, ceux qui croient dans le Christ Jésus sont fils de Dieu par choix, par régénération et par adoption.
Jésus dit aussi à la femme qu’elle était guérie, et cela par la foi : «ta foi t’a guérie». Elle avait confessé le Seigneur «devant tout le peuple», mais cela ne l’avait pas guérie. Il est important de comprendre que ce ne sont ni nos larmes, ni nos souffrances, ni nos réformes ou efforts personnels d’aucune sorte qui nous guérissent, mais Christ, et Christ seul. L’Écriture nous renvoie toujours au sang de Christ pour avoir la paix, de même qu’elle nous affirme que «quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés» (Act. 10:43). Jésus avait guéri cette femme. De la puissance était sortie de Lui. Jésus lui affirme que sa guérison était complète — elle était guérie. Oui, Jésus est le Rocher, et Son œuvre est parfaite (Deut. 32:4). Il reçoit les pécheurs, les fils prodigues qui reviennent à Lui. Il les purifie et les justifie par Son sang, remplit leurs cœurs de Son Esprit, et leur affirme qu’ils ne viendront pas en jugement, mais qu’ils sont passés de la mort à la vie (Jean 5:24).
Les dernières paroles adressées par Jésus à cette femme sont catégoriques : «Va en paix». Le premier mot, «va», est remarquable, et j’y pense souvent. Il a une force dont certaines personnes semblent n’avoir jamais fait l’expérience. Ce peut être des croyants sincères, mais qui s’accrochent toujours à Christ avec des doutes, dans l’ignorance du pardon des péchés et de la paix pour maintenant. Ils réclament toujours d’être guéris, avec l’espoir d’être pardonnés etc… alors que Christ leur dit : «Vous êtes pardonnés, allez» ! Ils n’ajoutent pas foi à cette glorieuse vérité du pardon et de notre liberté d’enfants de Dieu dès maintenant, et restent donc à vivre dans la servitude et dans la crainte. Or Jésus voudrait qu’il en soit autrement. Il dit : «Ta foi t’a SAUVÉ(E), va en paix». Autrement dit : Cesse de douter, de craindre, de te méfier ; tu es guéri, pardonné, réconcilié avec Dieu dont tu es l’enfant, tu es un pécheur sauvé. «Va en paix». Cher lecteur, si vous croyez au Seigneur Jésus, prenez devant Dieu et devant les hommes votre place comme quelqu’un de sauvé ! Où que vous alliez, soyez en paix quant à votre salut, sachant qu’autant l’orient est loin de l’occident, autant Christ a éloigné de vous vos transgressions (Ps. 103:12). Dieu Lui-même a dit : «Je ne me souviendrai plus de leur péché» (Jér. 31:34 ; Héb. 10:17).
Peut-être un de mes lecteurs se demande-t-il si lui est pardonné, si Ses péchés à lui sont vraiment pardonnés. Voilà des questions bien importantes, en effet. Cher ami, soyez bien persuadé en prenant devant Dieu la place qu’il convient, celle d’un pécheur coupable ; ne cherchez refuge nulle part ailleurs, et venez à Jésus, à Lui seul, pour trouver le salut. N’ayez confiance qu’en Sa mort. Contemplez-Le portant les péchés en Son propre corps sur la Croix, tandis que le courroux ardent de Dieu se déversait sur Son Fils à cause de ces péchés qu’Il avait pris sur Lui. Écoutez alors le témoignage divin : «Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Si vous croyez la déclaration de Dieu quant à la valeur de la croix de Christ pour votre salut, Il vous donne la garantie d’avoir le droit d’affirmer : «Je suis un enfant de Dieu (Jean 1:12), Jésus a expié mes péchés à moi ; par Ses meurtrissures je suis guéri».
Cher lecteur, qu’adviendra-t-il de vous si vous mourez sans Christ ? N’est-il pas écrit : «Qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui» (Jean 3:36) ? Réfléchissez bien à cela, je vous en prie. Vous êtes plein de péché. Vous entendez annoncer, en ce moment même, que Jésus seul sauve les pécheurs. Que faites-vous de Lui ? Venez-vous à Lui pour être sauvé, ou Le méprisez-vous ? Rappelez-vous la femme qui était dans la foule ; lorsqu’elle entendit parler de Jésus, elle vint à Lui pour être guérie et ne resta pas tranquille avant de L’avoir touché ; vous en connaissez l’heureux résultat. Malheur à vous si vous négligez un si grand salut ! Comment échapperez-vous aux tourments éternels des damnés, si vous continuez à tenir pour rien l’évangile de Dieu ? Pauvre pécheur ! Si seulement vous réalisiez votre culpabilité et le danger qui vous guette, comme vous vous jetteriez dans les bras grands ouverts du Sauveur qui vous aime, avec l’ardent désir d’éprouver pour vous-même la vertu purificatrice de Son sang !
Pécheurs perdus qui, dans votre misère,
Vers un Dieu saint n’osez lever les yeux,
Venez à Christ : Il révèle le Père,
Le Dieu d’amour qui l’envoya des cieux.
«Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant ; tenez-vous donc fermes, et ne soyez pas de nouveau retenus sous un joug de servitude» (Gal. 5.1)
Ceux à qui s’adresse cette épître avaient connu la liberté de l’Évangile. Il faut avoir d’abord goûté cette liberté avant de pouvoir être véritablement exhorté à «tenir ferme» en elle. Qui pourrait dire à un pauvre esclave travaillant dans les liens de «tenir ferme» dans la liberté ? Non, il faut d’abord qu’il soit libéré. Il en est de même spirituellement. Nombreux sont ceux qui ne connaissent pas la liberté de l’Évangile. Certains ont tellement l’habitude d’être esclaves du péché qu’ils sont inconscients de leur état de servitude. D’autres ont plus ou moins conscience de la misérable condition de leur cœur et de leur vie, et désirent ardemment être délivrés de leur culpabilité et de leurs craintes. D’autres encore semblent ne penser à la liberté et à l’indépendance que par rapport aux autres hommes. Peut-être ont-ils lutté pour les obtenir, et les ont-ils trouvées dans une certaine mesure, mais ils ignorent tout de la glorieuse liberté des enfants de Dieu ! Le Fils de Dieu est descendu du ciel pour délivrer les hommes. Il est venu «pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers l’ouverture de la prison» (És. 61:1). Il a donné Sa vie en rançon pour plusieurs (Marc 10:45).
Qu’il est beau de voir l’amour et les soins désintéressés de Paul, semblables à ceux de Christ, envers ces saints de Galatie ! La première fois qu’il était allé prêcher parmi eux, ils l’avaient reçurent comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus Lui-même. Ils avaient éprouver une grande bénédiction par le moyen de son ministère, et lui avaient porter tant d’amour qu’ils lui auraient donné leurs propres yeux si cela avait été possible ! Ils étaient heureux dans le Seigneur. Christ était tout pour eux. Mais après le départ de Paul, de faux docteurs s’étaient introduits parmi eux, des gens qui ne souciaient pas des âmes, mais cherchaient seulement à propager certains points de fausses doctrines. Les croyants Galates avaient reçu ces faux docteurs, ce qui leur fit tant de mal qu’ils en étaient venus à considérer Paul comme leur ennemi ! Comment Paul agit-il alors à leur égard ? Leur rendit-il le mal pour le mal ? Nullement. Tout comme son Maître béni, il ne cherchait que leur bien, se souciant fort peu de ce qu’ils pensaient de lui-même, du moment qu’ils pensaient du bien de Christ. Il leur présenta donc Christ de la manière la plus riche et la plus attrayante possible, afin qu’ils pussent retrouver la joie dans la connaissance et la jouissance de Son œuvre accomplie. C’est une très grande bénédiction de savoir que le salut est du Seigneur (Jonas 2:9), et que le seul chemin de bénédiction de Dieu pour l’homme passe par la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils sont dignes de pitié ceux qui cherchent leur satisfaction dans ce qui vient de la créature et non de la plénitude du Créateur, ou qui, peut-être, s’efforcent de s’attirer la faveur de Dieu en quelque autre manière qu’en acceptant Sa grâce infinie envers les pécheurs qui se trouve dans la mort de Son Fils bien-aimé. Dieu témoigne de Sa grâce envers l’homme en ces termes : «Je veux miséricorde et non pas sacrifice» (Matt. 9:13 ; 12:7), ce qui nous enseigne clairement que la seule manière dont Il peut rendre l’homme heureux, et le délivrer d’une condamnation éternelle, est d’avoir compassion de lui dans son incapacité et ses péchés, en lui offrant un salut parfait et éternel, «sans argent et sans prix» (És. 55:1). Être convaincu de cela dans son âme, voilà la liberté. Voilà ce dont l’Esprit de Dieu rend témoignage, car «là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté» (2 Cor. 3:17). Cela suffit à donner confiance et plein réconfort, car cela découle de Dieu jusqu’au pécheur. «Dieu constate son amour à Lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous» (Rom. 5:8). C’est l’homme, l’homme pécheur, que Dieu aime d’un tel amour !
La condition de l’homme devant Dieu est celle d’un pécheur. «Tous ont péché» (Rom. 3:23). Il est esclave de Satan, esclave du péché. Désobéissant aux commandements de Dieu, il a peur de la mort. Il ignore tout de la sainte présence de Dieu, et tremble lorsqu’il entend dire que le Seigneur reviendra du ciel. Nous sommes tous tels par nature. C’est dans cette condition de déchéance que Dieu nous a regardés avec compassion. Son cœur miséricordieux a été ému à notre égard. Et sachant que l’envoi de Son propre Fils en ressemblance de chair de péché, pour expier celui-ci par la mort de la Croix, était la seule manière de racheter l’homme et de l’introduire dans la liberté et la bénédiction, dans Sa grâce immense Il n’a pas reculé devant ce don inouï. «Car Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Christ a ainsi sondé l’abîme des souffrances et de la mort de la Croix, pour élever l’homme pécheur jusqu’aux sommets de la gloire éternelle.
Considérons maintenant la nature de cette liberté à laquelle l’apôtre fait ici allusion, lorsqu’il exhorte les Galates à «tenir ferme dans la liberté dans laquelle Christ nous a placés». Nous allons voir que Christ nous a délivrés de l’esclavage de Satan, de la culpabilité et de la domination du péché, de la servitude et de la malédiction de la loi, de la crainte de la mort, et qu’Il nous a donné la liberté dans la présence de Dieu — la liberté qui est celle des fils, en même temps que la liberté de servir.
Il est très humiliant de se dire que l’homme est véritablement l’esclave de Satan. Mais n’est-il pas indéniable que nous sommes les serviteurs de ceux à qui nous obéissons ? À qui donc l’homme obéit-il ? À Dieu ? Certainement pas, car comme en témoigne un prophète inspiré, «nous avons tous été errants comme des brebis» (És. 53:6). De même le Saint Esprit, par la bouche d’un apôtre nous dit : «Il n’y a POINT de juste, non pas même un seul … ils se sont TOUS détournés … il n’y a PERSONNE qui recherche Dieu, etc.» (Rom. 3:10-12). À qui donc l’homme naturel obéit-il ? N’est-ce pas au prince de ce monde, qui est appelé aussi le dieu de ce monde ? Quelle pensée attristante, mais, hélas, tellement vraie ! «Parce que tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père, mais est du monde» (1 Jean 2:16). Les modes qui ne cessent de changer, les plaisirs étourdissants, les satisfactions charnelles du moment, quelle que soit l’apparence qu’elles revêtent, toutes ces choses sont du monde et émanent directement du grand séducteur de ce monde, qui est l’ennemi des âmes, — le méchant dans lequel gît le monde entier (1 Jean 5:19). Les convoitises et les passions de l’homme déchu se soumettent aisément à ses subtiles suggestions, et ceux qui y cèdent trouvent souvent une satisfaction présente pour les sens. Mais ce super-ennemi les trompe et les aveugle, de peur que le glorieux évangile ne resplendisse pour leurs cœurs (2 Cor. 4:4-6) ! Jésus, cependant, est venu détruire les œuvres du diable (1 Jean 3:8), libérer les hommes de leur vile servitude, racheter les Siens de toute iniquité et du pouvoir du tombeau, et détruire la mort en même temps que celui qui a le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable (Héb. 2:14). L’homme était tombé dans la soumission à Satan, et s’est bien vite retrouvé lié par ses chaînes. Mais Quelqu’un de plus fort que Satan est venu à son aide. Le Sauveur tout puissant est descendu d’auprès du Père pour le secourir. Par Sa mort et par Sa résurrection d’entre les morts, «Il a emmené captive la captivité» (Éph. 4:8, Ps. 68:18), et a triomphé des principautés et des autorités. Ainsi donc Christ, par une seule offrande offerte une fois pour toutes, a racheté les Siens. Comme rien moins que Son sang précieux ne pouvait les racheter de leur terrible esclavage, Jésus a payé pour eux ce prix inouï. Tous ceux qui croient en Son nom sont devenus libres. Christ les a délivrés de l’esclavage de Satan. Désormais c’est Lui qu’ils aiment et qu’ils servent.
Certaines personnes se disent reconnaissantes de ne s’être jamais senties coupables dans leur conscience : J’en ai pitié, car c’est une preuve éclatante qu’elles sont toujours dans leurs péchés. Je remercie Dieu d’avoir connu cette souffrance qu’inflige une conscience coupable, aussi douloureuse que soit cette expérience. Mais je peux dire aussi que ma conscience a été purifiée par le sang de Christ. Comment quelqu’un peut-il connaître le pardon et la paix, à moins de s’être d’abord senti condamné et coupable ? Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Pourquoi les gens ne se sentent-ils pas coupables ? Parce qu’ils ne considèrent pas ce qu’ils sont aux yeux de Dieu. Ils se font donc des idées fausses sur le péché. Il y a beaucoup de choses dont ils disent que ce ne sont pas des péchés, alors qu’ils en sont bel et bien. Ils ne croient pas que depuis la plante du pied jusqu’à la tête, il n’y a rien en eux qui soit sain (cf. És. 1:6), et qu’ «il n’y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul» (Ps. 14:3). Mais quoi que l’homme pense de lui-même, la sentence divine est tombée, selon laquelle le monde entier est «coupable devant Dieu» (Rom. 3:19). Or Jésus est venu nous délivrer de cette terrible culpabilité, et Il l’a fait par la mort de la Croix. C’est là que Dieu l’a fait péché pour nous (2 Cor. 5:21), que notre vieil homme a été crucifié avec Lui (Rom. 6:6) ; c’est là qu’Il a porté nos iniquités. «Il a été blessé pour nos transgressions, … meurtri pour nos iniquités» (És. 53:5). C’est là que toutes les vagues et les flots de la colère de l’Éternel (Ps. 42:7) ont passé sur Lui. Ainsi Christ, par l’efficacité infinie de Son unique sacrifice, nous a délivrés de la culpabilité du péché. Non seulement le jugement de nos péchés a été sur Lui sur la Croix, mais notre «vieil homme» (auteur de ces péchés) y a aussi été jugé, c’est-à-dire l’arbre corrompu en même temps que ses fruits (Rom. 6:6).
Ainsi donc, par Christ, nous avons de la puissance sur le péché. Tant qu’un pécheur n’a pas contemplé l’Agneau de Dieu immolé au Calvaire, le péché domine sur lui. Il prend de bonnes résolutions, sans jamais les tenir. Il s’améliore apparemment de diverses manières, mais ne fait que changer de péchés. Il est sans force, incapable de vivre sans pécher ! Mais lorsque sa conscience coupable est amenée par le Saint-Esprit à contempler la Croix de Christ, son cœur se fond, les ronces et les épines de sa propre justice sont consumées, ses affections glaciales fondent sous l’effet de l’amour brûlant d’Emmanuel, et il est humilié devant Dieu, brisé par le sentiment de Son amour ! En considérant l’agonie profonde de Celui qui a porté notre péché, il se prend lui-même en dégoût, haïssant le péché et aimant le Sauveur, et dans un élan de reconnaissance, il s’écrie :
Pour un si grand amour, que te rendre, ô bon Père ?
Ah ! Donne-nous des cœurs obéissants.
Qu’il brille sur nos fronts, le divin caractère
Que ton Esprit grave sur tes enfants !
Ainsi, par la foi au Fils de Dieu mort pour des impies, nous sommes délivrés de la domination du péché et nous avons cette promesse divine : «le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce» (Rom.6:14)
L’apôtre Pierre compare la loi de Moïse à un joug de servitude que ni nous, ni nos pères, n’avons pu porter (Actes 15:10). Elle imposait de justes et saintes exigences à de pauvres pécheurs déchus et sans force. Elle ne donnait point de liberté, mais un esprit de crainte et de servitude. Elle était porteuse de condamnation et de mort, et remettait le péché en mémoire, mais sans l’absoudre. L’homme a besoin de force et il a besoin de vie ; c’est de cela que l’obéissance découle naturellement. Jésus, par Sa mort, a porté la malédiction de la loi violée, et Il a ôté le péché. C’est pourquoi l’Évangile proclame un plein pardon, et le témoignage de Dieu est désormais celui-ci : «Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités» (Héb. 8:12) et «Sachez que … de tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui» (Act. 13:39). Voilà la vraie liberté ! Mais qui peut considérer honnêtement la loi de Dieu sans être conscient de l’avoir transgressée, de n’avoir pas été à la hauteur de ses saintes exigences, et, par conséquent, d’être sous la malédiction ? Car il est écrit : «Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi pour les faire» (Gal. 3:10 ; Deut. 27:26). Qui peut faire le poids dans une pareille balance ? Il est donc clair que tous sont sous le péché, et qu’en conséquence l’apôtre déclare que «tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction» (Gal. 3:10). Nous avons donc tous mérité la malédiction de Dieu pour avoir enfreint Sa loi, mais Jésus, le Rédempteur, est venu pour nous sauver : «Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois» (Gal. 3:13 ; Deut. 21:23). Nous avons donc pleine liberté, et sommes rachetés de l’esclavage et de la malédiction de la loi par la Croix de Christ.
L’homme tremble de tous ses membres devant la mort ; son cœur se fond, sa chair frissonne, il devient blême lorsque la mort franchit le seuil de sa chambre et qu’elle pose sur lui sa main glaciale ! La seule chose qui permette à l’âme de triompher de la mort, c’est de savoir que Christ est mort pour nos péchés, et que Celui qui est maintenant dans la gloire est notre vie. Ce n’est qu’en contemplant Christ qui a été sur la Croix qu’on peut affirmer que la mort ne fait qu’ouvrir les portails d’or d’entrée dans la gloire céleste. Rien ne peut chasser la crainte de la mort ni nous rendre capables de l’affronter calmement et paisiblement, si ce n’est la puissance protectrice du sang de l’Agneau, la certitude bénie que nous sommes passés de la mort à la vie, et l’assurance que, même si notre corps mortel s’endort en Jésus, la mort n’a plus aucun droit sur nous, parce que Jésus a subi la mort et le jugement à notre place. Le véritable langage de la foi est donc celui-ci : «Où est, ô mort, ton aiguillon ? où est, ô mort, ta victoire ? Or l’aiguillon de la mort, c’est le péché ; et la puissance du péché, c’est la loi. Mais grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ» ! (Osée 13:14 ; 1 Cor. 15:55). Nous sommes donc délivrés de la crainte de la mort.
Notre «vieil homme», avec toutes nos transgressions, ont été si parfaitement jugés par Dieu à la Croix, dans la personne de Son Fils bien-aimé, et nous sommes si bien devenus justice de Dieu en Lui ressuscité et monté au Ciel, que le croyant est rendu capable de s’approcher de Dieu avec une sainte hardiesse (Héb. 10:19-22), dans l’heureuse liberté que lui confèrent l’acceptation et la faveur divines (Rom. 5:1-2). Il est désormais «approché par le sang de Christ» (Éph. 2:13), d’une manière absolument merveilleuse, aussi près de Dieu que Christ Lui-même, parce qu’il est en Lui. Il est invité à s’approcher avec confiance du trône de la grâce, afin de recevoir grâce et secours (Héb. 4:16), parce que le sang de Christ qui purifie de tout péché et Sa sainte sacrificature qui répond à tout, parlent toujours en sa faveur. Mais considérons maintenant :
L’esprit d’adoption est un des privilèges les plus bénis de la présente dispensation. Il a fallu la mort de Christ avant que nous puissions jouir de la liberté d’enfants de Dieu. «Quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. Et, parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, criant : Abba, Père…» (Gal. 4:4-6). Nous voyons ainsi que c’est par la mort de Christ que nous sommes introduits dans cette relation bénie de fils. Nous réalisons cette précieuse vérité, et nous en jouissons par la foi : «Vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus» (Gal. 3:26). C’est une bénédiction de la plus haute dignité, et c’est notre part déjà maintenant. «Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu» (1 Jean 3:2). C’est lorsque cette vérité est connue en puissance dans notre âme, que nous sommes rendus capables de servir notre Père céleste d’une manière agréable, non pas sous l’effet d’une crainte servile, telle que l’esprit de servitude sous la loi, mais avec la révérence et la crainte filiale qui redoutent de déplaire à notre Père dont le cœur est plein de grâce. Quelle bénédiction que cette liberté ! Quelle source de réconfort, et quel riche bienfait dès à présent ! Quelle douce perspective que celle de se tenir pour toujours devant le Père, dans une relation d’amour, comme les objets de Son choix, de Son adoption et de Sa grâce !
Le croyant est un serviteur, parce qu’il est un fils, et le service du Seigneur est parfaite liberté : «car mon joug est aisé et mon fardeau est léger» (Matt. 11:30). Le croyant sert Dieu en tant que pécheur racheté et enfant d’adoption — l’amour étant sa seule contrainte. Il ne travaille pas pour acquérir la liberté ou la vie, mais parce qu’il possède l’une et l’autre. C’est là un service heureux, qui découle d’un cœur heureux. Il est le fruit d’un esprit de bonne volonté, et reçoit souvent une récompense déjà dans le temps présent. Un tel service ne comporte ni soucis ni fardeaux. Il a pour seul but d’exalter Celui qui nous a rachetés par Son propre sang, ce sang dont nous savons qu’il purifie notre conscience d’œuvres mortes (Héb. 9:14) pour servir le Dieu vivant et pour attendre des cieux Son Fils (1 Thes. 1:9-10).
Bien plus, nous avons la liberté de nous confier en Lui en tout temps, de rejeter sur Lui tout notre souci (1 Pier. 5:7), de nous réjouir toujours dans le Seigneur (Phil. 4:4), et de prier sans cesse (1 Thes. 5:17). Nous pouvons nous asseoir, par la foi, à Ses pieds qui furent percés, et là, rechercher l’instruction, écouter Sa parole, avec l’assurance bénie que ces pieds nous parlent de l’expiation accomplie et de la délivrance de notre âme captive. Nous pouvons nous appuyer sur Son bras pendant la traversée du désert (Cant. d. C. 3:6 ; 8:5), nous rappelant avec bonheur qu’Il a jadis volontairement étendu pour nous ce bras cloué sur la Croix, — le bois maudit de la croix du Calvaire — afin que nous soyons délivrés pour l’éternité. Lorsque nous sommes lassés du chemin, nous pouvons, par la foi, nous reposer sur Sa poitrine jadis blessée, avec la douce assurance que de Son côté a jailli le sang et l’eau, témoignage certain et béni de cette liberté que Christ nous a acquise, et de la perfection de l’amour et de la faveur de notre Dieu qui ne change pas.
Comme je l’ai déjà dit, tous ne jouissent pas dans leur âme de cette liberté ; pourtant, elle est le privilège de ceux qui croient au Seigneur Jésus comme leur Sauveur, parce qu’elle est fondée sur ce qui a déjà été accompli. C’est la liberté que Christ nous a acquise. L’âme qui doute et qui tremble n’a donc besoin, pour être heureuse, que de regarder à la Croix de Christ en acceptant sans réserve ce que Dieu Lui-même déclare quant à la valeur de cette œuvre. Une âme a-t-elle des questions au sujet du péché ? Le seul remède est la mort de Christ. Si votre cœur est oppressé par le sentiment d’avoir enfreint la loi de Dieu, contemplez l’œuvre rédemptrice de Son Fils bien-aimé. Si la crainte de la mort vous étreint, la seule puissance de délivrance est dans la mort de Jésus sur la Croix. Si une âme se sent éloignée de Dieu, le seul moyen de revenir à Lui est par la mort et la résurrection du Seigneur Jésus. Si une certaine paresse semble nous entraver dans le service, la valeur du sacrifice de Christ, saisie par la foi, nous vivifiera et nous fortifiera. Si des nuages obscurcissent l’esprit, et que le sentiment de péché pèse sur la conscience, la communion et la paix nous seront rendues par la confession et la foi en ce que Dieu dit à propos du sang ; «si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité» (1 Jean 1:9) car «le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché» (1 Jean 1:7).
Cher lecteur chrétien, qu’en dites-vous ? Vous réjouissez-vous de cette bienheureuse liberté dans laquelle Christ nous a introduits ? Ou bien êtes-vous rempli de craintes et de doutes quant à votre avenir éternel ? Comment cela se fait-il ? N’avez-vous pas depuis longtemps renoncé à croire en la justice de la créature ? Et n’êtes-vous pas persuadé depuis longtemps que vous n’êtes qu’un vil pécheur devant Dieu ? Ne déplorez-vous pas bien souvent votre impureté ? N’accourez-vous pas vers Christ seul pour trouver le salut, renonçant à tout autre moyen que Lui ? Et ne mettez-vous par toute votre confiance dans le sang qu’Il a versé ? Alors, pourquoi craignez-vous puisque ce sont des hommes tels que vous que Christ a délivrés ? Ne regardez pas à vous-même, ni à rien d’autre qu’à Christ crucifié, ressuscité et monté au Ciel. Croyez qu’Il a fait tout ce que Dieu déclare à Son sujet, et soyez assuré que c’est parce que l’Esprit vous a vivifié que vous avez été convaincu de péché et amené au Sauveur en tant que créature coupable et sans ressources. Soyez donc consolé, cher enfant de Dieu tout tremblant, car c’est parce que Dieu vous a aimé d’un amour éternel que, dans Sa bonté, Il vous a attiré à Lui par Christ. Et le témoignage de Sa Parole, c’est que vos péchés sont pardonnés, que vous êtes entièrement justifié, que vous ne serez pas condamné, et que vous avez la vie éternelle, étant passé de la mort à la vie. Christ est votre justice et votre vie. Il vit à toujours, intercédant pour vous, et vous demande d’avoir bon courage et d’aller en paix. Reposez-vous donc sur la fidélité de Dieu à Sa propre parole, car «Il ne peut se renier Lui-même» (2 Tim. 2:13).Veuille le Saint Esprit prendre de ces choses précieuses qui sont à Christ et les révéler à votre âme en bénédiction et en consolation.
C’est dans cette liberté que le chrétien est exhorté à demeurer ferme, prenant garde à ne pas retomber sous un «joug de servitude» (Gal. 5:1). Nombreuses sont les tentations fascinantes que l’adversaire fait miroiter à nos yeux pour que nous y cédions, mais il nous faut tenir fermes. La paix actuelle et la force dans le service du Seigneur, dépendent de la manière dont nous tenons fermes dans cette liberté. En demeurant en Lui, nous serons forts, — forts dans la foi et glorifiant Dieu, — forts dans la grâce qui est dans le Christ Jésus (2 Tim. 2:1), — forts dans le Seigneur et dans la puissance de Sa force (Éph. 6:10). Puissions-nous avoir plus de force et de communion du Saint Esprit, pour être rendus capables de tenir ferme «dans la liberté dans laquelle Christ nous a placés» (Gal. 5:1).
Mais peut-être mon lecteur est-il étranger à ces précieuses vérités de Christ. Peut-être, par vos péchés, servez-vous Satan, sans même vous en rendre bien compte, car c’est en se complaisant à soi-même qu’on le sert — il vous laisse satisfaire les désirs de la chair et de l’esprit, pour votre plus grand plaisir ! Mais vous arrive-t-il de penser que vous devrez rendre compte de vous-même à Dieu ? Avez-vous jamais réalisé que, puisque vous êtes Sa créature, Dieu a justement le droit à toutes vos affections, vos pensées et vos forces ? N’avez-vous jamais de remords en réalisant que tout en vous n’est pas en règle ? N’avez-vous jamais des pensées de mort et de jugement qui vous terrifient ? Ne vous vient-il jamais à l’esprit que le Fils de Dieu est descendu du Ciel et que, dans Son immense amour, Il est mort pour des hommes tels que vous ? N’avez-vous pas entendu dire et redire qu’il n’y a de salut qu’en Son nom, et en aucun autre (Actes 4:12), — qu’il n’y a pas d’autre moyen d’échapper à la colère de Dieu — pas d’autre voie d’accès à la gloire ? Demeurerez-vous donc encore indifférent, aimant le péché, choisissant les ténèbres plutôt que la lumière, l’esclavage de Satan plutôt que la liberté de l’évangile ? Poursuivrez-vous votre marche implacable vers le terrible jugement du Fils de l’homme ?
Cher lecteur, faites demi-tour, nous vous en supplions !
Pourquoi choisir la mort ? L’Évangile, aujourd’hui encore, annonce la liberté aux captifs, la purification au pécheur le plus vil, le plus noir de péchés ; la justification aux plus débauchés, aux plus souillés ; l’acceptation et la faveur de Dieu aux plus rebelles ; oui, à quiconque reçoit Jésus, le Sauveur envoyé par Dieu ! Refuseriez-vous plus longtemps cette bonne nouvelle ? Votre cœur à vous demeurerait-il insensible à cet amour sans égal ? Resteriez-vous indifférent aux souffrances indicibles de Christ ? Refuseriez-vous de lever les yeux vers la Croix du Calvaire et là, dans la mort de Christ, d’y voir l’amour de Dieu pour les pécheurs ? Votre cœur, dans son orgueil, refuse-t-il encore que Jésus Christ règne sur lui ? Ou bien commencez-vous à réaliser la valeur de votre âme, et qu’il est grand temps de fuir la colère qui vient (1 Thes. 1:10) ? Veuille l’Esprit de Dieu, dans Sa grâce, graver sur votre conscience ces vérités d’importance éternelle, afin qu’en toute sincérité de cœur vous puissiez vous écrier :
Tel que je suis, sans rien à moi,
Sinon ton sang versé pour moi,
Et ta voix qui m’appelle à Toi,
Agneau de Dieu, je viens, je viens !
Tel que je suis, Ton grand amour
A tout expié sans retour.
Je puis être à Toi dès ce jour,
Agneau de Dieu, je viens, je viens !
«Et il dit : Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai» ? (Gen. 15:8)
Genèse 15
Dans l’évangile de Jean, nous lisons que : «la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ» (Jean 1:17). Mais bien que ce soit une bénédiction de voir intervenir le glorieux témoignage de la grâce divine après que l’homme eut prouvé sa totale impuissance et sa culpabilité sous la loi, nous ne devons cependant pas en déduire que l’évangile n’a pas été prêché avant la venue de Christ. Il fut prêché à Adam, après sa chute sous le pouvoir du péché et de Satan, sous forme de la promesse que la semence de la femme briserait la tête du serpent. Il fut également prêché à Abraham quatre cents ans avant la don de la loi, lorsque Dieu dit : «En toi toutes les nations seront bénies» (Gal. 3:8). Il est important de bien voir cela, et de considérer comment la grâce de Dieu a abondé envers l’homme encore pécheur, bien avant la promulgation de la loi. En fait, l’Écriture toute entière enseigne que c’est par la grâce seule que Dieu a toujours établi l’homme dans la bénédiction depuis la chute. Par conséquent, lorsque l’apôtre Paul dans le Nouveau Testament, traite du sujet de la justification, il nous ramène généralement à Abraham qui a vécu longtemps avant la loi, afin de nous montrer qu’un pécheur n’est justifié devant Dieu que par la foi. Ceci est très important, car cela enlève de nos pensées toute idée que l’obéissance à la loi puisse être le fondement de notre justification ; cela nous préserve de croire — comme tant d’autres le font — que la créature a la capacité de s’élever jusqu’au niveau requis par Dieu ; enfin, cela prépare celui qui cherche anxieusement à recevoir cette vérité porteuse de paix, selon laquelle Dieu est descendu vers l’homme alors qu’il était encore pécheur, en lui offrant un pardon immédiat et une rédemption éternelle par la mort de Son Fils bien-aimé.
Depuis longtemps a été prononcé le verdict de Dieu : «sur le principe des œuvres de loi nulle chair ne sera justifiée» (Gal. 2:16 ; Rom. 3:20). La loi exigeait de l’homme déchu et pécheur ce qu’il était incapable d’accomplir : sa propre justification devant Dieu par des œuvres. Elle prouvait donc que tous étaient coupables et tombaient sous le coup de la condamnation. La question qui se pose donc à une âme vraiment consciente de sa culpabilité est celle-ci : l’homme peut-il être considéré comme juste, par Dieu, de quelqu’autre manière, et le pécheur en avoir l’assurance ? La réponse est «oui». Dieu est descendu jusqu’à l’homme, lorsque celui-ci était un pauvre pécheur perdu. Il est descendu en Christ, lui apportant une justice parfaite et éternelle par le moyen de la foi. Comme je l’ai déjà dit, telle a toujours été la manière de faire de Dieu. Il fit des vêtements de peau et en revêtit Adam et sa femme (Gen. 3:21). Abel reçut témoignage d’être juste par la foi (Héb. 11:4). Noé devint héritier de la justice qui est par la foi, car Dieu lui dit : «Je t’ai vu juste devant moi» (Gen. 7:1 ; Héb. 11:7). «Abraham aussi crut Dieu, et cela lui fut compté à justice» (Rom. 4:3). Tous ces exemples sont autant de preuves de justification par la foi, avant que la loi ait été donnée. Mais la loi modifia-t-elle en rien ce fondement d’assurance et de confiance en Dieu ? Nullement, car David, qui a vécu sous la loi, décrit la bénédiction de celui à qui le Seigneur impute la justice sans les œuvres : «Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, et dont le péché est couvert. Bienheureux l’homme à qui l’Éternel ne compte pas l’iniquité» (Ps. 32:1-2 ; Rom. 4:7-8). Et l’apôtre Paul à la fin d’une vie de consécration sans pareille, s’écrie avec ferveur : «Que je sois trouvé en lui n’ayant pas ma justice qui est de la loi, mais celle qui est par la foi en Christ, la justice qui est de Dieu, moyennant la foi» (Phil. 3:9).
Certains demanderont peut-être : «Mais pourquoi par la foi ? La foi n’est-elle pas un acte méritoire pour la créature» ? Notre réponse est : non ! La foi n’est pas le fruit de la chair mais de l’Esprit. La foi est le don de Dieu. La foi s’oublie toujours elle-même. Elle amène un cœur brisé, vidé de lui-même, à recevoir avec joie les dons de la grâce de Dieu. La foi rend donc gloire à Dieu seul. Comme quelqu’un d’autre l’a dit : «Parce que nous croyons en Christ, nous venons à Lui pour tout, nous faisons appel à Lui pour tout, nous nous confions en Lui en tout, nous nous attendons à Lui pour tout, et mettons en Lui notre espérance pour qu’Il fasse tout, et c’est à Lui que nous attribuons la gloire pour tout».
Mais revenons à notre chapitre. Nous lisons qu’«Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice» (Gen. 15:6), si bien que maintenant, tout pécheur qui a le cœur brisé et croit au salut par le Seigneur Jésus Christ est justifié devant Dieu. Il peut connaître des périodes de conflit et de tentation, mais il est justifié. «De tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui» (Act. 13:39), justifié par le sang de Christ. Par Sa mort, Christ a ôté ses péchés, afin qu’il puisse être fait justice de Dieu en Lui. C’est pourquoi il nous est dit en outre que «Christ est la fin de la loi pour justice à tout croyant» (Rom. 10:4). Quelle bénédiction ! Telle est la véritable grâce de Dieu dans laquelle nous nous trouvons, et le fait de recevoir cette glorieuse vérité dans le cœur est le sûr fondement d’une assurance sans faille et permanente, car elle a sa source dans la grâce souveraine de Dieu. Elle se manifeste dans l’œuvre parfaite de Christ, et se fonde non pas sur nous-mêmes — c’est-à-dire sur nos sentiments ou l’intelligence relative que nous en avons — mais sur la justice parfaite, l’amour et la fidélité immuables de Dieu. «L’œuvre de la justice sera la paix, et le travail de la justice, repos et sécurité à toujours» (És. 32:17).
Mais tous les croyants ne possèdent pas cette heureuse assurance, certains parce qu’ils ignorent cette vérité bénie que la justice de Dieu est à tous ceux qui croient, d’autres parce que les inconséquences de leur marche contristent l’Esprit et obscurcissent leur intelligence et leur foi. En outre, il y a différentes sortes de foi. Il est parlé de «petite foi», de «grande foi», et de «pleine assurance de foi», mais le plus faible dans la foi n’est pas moins justifié, ni moins considéré comme «juste», que le plus fort dans la foi. Nous ne sommes pas pardonnés, puis justifiés, et enfin sanctifiés, en trois étapes différentes. Non, en recevant Christ crucifié, ressuscité, plus glorifié pour notre salut, nous obtenons tout en même temps. Nous sommes lavés, justifiés, et sanctifiés par Son sang. «Toutes choses sont à vous, et vous à Christ», dit l’apôtre (1 Cor. 3:23). Le Père «nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ» (Éph. 1:3). Telle est, dès maintenant, la part du plus faible croyant en Christ. Mais nous ne jouirons personnellement de cette grâce merveilleuse que dans la mesure où, par la foi, nous demeurerons dans le Seigneur Jésus.
Il y a des croyants si faibles dans la foi, et si peu instruits dans les choses de Dieu — peut-être faute de lire quotidiennement et de méditer les Écritures avec prière — qu’ils sont tout étonnés de s’entendre dire qu’ils sont vivifiés et justifiés en Christ ! Tout en croyant en Christ pour ce qui est du pardon des péchés, ils ne vont pas jusqu’à croire la glorieuse réalité que «le christ Jésus nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption» (1 Cor. 1:30). Mais ceux-là y perdent beaucoup en joie, ainsi qu’en force dans le service et pour faire face à leurs conflits. Ils sont souvent remplis de pensées sombres et angoissées ; ils doutent, craignent et broient du noir à propos d’eux-mêmes et de leurs circonstances, au lieu de détacher leurs regards de tout ce qui n’est pas Christ assis à la droite de Dieu, et de croire à la parole infaillible de Dieu qui leur assure plénitude et sécurité absolues dans le Sauveur glorifié des pécheurs. Ils ressemblent, en quelque sorte, à ce que fut Abram avant nous, dans l’Écriture ; car bien que Dieu lui eût dit qu’Il l’avait fait sortir de Ur de Chaldée pour lui donner le pays en héritage, il semble avoir douté de ce que Dieu voulait réellement dire en faisant cette promesse, et s’être demandé s’Il tiendrait Sa parole et accomplirait vraiment Sa promesse. Abram était juste quant à la foi, et pourtant il doutait et se méfiait, comme beaucoup d’hommes aujourd’hui. Dieu lui avait dit qu’Il l’avait fait sortir d’Ur pour lui donner le pays, ce qui aurait dû suffire à le remplir d’assurance et de confiance, mais il n’en fut pas ainsi. Voilà pourquoi Abram demanda : «Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai» ? (Gen. 15:8).
Cela nous amène plus particulièrement à réfléchir au sujet de l’assurance. Et d’abord qu’est-ce que l’assurance ? S’agit-il d’une spiritualité exceptionnelle ? Ou est-ce également la part de celui qui vient de naître en Christ et croit simplement Dieu sur parole ? Nous répondons que c’est simplement se reposer, en tant que pécheur, sur la promesse de Dieu en Christ, ce dont jouissent beaucoup de ceux qui viennent seulement de naître en Christ. Dieu a donné Sa parole de vérité ; Il nous a montré Son œuvre en Christ et s’est révélé comme le Dieu fidèle qui ne change pas. Il nous dit qu’Il «a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16). Cela devrait suffire, mais hélas ce n’est pas souvent le cas ! C’est terrible de douter de la parole de Dieu, et c’est malheureusement la raison principale pour laquelle beaucoup de croyants ne jouissent pas d’une pleine assurance de foi. Abram ne faisait pas confiance à Dieu, à propos du pays, lorsqu’il dit : «à quoi connaîtrai-je que je le posséderai» ? Que répondit Dieu ? Lui dit-Il que cela dépendait de ses expériences, de ses devoirs ou de ses sentiments ? Non. Il lui apprit que le chemin de la bénédiction, pour l’homme déchu, passe uniquement par le sacrifice, que les bénédictions éternelles de Dieu nous sont assurées par le sacrifice. C’est pourquoi Dieu envoya Abram offrir un sacrifice, pour qu’il comprît ce qu’était l’assurance : «Prends une génisse de trois ans, et une chèvre de trois ans, et un bélier de trois ans, et une tourterelle, et un jeune pigeon» (v. 9). C’est là, devant le sacrifice, qu’Abram devait apprendre à connaître le caractère et les pensées de Dieu, d’après lesquelles il pouvait avoir l’assurance d’hériter le pays.
Il me semble, d’après le cas que nous considérons, qu’il y a deux choses indispensables à quiconque veut jouir d’une telle assurance : 1°) le renoncement à soi-même — 2°) une juste intelligence des pensées de Dieu à l’égard de Christ. Considérons un peu chacune d’elles.
Il est étonnant de voir à quel point la notion de propre justice est inhérente à notre nature humaine ! En effet, il nous est généralement très dur d’être de ceux qui ne font pas «confiance à la chair» (Phil. 3:3), qui croient que «toutes nos justices sont devenues comme un vêtement souillé» (És. 64:6), que dans notre chair n’habite point de bien (Rom. 7:18) et que notre piété, aussi grande soit-elle, n’ajoute rien à l’infaillibilité de la promesse de Dieu en Christ ! Ce sont pourtant des choses que l’Esprit de Dieu nous enseigne. Il convainc de péché et rend témoignage de Christ (Jean 16:8 ; 15:28), et il faut que soit accomplie cette déclaration de Dieu : «en sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu» (1 Cor. 1:29). C’est souvent une expérience très humiliante d’apprendre, par l’Esprit Lui-même, que le fait d’être né de nouveau n’améliore nullement la chair, que le croyant possède deux natures, qu’il n’y a rien de commun entre «la chair» et «l’Esprit», que la chair reste toujours la même si ce n’est qu’elle est dominée par l’Esprit. «Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit» (Jean 3:6). Tandis qu’Abraham se tenait devant le sacrifice, «une frayeur, une grande obscurité» tomba sur lui : cela ne nous fait-il pas comprendre que Dieu Lui-même lui donnait une leçon humiliante d’horreur de lui-même et de sa propre indignité, afin de mieux le convaincre du fait qu’il ne pouvait hériter du pays qu’en vertu de la grâce gratuite de Dieu ? Lorsque le Saint Esprit nous révèle notre histoire devant Dieu, nous dévoilant le véritable caractère des pensées et des intentions de nos cœurs, l’iniquité des choses que nous estimons les plus saintes, l’orgueil caché derrière nos actes les plus humbles, l’amour de soi et l’incrédulité mêlée à nos heures les plus pieuses, — n’éprouvons-nous pas, nous aussi une «grande frayeur» dans cette obscurité ? Tout comme Abraham, nous avons souvent besoin de leçons d’humiliation, afin de pouvoir nous appuyer entièrement sur Dieu, et de n’attendre rien de bon si ce n’est d’une source entièrement extérieure à nous-mêmes. Et où apprendrons-nous ces leçons mieux que dans la présence de Dieu, dans la contemplation d’une part de ce qu’Il a fait pour nous et d’autre part de ce qu’Il a fait de nous en Christ ? Tant que nous nous permettrons de croire que la créature a quelque mérite ou se suffit à elle-même, notre âme sera tourmentée par des doutes et des craintes, parce que nous regarderons à nous-même au lieu de ne regarder qu’à Dieu en Christ. Ou si des pensées liées à nos réalisations se mélangent à notre position devant Dieu, nous nous éloignerons progressivement de la grâce jusqu’à nous placer sous la loi et à manquer d’assurance. Ou encore, si nous nous fixons comme preuve de notre position un certain niveau d’expérience et de marche à atteindre, — tant que nous serons à la hauteur de ce niveau imaginaire, nous nous complairons à nous-mêmes ; et quand nous serons en-deça de ce niveau, toutes ces preuves imaginaires s’écrouleront, laissant place à la tristesse, à la crainte, voire même au désespoir. Il faut que nous ayons le sentiment de notre ruine totale, et de l’abjection de la chair, pour ne regarder qu’à Dieu, par Christ, avec calme et assurance.
Voici une anecdote qui illustre fort bien cette pensée :
Un Indien et un Blanc furent tous les deux convaincus de péché par le même sermon. L’Indien fut vite amené à se réjouir dans cette grâce qui accorde le pardon, mais l’homme blanc demeura longtemps tourmenté dans son esprit, et même, par moments, au bord du désespoir. Cependant, lui aussi finit par faire l’expérience de l’amour qui pardonne. Quelque temps après, il rencontra son frère indien et lui dit : «Comment se fait-il que je sois resté si longtemps courbé sous le poids du péché, alors que tu en as été si promptement délivré ? — Oh ! mon frère, répondit l’Indien, moi te dire : Un grand prince arrive. Il veut donner à toi manteau neuf. Toi regarder ton manteau et dire : «moi pas comprendre, mon manteau très bon. Je crois que ça peut faire encore». Il offre aussi un manteau neuf à moi. Je regarde ma vieille couverture et je dis : «c’est bon à rien, je la jette et j’accepte le manteau neuf. Toi, mon frère, tu gardes ta justice à toi un peu de temps, tu veux pas y renoncer, mais moi, pauvre Indien, j’en avais pas, alors je suis content tout de suite qu’on m’en donne, et c’est le Seigneur Jésus Christ» !
Que personne ne suppose que l’on puisse jouir d’une pleine assurance de foi si l’on néglige de contempler Christ et Sa croix ! Les Écritures, de même que le Saint Esprit, rendent témoignage de Lui. Nous savons que nous avons les arrhes de l’Esprit, parce que nous ne comptons que sur le Seigneur Jésus Christ pour être agréés par Dieu, et c’est à la Personne et à l’œuvre de Christ que l’Esprit nous conduit continuellement. Les victimes qu’Abram avait reçu l’ordre de prendre pour Dieu étaient jeunes, symboles de la perfection de «l’Agneau sans défaut». Les oiseaux de proie descendirent sur ces bêtes mortes, mais Abram les écarta, parce que c’était un sacrifice de Dieu, et devait être honoré. Abram en partagea certaines par le milieu et mit leurs moitiés en vis-à vis. Il restait là, devant le sacrifice, prêt à recevoir l’instruction divine ; puis quand «une frayeur, une grande obscurité tomba sur lui», et que tout espoir terrestre et toute confiance l’eurent abandonné, «voici une fournaise fumante, et un brandon de feu passa entre les pièces des animaux» (Gen. 15:17) — la fournaise fumante, pour lui apprendre que le courroux divin pouvait consumer la seule victime et que le fleuve de l’éternel amour pouvait couler librement jusqu’au pécheur qui croit, — et le brandon de feu pour lui montrer que la lumière divine avait sondé la victime et justement estimé sa valeur.
Il nous est dit ensuite que «l’Éternel fit une alliance avec Abram, disant : Je donne ce pays à ta semence» (Gen. 15:18), et nous ne voyons pas que le patriarche ait eu d’autre question à poser à ce sujet. La corde triple de son assurance et de sa confiance était formée de la promesse de Dieu, de l’œuvre rédemptrice de Dieu, et de la fidélité de Dieu. Tel est certainement le secret de notre assurance à nous aussi. Elle n’est pas fondée sur ce que nous sommes, mais sur ce que Dieu est. Nous apprenons l’intérêt personnel que nous avons dans Ses bénédictions éternelles, en nous laissant conduire par Son Esprit à renoncer à nous-mêmes, et à ne considérer que l’unique sacrifice pour le péché, seul fondement de notre acceptation auprès de Dieu.
Considérons maintenant les applications de ces vérités.
Cher lecteur chrétien, toutes les fois que votre âme est assaillie par le doute et la crainte, fixez immédiatement vos regards sur Jésus — «l’Agneau comme immolé, qui se tient maintenant au milieu du trône» (Apoc. 5:6). Prenez garde à ne pas chercher la justice en vous-même, car Christ dans la gloire, c’est Lui votre justice (Rom. 10:4). Prenez garde à ne pas considérer l’œuvre de l’Esprit en vous-même comme le fondement de votre justification, car c’est par le sang de Christ que nous sommes justifiés. Prenez garde à ne pas vous comparer à d’autres comme preuve de votre acceptation, car Christ seul est le chemin qui mène au Père. Prenez garde à ne pas regarder à vos états d’âme ou à vos expériences comme à des preuves, car nous changeons souvent, et nos cœurs sont extrêmement trompeurs, mais l’amour de Christ, lui, ne change pas. Oh ! comme Abram, contemplez le sacrifice de Dieu ! Contemplez la perfection, la pureté, la beauté et la valeur éternelles de Jésus, Sa plénitude, Son amour, Son service ! Considérez Ses voies, Ses paroles, Ses souffrances physiques et morales, Son sang versé et Sa mort ! Voyez le Saint de Dieu fait péché pour nous, et permettez au «brandon de feu», à la lumière de la vérité divine, d’illuminer la scène ! Prêtez l’oreille au témoignage de Dieu ! Écoutez Son jugement à Lui sur la valeur de la Croix ! Voyez le péché ôté, et la justice introduite ! Ouvrez votre cœur au témoignage de Dieu selon lequel le sang de Jésus Christ, Son Fils, nous purifie (oui, nous !) de tout péché : nous sommes «justifiés gratuitement par sa grâce» (Rom. 3:24), «agréables dans le bien-aimé» (Éph. 1:6). Contemplez-Le portant vos iniquités, vos transgressions et vos péchés ; votre vieil homme a été crucifié avec Lui, et le courroux de Dieu a passé sur Lui afin que vous soyez justifié. Alors le dégoût de vous-même viendra remplacer votre sentiment de propre justice, l’humiliation remplacer la confiance en soi ; l’assurance bannira le doute, et la louange et les actions de grâce s’élèveront vers le Père des miséricordes au nom de notre Seigneur Jésus Christ.
Peut-être mon lecteur a-t-il rechuté ? peut-être a-t-il perdu l’assurance de son intérêt en Christ ? Vous avez été jadis heureux dans le Seigneur, heureux avec les Siens. Vous vous entreteniez ensemble de ces choses, y trouvant paix et bonheur. Puis vous vous êtes laissé aller, négligeant la prière personnelle et la lecture quotidienne de la Parole. Petit à petit vous avez renoncé à vous réunir publiquement ou en privé avec les enfants de Dieu. Vous êtes devenus un intime avec ceux du monde, jusqu’à marcher finalement avec eux. Vous vous êtes laissé aller au péché. Troublée dans un premier temps, votre conscience s’est progressivement endurcie. Mais cela ne vous a pas rendu heureux. Vous aviez perdu votre assurance et votre confiance en Dieu ! «Misérable homme que je suis» ! vous écriez-vous parfois (Rom. 7:24). Soyez sûr, cher ami, que Jésus vous aime toujours, même si votre conduite l’a tant attristé !
Revenez donc à Lui sans plus attendre ; reconnaissez votre iniquité ; confessez vos péchés ; dîtes-Lui toutes vos tristes expériences, et Il vous restaurera. Il vous pardonnera et vous guérira de toutes vos rechutes, et Il vous aimera sans réserve. «Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité» (1 Jean 1:9)
Mais peut-être que mon lecteur ne fait pas confiance à Christ en ce qui concerne le salut ? Vous avez entendu l’évangile, mais vous ne croyez pas. S’il en est ainsi, l’Écriture ne vous donne pas l’assurance du salut, mais celle d’une condamnation éternelle : «Celui qui ne croit pas est déjà jugé» (Jean 3:18). Dieu l’a déclaré, et il en sera ainsi, car Dieu ne peut se renier Lui-même. Sa parole s’accomplira certainement. Si vous refusez la grâce, vous aurez le jugement. Si vous désobéissez à Dieu, Il vous punira certainement. Si vous rejetez Son salut, une destruction éternelle sera votre part. Ah ! malheureux ! Ce monde est votre paradis, cette vie est ce que vous avez de meilleur, mais à la fin de votre carrière terrestre, vous direz : «La moisson est passée, l’été est fini, et je ne suis pas sauvé» ! (Jér. 8:20). Pas sauvé… ! Comment les anges ne s’étonneraient-ils pas de ce que les hommes rejettent un si grand salut ? Quant à vous, cher lecteur, soyez certain que vous êtes sur la route large qui mène à la destruction ! Chaque jour, vous êtes un peu plus près de l’abîme de tourments ; à chaque heure le péché perd pour vous de son attrait, et à chaque instant vous vous rapprochez de votre condamnation éternelle ! Cela n’est-il pas vrai ? Cela fait-il le moindre doute, si vous restez sans Christ ? Sa parole n’est-elle pas absolument certaine ? N’a-t-Il pas dit «Si vous ne vous repentez, vous périrez tous de la même marnière» (Luc 13:3) et «si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean 3:3), et encore «si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes» (Jean 6:53) ?
«Et l’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et mets-le sur une perche ; et il arrivera que quiconque sera mordu, et le regardera, vivra. Et Moïse fit un serpent d’airain, et le mit sur une perche ; et il arrivait que, lorsqu’un serpent avait mordu un homme, et qu’il regardait le serpent d’airain, il vivait» (Nomb. 21:8-9)
Le seul moyen d’être sauvé nous est exposé très clairement dans divers passages de l’Ancien Testament. Considérons-en quelques-uns. Il nous est dit qu’Abel reçut témoignage d’être juste, parce qu’il s’était présenté devant Dieu avec un agneau pour sacrifice, tandis que Caïn fut rejeté, malgré tous ses efforts pour apporter du fruit de son propre labeur. Noé et sa famille furent sauvés pour avoir été dans l’arche que Dieu avait commandé de construire, tandis que tous ceux hors de l’arche périrent. Les gendres de Lot, qui se moquaient, moururent sous le feu du jugement de Dieu sur Sodome, parce qu’ils demeurèrent dans la ville dont Dieu avait annoncé la destruction, refusant d’en sortir pour avoir la vie sauve. Les Israélites, en Égypte, furent sauvés de la vengeance de l’ange destructeur parce qu’ils s’abritèrent sous le sang de l’agneau, l’unique remède prescrit par Dieu. L’homicide échappait à la peine de mort en s’enfuyant dans la ville de refuge. Le lépreux, aux plaies repoussantes, était immédiatement purifié par l’aspersion de sang. Rahab fut sauvée, lors de la destruction de Jéricho, grâce au cordon de fil écarlate à sa fenêtre. Le serpent d’airain sur une perche est un autre exemple de la simplicité du salut éternel que Dieu a préparé en faveur de l’homme pécheur.
Beaucoup d’âmes sincères n’ont pas la paix avec Dieu, parce qu’elles ne discernent pas la simplicité de l’évangile. Elles ne règlent pas leurs pensées selon la parole écrite de Dieu comme seul critère de vérité, pas plus qu’elles ne considèrent le Saint Esprit comme le seul Maître et Révélateur des choses de Christ. Il en résulte une incertitude complète dans leurs pensées, et un manque de véritable repos dans leur esprit troublé. Si la conscience n’est pas parfaitement convaincue de la ruine totale et de l’iniquité de l’homme naturel, elle n’est pas prête à recevoir le parfait témoignage de la grâce infinie de Dieu. Et si l’esprit n’est pas libéré des opinions humaines, il ne percevra pas la simplicité merveilleuse de l’évangile de Dieu ! Voilà pourquoi tant d’âmes sincères, qui ont été vivifiées par le Saint Esprit, continuent à douter et à craindre presque toute leur vie ! Elles regardent en elles-mêmes dans l’espoir d’y trouver certains sentiments, certaines réussites, preuves, ou autres choses semblables, au lieu de ne regarder qu’à Christ. Et si elles regardent quand même à Lui, elles pensent que quelque chose d’autre est nécessaire, au lieu de recevoir simplement ce que Dieu dit dans Sa Parole au sujet de l’œuvre parfaite accomplie par Son Fils bien-aimé, et de la sûreté et de la sécurité de ceux qui viennent à Dieu par Lui. Qu’aucun pécheur, accablé dans son âme, ne pense trouver la paix avec Dieu si ce n’est en regardant à Christ crucifié et ressuscité, et en croyant ce que Dieu dit de la valeur de Son œuvre accomplie sur la croix.
L’histoire du serpent d’airain a pour but, par l’enseignement du Saint Esprit, d’apporter la paix aux âmes anxieuses, car elle illustre fort simplement les voies de Dieu en grâce envers les hommes, les pécheurs perdus. C’est ce que notre Seigneur bien-aimé expliqua à Nicodème (Jean 3), si bien que nous n’avons pas seulement le récit inspiré sur le serpent d’airain, mais nous en avons aussi le commentaire divin qui nous enseigne l’unique moyen d’obtenir le salut éternel. Le témoignage de Moïse, inspiré par l’Esprit, dans l’Ancien Testament, et l’explication qu’en donne Christ Lui-même dans le Nouveau Testament, confèrent à ce sujet une grande importance et un profond intérêt. Lorsqu’il éleva le serpent d’airain afin que tout Israélite mourant pût le regarder et vivre, le législateur — Moïse — ne réalisait peut-être que bien peu, qu’il était en train de préfigurer cet événement sans pareil où Christ, dans Son amour infini, allait être de Son plein gré élevé sur la croix pour le salut des pécheurs perdus. Il en était pourtant bien ainsi, car le Seigneur Lui-même l’attesta par ces paroles touchantes : «Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:14-15).
Trois points, dans ce récit, méritent d’être considérés avec le plus grand sérieux : 1) l’état du peuple, 2) le remède fourni par Dieu, 3) les effets de ce remède.
Le peuple avait péché. Ils avaient murmuré contre Dieu, attirant ainsi justement sur eux-mêmes Son jugement et Sa colère. Ils étaient donc sous une sentence de mort, car le péché et la mort sont indissociables. Le salaire du péché a toujours été, et sera toujours, la mort (Rom. 6:23). Beaucoup d’Israélites étaient déjà morts sous l’influence mortelle de la morsure du serpent, et beaucoup d’autres étaient en train de mourir. Rien n’était donc plus désespéré que leur état ; ils pouvaient ne pas le croire, mais c’était pourtant la réalité. Peut-être avaient-ils essayé des remèdes humains, car l’homme tente toujours de soulager sa détresse du moment, mais on peut être sûr que tous avaient échoué. Cela leur faisait éprouver que la morsure du serpent dépassait ce qu’ils pouvaient eux-mêmes guérir. C’est pourquoi ils demandèrent à Moïse que les serpents soient retirés, mais telle n’était pas la manière dont Dieu voulait répondre à leur besoin.
Les fils d’Israël avaient donc péché. Ils étaient mortellement blessés, sans aucun pouvoir d’y remédier, et sans aucun espoir humain de délivrance.
Telle est aussi la véritable condition de l’homme devant Dieu aujourd’hui. Ces Israélites mourants, victimes des serpents, sont une image touchante de milliers, oui de millions d’hommes qui nous entourent aujourd’hui. L’homme a péché. Il est triplement pécheur : 1) il l’est par naissance, comme descendant de parents déchus ; 2) il l’est par ses actes, ayant effectivement transgressé les saints commandements de Dieu ; 3) il l’est dans son cœur, car le péché habite en lui, si bien qu’il est foncièrement et désespérément mauvais. Outre tout cela, la plupart des gens y ajoutent le péché majeur de ne pas croire au Fils unique de Dieu, de ne pas recevoir ce Sauveur que Dieu a envoyé ! Le Saint Esprit est venu pour convaincre les hommes de péché, pour leur montrer qu’ils sont morts dans leurs fautes et leurs péchés, promis à une mort et à une condamnation éternelles. Sans aucun doute, rien n’est plus désespéré que la condition de l’homme sous le pouvoir du péché et de la mort. Rien n’est plus désespéré, car, malgré tout ce qu’il a inventé pour améliorer son sort, il n’a encore trouvé aucun remède contre la mort. Avec diligence, il s’efforce d’élaguer les branches infâmes qui s’étalent trop visiblement, mais la souche demeure celle d’un arbre corrompu. L’homme ne peut inventer de remède contre la mort. Il essaye d’adoucir l’oreiller du mourant par des larmes de sympathie, ou des soins palliatifs ; peut-être cherche-t-il à embellir le cadavre avec des ornements somptueux et des aromates odorants. Il peut aussi organiser une cérémonie fastueuse au bord de la tombe, décorer richement le sépulcre, mais il ne peut guérir la morsure du serpent, il ne peut vaincre la mort. La mort est là tout autour de lui, et se sent lui-même mourir. Il est sans force et sans espérance dans le monde (Rom. 5:6 ; Éph. 2:12).
Les hommes ne réalisent guère tout ce qu’implique cette confession : «Nous sommes pécheurs» ! Elle signifie vraiment que la mort est à l’œuvre en nous parce que nous avons péché — nous sommes morts dans nos fautes et nos péchés (Éph. 2:1), en route vers une mort éternelle. Tel est le véritable sens de cette expression banale : «je sais que je suis un pécheur». Oh ! Que le Saint Esprit veuille déchirer le voile d’ignorance et d’incrédulité qui obscurcit l’esprit humain, et convaincre ainsi des multitudes dans le monde entier pour qu’elles puissent s’écrier, comme le prophète d’autrefois : «Malheur à moi, car je suis perdu» (És. 6:5).
Notre condition est donc naturellement semblable à celle des Israélites mordus par les serpents. Ils avaient péché : nous aussi. Ils étaient coupables devant Dieu : nous aussi. Ils étaient condamnés justement : nous aussi. Ils mourraient à cause de leur péché : nous aussi. Ils étaient incapables de se sauver eux-mêmes : nous non plus. Ils n’avaient pas plus que nous-mêmes le moindre espoir, jusqu’au moment où Dieu, dans Sa grâce infinie et gratuite, leur fournit un remède que nous allons maintenant considérer.
Pourquoi ce remède divin ? Le peuple le méritait-il ? Non, car ils avaient péché et méritaient la juste indignation de Dieu. Mais leurs besoins et leur état désespéré éveillèrent la compassion et la miséricorde de Dieu, et Il apporta la vie et le salut à ceux qui étaient mourants et dans le besoin. Le peuple ne pensait qu’à chasser les serpents, à voir quelque amélioration de sa condition présente. Mais les pensées d’amour et de compassion de Dieu sont bien plus élevées que cela ! Il veut donner la vie aux âmes qui périssent, c’est-à-dire abolir la mort. C’est pourquoi il offrit un remède tel qu’il suffisait à quiconque de le regarder pour vivre ! C’est là un remède digne du Dieu de résurrection. Jamais le cœur de l’homme n’avait pu en concevoir d’aussi parfait, d’aussi approprié, d’aussi glorieux et riche en grâce : «L’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et mets-le sur une perche ; et il arrivera que quiconque sera mordu, et le regardera, vivra». Le remède était simple et la guérison immédiate. Il n’était pas question pour eux de faire des œuvres, de faire des expériences ou de donner des preuves ; il s’agissait de regarder et de vivre ! Il leur était ordonné de regarder en dehors d’eux-mêmes, droit vers l’objet placé devant eux, et même s’ils étaient à l’article de la mort, ils vivaient aussitôt ! Ceux qui souffraient de la blessure mortelle infligée par le serpent brûlant, n’avaient qu’à regarder le serpent d’airain sur la perche pour passer de la mort à la vie !
Il n’y avait qu’un remède, il n’y en avait pas d’autre. Il était élevé entre terre et ciel. Dieu seul y avait pourvu. Il suffisait d’un regard pour en bénéficier. La guérison était parfaite et instantanée. Il n’y avait rien à ajouter. Ce remède était gratuit. Tout homme qui avait été mordu pouvait se le procurer «sans argent et sans prix» (És. 55:1). Personne ne l’essayait en vain. Mais ceux qui le dédaignaient mouraient.
Tel est le remède divin pour les âmes mourantes aujourd’hui. C’est Jésus, et Jésus seul. Il a été élevé entre la terre et le ciel. Il est mort pour des pécheurs — pour ceux qui sont morts dans leurs fautes et dans leurs péchés. Dieu seul a pourvu entièrement à ce remède unique. Dans Sa compassion et Sa grâce gratuite, Il a envoyé le Sauveur, car «Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous» (Rom. 5:8). Le fléau de nos cœurs, c’est le péché ; or, en Jésus crucifié, nous voyons le péché condamné, éloigné de nous à jamais, car c’est à la croix que «Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui» (2 Cor. 5:21). C’est sur la croix que Christ a été élevé pour nous amener à Dieu (1 Pierre 3:18).
C’est aussi par un simple regard que l’on réalise les bienfaits du salut de Dieu. «Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés» (És. 45:22) ; «Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde» (Jean 1:29) ; «Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé» (Actes 16:31) ; «Quiconque croit, est justifié par lui» (Actes 13:39) ; Jésus a dit : «Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» (Jean 6:37).
Le salut est gratuit pour tous ceux qui le désirent. «Celui qui croit en moi a la vie éternelle» (Jean 6:47) ; «Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé» (Jean 10:9) ; «Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos» (Matt. 11:28) ; «Que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie» (Apoc. 22:17).
La guérison que Dieu accorde est immédiate et parfaite : «Celui qui croit en moi a la vie éternelle» (Jean 6:47). Celui qui croit est justifié par Son sang ; il ne viendra pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie (Rom. 5:29 et Jean 5:24), «car par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés» (Héb. 10:14). Il nous a acquis une rédemption éternelle (Héb. 9:12).
Les Israélites qui regardaient au serpent d’airain, ne recevaient qu’une vie temporelle, tandis qu’en regardant au Seigneur Jésus, nous avons la vie éternelle. Telle est la grâce de l’évangile, comme notre Seigneur l’a déclaré : «Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:14).
Ce ne sont donc pas les ordonnances, les obligations, le renoncement à soi-même, un zèle tout extérieur, quelque convenables que soient ces choses chacune à leur place, qui répondent au besoin du pécheur, mais seulement Christ, et Christ crucifié. Lui seul a triomphé de la mort. Lui seul est la vie, la vérité, et le chemin qui mène au Père (Jean 14:6). Il est le seul Médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tim. 2:5). Seul, Son sang purifie de tout péché et de toute impureté. Seule, Sa mort a satisfait la justice divine. C’est sur Jésus, sur la croix, que s’est déversé le courroux ardent de Dieu, et que Sa sainteté et Sa vérité infinies ont triomphé. C’est la mort de Jésus sur la croix qui a manifesté pleinement l’impiété de l’homme, et a révélé pleinement la grâce infinie de Dieu. Nulle part ailleurs que sur la croix n’apparaît aussi bien l’horreur du péché, et nulle part ailleurs le péché n’est à la fois condamné et ôté. Sans la mort de la croix, Jésus a enseigné qu’il n’y avait point de salut, et c’est à la croix seule qu’Il renvoya Nicodème pour y trouver la vie éternelle. Les apôtres ont prêché «Christ crucifié» (1 Cor. 2:2). Paul lui-même a dit : «Qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde» (Gal. 6:14).
Les paroles de Jésus Lui-même, les récits de l’Ancien comme du Nouveau Testament, le témoignage des prophètes et des apôtres, tout concourt à diriger l’âme victime du serpent — c’est-à-dire malade du péché — vers le Seigneur Jésus qui a été crucifié, et vers Lui seul, pour obtenir la vie éternelle. Oui, bénis ceux qui, par la foi en Lui, échappent à la mort éternelle si pleinement méritée pour recevoir une vie éternelle totalement imméritée, mais gratuite. «Qui croit au Fils a la vie éternelle, mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui» (Jean 3:36)
«Il arrivait que, lorsqu’un serpent avait mordu un homme, et qu’il regardait le serpent d’airain, il vivait». Son cœur désespéré, languissant, se ranimait. Dès qu’il prenait conscience de revivre, la crainte de la mort le quittait, et la paix prenait possession de son âme. Force et santé lui étaient rendues pour servir et combattre. Il triomphait des ennemis du Seigneur et poursuivait sa route vers la terre promise. Bien plus, ayant éprouvé lui-même l’efficacité d’un simple regard au serpent d’airain, il était certainement fort désireux que d’autres, qui périssaient autour de lui, jouissent de la même bénédiction.
Si nous nous appliquons à nous-mêmes cette leçon, à la lumière de ce que notre Seigneur nous en dit, il est clair que quiconque croit au Seigneur Jésus, élevé sur la croix, a la vie éternelle. Une vie nouvelle est en lui. Il est une nouvelle création. Il est né de nouveau. C’est un fait que, par la foi dans le Seigneur Jésus Christ, nous avons la vie. «Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie» (1 Jean 5:12). Il ne s’agit pas seulement d’un changement d’opinions, mais de vie, la vie éternelle que celui qui croit en Christ reçoit.
La jouissance présente de la vie éternelle va de pair avec un changement remarquable, tout autant dans nos expériences que dans notre manière d’agir. La conversion est véritablement un passage de la mort à la vie. Ceux qui précédemment s’enorgueillissaient de leurs vertus, se considèrent désormais comme vils et sans valeur. Et ce cher Sauveur qu’ils avaient si longtemps méprisé et rejeté, devient incomparablement précieux et cher à leur cœur. Ce Dieu, jadis si redouté, ils l’adorent comme le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation (2 Cor. 1:3) ! Ils honorent Sa parole et Ses voies, et les Siens, jadis méprisés sinon persécutés, sont maintenant de bien-aimés objets d’intérêt et d’affection. Tels sont quelques-uns des effets de la vie divine dans une âme. Mais tous ceux qui ont la vie n’ont pas la paix. Ils ont la vie éternelle, mais sans le savoir. Ils sont si accablés par le sentiment de leur propre méchant cœur et de leurs mauvaises actions qu’ils sont incapables de croire que de telles personnes puissent avoir la vie éternelle ! Ils regardent cependant à Christ, auquel ils ne peuvent renoncer. Ils sont loin de penser que cette expérience humiliante, par laquelle ils passent, vient du fait qu’ils ont la vie. De telles âmes sont nombreuses aujourd’hui, comme au temps des apôtres. C’est pourquoi Jean a dit : «Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle vous qui croyez au nom du Fils de Dieu» (1 Jean 5:13), leur assurant aussi qu’ils pouvaient être certains d’êtres passés de la mort à la vie, parce qu’ils aimaient les frères (1 Jean 3:14).
Nous avons vu que lorsque l’Israélite qui avait regardé le serpent d’airain se savait guéri, la crainte de la mort le quittait et son esprit retrouvait la paix. De même, aujourd’hui, lorsque le croyant sait qu’il est pardonné, justifié, et accepté, pour avoir simplement regardé dans la gloire Jésus autrefois crucifié, la paix inonde son cœur. Nous avons «joie et paix en croyant» (Rom. 15:13) ; «ayant été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ» (Rom. 5:1).
La crainte de la mort disparaît lorsque l’âme regarde seulement et simplement au Seigneur Jésus, et qu’elle croit qu’Il est mort à sa place et qu’Il a souffert pour ses péchés sur la croix. Le croyant sait ainsi que, quoi qu’il arrive, sa vie est cachée avec Christ en Dieu (Col. 1:3), et que même s’il doit s’endormir en Jésus (1 Thes. 4:14), il ne verra cependant jamais la mort. Cela remplit le cœur languissant de consolation et de paix, aussi bien que de force pour servir Dieu et fournir la course jusqu’au ciel !
Oui, quelle bénédiction d’obtenir la vie éternelle en regardant simplement au Seigneur qui fut élevé sur la croix ! Du fait que nous avons la vie, nous agissons plus ou moins selon la pensée de Dieu. Nous apprenons que notre chair ne vaut rien, et nous nous réfugions en Christ notre justice. Nous savons que la chair a été condamnée et crucifiée, mais aussi que Christ est notre vie. Nous faisons l’expérience de l’infirmité et de la faiblesse, tout en sachant que Christ est notre force. Nous gémissons d’être parfois enclins à la folie et à l’erreur, mais nous savons que Christ est notre sagesse. Nous sommes douloureusement conscients d’être des pécheurs, tout en ayant l’assurance que Christ est notre Avocat auprès du Père. Nous sommes parfois tentés par Satan d’avoir cette pensée d’incrédulité, qu’un jour nous périrons, mais quel réconfort que cette promesse de notre Sauveur Tout-puissant : «Mes brebis… ne périront jamais» (Jean 10:27-28). ! Et lorsque nous sommes sur le point d’être accablés par «combats au dehors et craintes au-dedans» (2 Cor. 7:5), nous nous appuyons sur Celui «qui peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui» (Héb. 7:25). Christ est donc tout pour le chrétien, et bien que celui-ci, lorsqu’il regarde à lui-même, s’écrie parfois «Misérable homme que je suis» ! (Rom. 7:24), il peut aussi, lorsqu’il regarde au Sauveur qui fut crucifié, dire : «L’Éternel est ma lumière et mon salut» (Ps. 27:1)
Amis chrétiens ! Nous avons la vie ― la vie spirituelle, la vie éternelle ! Marchons et agissons donc dans l’Esprit ! Montrons que nous appartenons à Jésus, que nous sommes morts avec Lui en ce qui concerne la chair et que nous avons la vie en un Sauveur ressuscité et glorifié. Nous devons demeurer en Christ, vivre de Christ, nous nourrir et apprendre de Christ, si nous voulons marcher comme Christ. Il faut nourrir cette vie nouvelle, faire usage de notre énergie spirituelle et de nos affections nouvelles, si nous voulons être des serviteurs de Christ portant beaucoup de fruit. Nous n’avons pas besoin de travailler pour avoir la vie (ce dont nous serions d’ailleurs bien incapables !) puisque nous possédons celle-ci. Nous ne saurions être des chrétiens, sans avoir regardé au Fils de Dieu élevé sur la croix, et avoir ainsi reçu la vie. La parole de Christ éclaire et fortifie la nouvelle vie ; la chair et le sang de Christ la nourrissent ; la marche de la foi en est l’expression ; et le retour du Seigneur est ce que cette nouvelle vie attend.
Puisque nous avons la vie éternelle en contemplant l’Agneau de Dieu, efforçons-nous d’amener d’autres âmes à goûter les mêmes bénédictions et à en jouir. Avec quel zèle l’Israélite guéri devait courir ça et là pour amener ses amis, victimes comme lui-même, à regarder le serpent d’airain ! Avec quel empressement nous le voyons tirer le rideau de la tente de son voisin, afin que ceux qui expiraient à l’intérieur puissent lui jeter un seul regard et vivre ! Quelle réalité ce divin remède était pour eux ! N’en est-il pas de même pour nous aujourd’hui ? Oui, mes frères ! Que ce soit donc notre service fervent, sans relâche, de présenter Christ à ceux qui nous entourent !
Mais certains de mes lecteurs ne peuvent peut-être pas dire qu’ils ont la vie. Le Fils de l’homme a été élevé sur la croix pour donner la vie à ceux qui sont mortellement atteints par le péché, mais ceux-là refusent de regarder à Lui et de vivre ! Quel triste sort que le vôtre, quelle sombre perspective ! Vous méprisez l’amour de Dieu, Sa pitié, Ses compassions, en refusant Son évangile ! Vous méprisez les souffrances et la mort du Seigneur Jésus, et vous demeurez dans vos péchés, succombant chaque jour un peu plus à la morsure du serpent, et vous rapprochant du tribunal de Dieu pour y recevoir votre sentence finale et votre condamnation éternelle ! Mais certains disent peut-être : «je sais que je suis pécheur. Je suis sûr d’avoir enfreint les commandements de Dieu, et d’avoir mérité Son courroux. Mon cœur tremble devant la mort, et à la pensée du jugement. Puis-je être sauvé ? Y a-t-il quelque espoir pour moi ? Une possibilité d’obtenir la vie éternelle ? Bien sûr que oui, chère âme ! Jésus est mort pour des hommes tels que vous. Il a été cloué sur la croix pour des impies. Toute âme convaincue de péché qui se tourne vers Lui, Il la sauve : «Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé» ! (Actes 16:31).
« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus ; car la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort ; car ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair, afin que la juste exigence de la loi fût accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit. Car ceux qui sont selon la chair ont leurs pensées aux choses de la chair ; mais ceux qui sont selon l’Esprit, aux choses de l’Esprit ; car la pensée de la chair est la mort ; mais la pensée de l’Esprit, vie et paix ; — parce que la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu. Or vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui » (Rom. 8:1-9)
« Car en Lui habite toute la plénitude de la déité corporellement, et vous êtes accomplis en Lui, qui est le chef de toute principauté et autorité » (Col. 2:9-10).
Par « chrétien », j’entends quelqu’un qui est « en Christ », non pas un simple chrétien professant ― par opposition à un musulman, un idolâtre ou un Juif ― le chrétien véritable est un pécheur qui a reçu comme son Sauveur, le Seigneur Jésus Christ, l’envoyé de Dieu. Par l’expression « en Christ », je ne fais pas allusion au dessein éternel de Dieu, mais à cette réalité bénie d’être considéré par Dieu comme se tenant maintenant devant Lui, pleinement acceptés dans et comme Son Fils bien-aimé. Le dessein de Dieu, avant que le monde fût, était que tous les saints du temps présent soient « en Christ », mais, comme le dit Paul, « nous étions dans la chair » (Rom. 7:5), « nous étions par nature des enfants de colère, comme aussi les autres » (Éph. 2:3) et, à la fin de l’épître aux Romains (16:7), il parle de quelques-uns uns comme ayant été en Christ avant lui.
Quelle que soit la manière des hommes de répartir la famille humaine en classes, l’Écriture n’en mentionne que deux maintenant : ceux qui sont « en Christ » et ceux qui sont « dans la chair ». Par nature, tous sont dans la chair. Peut-être sont-ils respectueux de la morale, vertueux, aimables, bons — ou tout le contraire ! — cultivés ou illettrés, religieux à leur manière ou sans religion, mais, dans leur état naturel, ils sont loin de Dieu. « La pensée de la chair est la mort » (Rom. 8:6) et encore : « la pensée de la chair est inimitié contre Dieu » (8:7), c’est-à-dire totalement insoumise et dressée contre Dieu. Bien pis, elle est déréglée, refusant d’obéir à Dieu : « elle ne se soumet pas à la loi de Dieu », et pis que tout, Dieu dit qu’elle est tellement mauvaise qu’elle ne peut pas être soumise : « car aussi elle ne le peut pas » (8:7). Le verdict divin, quant à la condition de tout enfant d’Adam, est donc désespérément mauvais. C’est pourquoi Dieu Lui-même ne propose pas d’améliorer l’homme dans la chair, puisqu’Il déclare que celle-ci est incapable de Lui être soumise ; mais Dieu donne la vie à l’homme. Christ dit : « Je suis venu afin qu’elles (les brebis) aient la vie » (Jean 10:10). Dieu nous crée en Jésus Christ : « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5:17). Il nous donne aussi le Saint Esprit pour nous unir à Christ dans les lieux célestes. Il est faux de dire que Dieu donne aux Siens Son Esprit pour les aider dans la chair, ou pour améliorer celle-ci. Mais ayant donné la vie éternelle à ceux qui croient au Seigneur Jésus, et ayant fait d’eux des fils, Dieu envoie dans nos cœurs l’Esprit de Son Fils par lequel « nous crions : Abba, Père » ! (Rom. 8:15). Il est de la plus haute importance, à notre époque où l’on exalte tellement l’homme, de voir que Dieu déclare que l’homme dans la chair est désespérément et irrémédiablement mauvais. Tel est le verdict divin sur notre état naturel, à nous tous qui sommes « en Adam ». Cette nature est tout entière abominable, totalement impure et non améliorable pour paraître devant Dieu. Toute l’histoire de l’homme depuis la chute, prouve que cette nature est dans le pire état possible. Les jugements, les commandements, les ordonnances, et même le ministère personnel du Christ, rien n’a pu améliorer l’homme dans la chair ; cela n’a réussi qu’à faire ressortir le mal de son cœur. Quant à la loi, il est dit positivement que « tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction » (Gal. 3:10). Il n’y avait donc qu’une seule manière dont Dieu pût régler le sort de l’homme « dans la chair » : par le jugement et la mort. C’est ce que Dieu a fait, en substituant à l’homme Son Fils unique et bien-aimé, en faveur de ceux qui croient en Son Nom. Jésus, qui n’avait pas connu le péché, a été fait péché pour nous (2 Cor. 5:21). Il nous est dit aussi, en Rom. 8:3 : « ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair ». Nous voyons ainsi que « le péché dans la chair » a été condamné par Dieu Lui-même en Christ crucifié. C’est une autre vérité, également bénie, que Christ a porté nos péchés et a souffert pour chacune de nos transgressions, en Son propre corps, sur la croix (1 Pierre 2:24). Mais ici il s’agit plutôt de notre mauvaise nature, de ce que nous étions dans la chair. N’est-ce pas là, en fin de compte, le fléau majeur de tout vrai chrétien ? Beaucoup d’âmes, qui ont goûté la réalité bénie du pardon des péchés, sont tellement troublées à cause de leurs convoitises, de leur orgueil, de leurs sentiments intimes et de leur égoïsme secrets, qu’ils en sont souvent à se demander s’ils sont réellement chrétiens. C’est donc une grande bénédiction de savoir que Dieu a résolu pour nous cette question au point de vue de Sa justice, par la mort de Jésus. « Sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec Lui » (Rom. 6:6).Voilà ce que Dieu a fait. Que nous le croyions ou non, c’est un fait accompli : Dieu a mis de côté notre vieil homme, judiciairement, par la mort de Jésus ; si bien qu’en contemplant Jésus mort sur la croix, nous comprenons que Dieu n’a pas seulement jugé en Christ les transgressions que nous avions commises contre Lui, mais aussi que notre mauvaise nature — notre « vieil homme » — est crucifiée avec Lui. Heureux ceux qui croient simplement ce que Dieu nous en dit. C’est ce que fit Paul, pour qui c’était ainsi une réalité bénie : il pouvait dire « je suis crucifié avec Christ » (Gal. 2:20), affirmant aussi comme une vérité divine que « ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises » (Gal. 5:24).
Il est bien vrai que les enfants de Dieu ressentent cette mauvaise nature, et même profondément. Mais en fait, seuls ceux qui sont enseignés de Dieu en ont le sentiment. Acceptant par la foi la pleine valeur de ce que Dieu a fait pour eux dans la mort de Son Fils, ils prêtent l’oreille à l’injonction divine : « Tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6:11). Amis bien-aimés, est-ce notre cas ? cette vérité est d’une grande importance tant pour notre paix que pour notre marche. Si l’on sent les effets du mal au-dedans de soi-même, comment être en repos devant Dieu, à moins de découvrir que Dieu a réglé cette question, judiciairement, en mettant ce mal de côté dans la mort de Christ ? Si nous sommes parfois tentés de nous écrier « Misérable homme que je suis, qui me délivrera (non pas : qui me pardonnera, mais qui me délivrera) de ce corps de mort » ? (Rom. 7:24), nous pouvons en sûreté regarder à Dieu et dire : « Tu m’as délivré de ce vieil homme par la mort de Christ », « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur » (Rom. 7:25). Le croyant est délivré de son « vieil homme » parce qu’il est mort au péché, en Jésus, son Substitut. Certes il continue à ressentir l’existence de ce « vieil homme », mais il sait que c’est un ennemi jugé et condamné. Il poursuit donc sa course, avec ces deux natures, heureux de pouvoir dire : « Ainsi donc moi-même, de l’entendement, je sers la loi de Dieu ; mais de la chair, la loi du péché » (Rom. 7:25). Il sait aussi ce que veulent dire ces paroles de notre Seigneur : « Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jean 3:6).
En ce qui concerne la puissance dans la marche et le combat, il ne saurait présentement avoir confiance en lui-même, ni chercher là des ressources, car il sait qu’en lui-même — c’est-à-dire dans la chair — n’habite point de bien (Rom. 7:18). Il sait qu’il est mort au péché. En conséquence, il ne s’attend qu’à Christ, ressuscité et monté au ciel, pour faire face à tout. C’est là le grand secret de la puissance spirituelle.
C’est donc une grande bénédiction de voir avec quelle grâce Dieu nous a délivrés de notre « vieil homme », en toute justice, par la mort de Christ, et qu’Il nous a donné la vie en Lui ressuscité. Ainsi sommes-nous délivrés de l’état de péché et de mort qui était le nôtre quand « nous étions dans la chair » (Rom. 7:5).
Ces questions étant clarifiées, voyons d’un peu plus près ce que l’Écriture enseigne quant à notre position et notre espérance.
En Rom. 8:9, Dieu dit : « Vous n’êtes pas dans la chair » ; le verset 1 de ce même chapitre nous dit que nous sommes « dans le Christ Jésus », et au v. 2, nous lisons au sujet de « l’Esprit de vie dans le Christ Jésus [qui] m’a affranchi de la loi du péché et de la mort ». Quelle chose merveilleuse d’être affranchi (*) du péché, affranchi de la loi du péché et de la mort ! Comment en serait-il autrement puisque Dieu nous considère maintenant comme n’étant pas dans la chair, mais en Christ, qui est assis à Sa droite ? Quelle position élevée ! Christ est notre vie, notre paix, notre justice, et nous-mêmes sommes « bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Éph. 1:3) ! Qu’y a-t-il de plus clair ? Nous voyons que notre condition charnelle est ôtée par la mort de Christ, et que, devant Dieu, nous ne sommes pas dans la chair, mais que nous avons une autre vie et une autre position « en Christ ». L’apôtre pouvait donc bien dire : « Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2:20).
(*) note Bibliquest : on pourrait dire aussi « libéré » ou « délivré », mais le mot « affranchi » met l’accent sur ce que, auparavant, on était esclave.
Dans quelle position la grâce de Dieu nous a introduits ! Pourrions-nous être placés plus haut qu’en Christ ressuscité et monté au ciel ? Dieu ne nous a-t-il pas « vivifiés ensemble avec le Christ,… et ressuscités ensemble, et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus… », comme le dit l’apôtre en Éph. 2:4-6 ? Nous sommes tous les fruits de la miséricorde riche et abondante de Dieu, et de Sa puissance créatrice, « car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres » (Éph. 2:10). Tout est par Sa grâce, et à la louange de la gloire de sa grâce » (Éph. 1:6). Être une nouvelle création n’est pas pour nous une espérance, puisque c’est déjà une réalité présente : « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5:17). Un chrétien n’est donc pas quelqu’un qui a été amélioré dans la chair, mais une personne qui possède une nouvelle nature, la vie en Christ ressuscité : il est une nouvelle création. Il n’attend pas de mourir pour avoir tout cela, car il est en Christ déjà maintenant, créé dans le Christ Jésus. Il est tout à fait vrai qu’il n’aura la rédemption de son corps (Rom. 8:23) que lorsque Christ viendra ; mais l’Écriture nous considère dès maintenant comme étant « en Christ », et que Christ qui est dans les lieux célestes est notre vie, que nous sommes une nouvelle création, étant remplis jusqu’à toute la plénitude de Christ (Éph. 3:19), bénis de toute bénédiction en Lui — « Vous êtes accomplis en lui » (Col. 2:10). Ô profondeur de la grâce divine ! Quelle consolation éternelle, quelle source de joie et de bonheur Dieu place ainsi devant nous !
Remarquez bien de quelle manière merveilleuse la personne de Christ nous est présentée en Col. 2:9. L’homme Christ Jésus est dans les cieux, le Nazaréen est glorifié, « couronné de gloire et d’honneur ». Il est là, Celui qui jadis parcourait les rues de Jérusalem, s’asseyait au puits de Sichar, et versait des larmes de profonde sympathie avec ceux qui menaient deuil à Béthanie. Mais Il est désormais dans la gloire. Ici-bas, Il était Dieu manifesté en chair (1 Tim. 3:16) ; là-haut, Il n’en est pas moins Dieu, « car en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement » (Col. 2:9). Toute cette gloire divine, qui resplendit dans l’Homme ressuscité et monté au ciel est bien en rapport avec notre sujet, car l’apôtre ajoute aussitôt : « et vous êtes accomplis en lui ». Où suis-je donc ? Quelle est ma position maintenant devant Dieu ? Il m’est dit que c’est « en Christ », que je suis « accompli en Lui », « en qui habite toute la plénitude de la déité corporellement », et qui est « le chef de toute principauté et autorité » (Col. 2:9, 10).
Y a-t-il rien qui surpasse en dignité, en sainteté et en élévation, la position que Dieu nous a donnée en Christ ? Faut-il une garantie supplémentaire pour assurer nos cœurs d’une confiance absolue ? Pourrions-nous avoir une plus parfaite sécurité ? Peut-on souhaiter mieux pour nous forcer à consacrer nos cœurs et nos vies à Celui qui nous a tant aimés ? Ce ne sont pas des bénédictions à venir que nous attendons, puisque nous les avons déjà. Mais en avons-nous pris possession ? en vivons-nous comme des réalités présentes ? Certains chrétiens ressemblent à des hommes qui viennent d’être sauvés de la noyade par un bateau de sauvetage, et qui se demandent s’ils atteindront jamais la terre ferme ! Ils ne réalisent pas qu’ils sont dès maintenant en Christ. Bien sûr, nous ne sommes pas encore corporellement dans les lieux célestes, mais il est bien vrai que Christ s’y trouve, et que nous sommes « en Lui ». Nous sommes bel et bien (non pas « vous serez ») « accomplis en Lui, qui est le chef de toute principauté et autorité » ! Tout ce qu’il nous faut, pour jouir parfaitement de ces vérités merveilleuses, c’est d’ajouter foi à ce que Dieu a dit. L’œuvre que Dieu a accomplie pour nous en Jésus Christ, par Son sang précieux, est bien digne de Lui. À Lui soit toute la gloire ! « Et c’est ici le témoignage : que Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5:11-12). Mais il y a plus encore : nous sommes unis à Christ ressuscité et élevé au ciel par le Saint Esprit : « Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Cor. 12:13).
Quelques mots à propos de l’espérance du chrétien. Ne confondons pas l’espérance chrétienne et l’espérance juive. Il est dit aux Juifs d’attendre la venue du Messie sur la terre pour y établir les gloires du Royaume. Quant à nous, nous attendons d’être ravis à la rencontre du Seigneur en l’air (1 Thes. 4:17). Les Juifs attendent le jour du Seigneur, et leurs Écritures abondent en enseignements qui s’y rapportent. Quant à nous, nous attendons l’étoile du matin, qui précède le lever du jour. La venue de Christ à notre rencontre en l’air n’est pas mentionnée dans l’Ancien Testament. C’est une révélation faite à Paul, pour être communiquée à l’Église, selon 1 Thes. 4:15. La gloire d’Israël sera introduite par un jugement, celle des chrétiens par un cri.
Que peut espérer le chrétien sinon la venue de Christ ? Il n’espère pas devenir un enfant de Dieu, puisqu’il l’est déjà. Il n’espère pas davantage être en Christ, puisqu’il y est déjà ! Alors, quelle peut être son espérance sinon la venue du Seigneur Lui-même pour l’introduire dans la gloire ? Quelle espérance bénie, consolante pour nos cœurs, et purifiante pour nos âmes ! Quelle bonne raison, pour les croyants de Thessalonique, de se tourner des idoles vers Dieu, « pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils » ! L’apôtre Paul pouvait bien dire : « Notre bourgeoisie [ou : citoyenneté] est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur » (Phil. 3:20).
« Et il me montra un fleuve d’eau vive, éclatant comme du cristal, sortant du trône de Dieu et de l’Agneau » (Apo. 22:1).
Les derniers chapitres de l’Apocalypse sont d’une solennité particulière. Ils traitent du salut et de la damnation, de la vie et de la mort, de la grâce et du jugement, de la gloire et des tourments éternels. Que les choses se passent dans la gloire céleste ou devant le trône du jugement éternel, l’AGNEAU y est toujours exalté et au premier plan.
Peu de gens lisent l’Apocalypse. Beaucoup s’en excusent sous prétexte que c’est un livre très difficile à comprendre, alors que son titre même en exprime la simplicité. Le mot « révélation » ne signifie pas quelque chose de difficile, mais quelque chose de révélé, c’est-à-dire rendu clair. Il n’en est pas moins vrai que, aussi simple que soit la Parole de Dieu, « l’homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu » (1 Cor. 2:14). Le fait que ce livre soit négligé, même par des gens qui se disent chrétiens, est bien triste. Il s’agit pourtant de la dernière lettre du Seigneur à Ses bien-aimés serviteurs ― la dernière communication écrite de Dieu à l’homme ― et elle commence par ces paroles : « Bienheureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche » (Apo. 1:3). Chers amis, comment se fait-il que nous négligions ainsi la Révélation de Jésus Christ ?
Il est merveilleux de voir combien Dieu bénit la lecture de ce livre ! Bien des âmes ont été réveillées pour avoir lu ou entendu les choses qui y sont écrites. Bien des consciences troublées ont été apaisées et réconfortées en voyant, dans les visions glorieuses qui nous y sont rapportées, que des pécheurs rachetés se tiennent autour du trône de Dieu en vertu du seul sang de l’Agneau, tandis que d’autres sont préservés de mille pièges du diable en gardant les choses qui sont écrites dans ce livre. Rien ne montre plus clairement la véritable importance de ce livre que ce commandement, dans le dernier chapitre : « Ne scelle point les paroles de la prophétie de ce livre ; le temps est proche » (Apo. 22:10), ainsi que cette promesse : « Voici, je viens bientôt. Bienheureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre » (Apo. 22:7). Que faut-il entendre par « garder les paroles de la prophétie de ce livre » ? Il est certain que ce livre ne nous présente pas une liste de commandements auxquels il faut absolument obéir, comme c’est le cas pour la loi de Moïse. Absolument pas ! Il nous présente cependant le résultat des grands principes en vigueur autour de nous, faisant ressortir la différence entre la vérité et l’erreur, l’épouse et la prostituée, Christ et Satan, d’une manière si éclatante que cela nous aide et nous guide puissamment pendant notre voyage vers le ciel, à condition de garder ces paroles non seulement devant nos yeux, mais aussi dans nos esprits et dans nos coeurs.
La Révélation de Jésus Christ se divise en trois parties 1) Les choses que vit Jean 2) Les choses qui sont. 3) Les choses qui doivent arriver après celles-ci. — (Apo. 1:19).
1) Le verset placé devant nous évoque des choses encore à venir. L’apôtre avait été emporté « en esprit sur une grande et haute montagne » (Apo. 21:10) pour contempler « l’épouse, la femme de l’Agneau » (Apo. 21:9) et il la vit « descendant du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu » (Apo. 21:10-11). Nous savons, d’après d’autres passages de l’Écriture, qu’auparavant elle sera ravie « à la rencontre du Seigneur, en l’air » (1 Thess. 4:17). Or, Jean la vit parée de gloire céleste, manifestée aux nations de la terre. Après avoir été l’objet de la grâce de Dieu, elle partage maintenant avec Christ la gloire de Dieu. Elle nous est présentée sous le symbole d’une cité. Mon intention n’est pas de développer ce sujet, mais de considérer tout de suite notre verset : « Et il me montra un fleuve d’eau vive, éclatant comme du cristal, sortant du trône de Dieu et de l’Agneau » (22:1). Ce verset fait aussi partie de la description de la Jérusalem céleste, car le suivant parle de « sa rue » (22:2), évidemment celle de la cité dont il a été question au ch. 21.
Mais que représente donc « l’eau vive » de notre verset ? L’Écriture nous éclaire-t-elle à ce sujet ? Penchons-nous sur cette question, avec l’aide de notre Seigneur de grâce.
Dans l’évangile de Jean, au chapitre 1, il est dit de Christ qu’ « en Lui était la vie », et qu’ « Il était plein de grâce et de vérité ». Dans divers autres passages de l’Écriture on retrouve ensemble la vie et la grâce. C’est ainsi qu’en Rom. 5 nous lisons que « la grâce règne par la justice, pour la vie éternelle, par Jésus Christ notre Seigneur » (Rom. 5:21). En 1 Pier. 3:7, il est parlé de « la grâce de la vie », et en Rom. 8:2, de « l’Esprit de vie dans le Christ Jésus ». Mon lecteur se rappelle sans doute comment le Seigneur Lui-même parlait à la pécheresse samaritaine de la nécessité de boire de « l’eau vive » afin de trouver la paix et la joie : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de l’eau vive » (Jean 4:10). Nous voyons ici Celui qui était la vie donner de l’eau vive à une pécheresse morte dans ses fautes et ses péchés (Éph. 2:1). Il lui parle aussi des effets de cette eau vive dans l’âme. À propos de l’eau du puits de Jacob, Il dit : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jean 4:13-14).
Dans le chapitre 3, notre Sauveur avait parlé à Nicodème, le Pharisien, non seulement de l’importance éternelle de la nouvelle naissance, mais du fait qu’elle consistait à être né d’eau et de l’Esprit, ce qui n’était connu que de ceux qui croyaient au Fils de l’homme élevé sur la croix. Ce chapitre se termine sur cette déclaration très claire que celui qui n’a pas Christ n’a pas la vie.
En Jean 5, Christ nous est présenté comme Celui qui vivifie ceux qu’Il veut (Jean 5:21), puis Il déclare que « celui qui entend Ma parole, et qui croit Celui qui M’a envoyé, a la vie éternelle… il est passé de la mort à la vie » (Jean 5:24). La résurrection des croyants est appelée ici « résurrection de vie » (5:29). Christ fait le reproche que des personnes ne veulent pas venir à Lui pour avoir la vie.
Dans le chapitre 6, Christ nous est de nouveau présenté comme le dispensateur de l’eau vive — la vie éternelle — promettant celle-ci à tous ceux qui viennent à Lui, et ajoutant que « les paroles que Moi Je vous ai dites sont esprit et sont vie » (Jean 6:63). Et lorsque le Seigneur demande aux disciples s’ils voulaient s’en aller, Pierre s’écrie : « Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (6:68).
Le chapitre 7 nous montre que Christ est la source où peut se désaltérer l’âme qui a soif, et aussi que cette eau vive, dont on s’abreuve par la foi, pénètre profondément les sentiments et les affections. Elle est si précieuse et si abondante qu’elle déborde même abondamment sur ceux qui nous entourent. « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à Moi, et qu’il boive. Celui qui croit en Moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (7:38). Puissions-nous mieux réaliser cela aujourd’hui, bien-aimés ! Comment se fait-il que nous ne rendions pas plus témoignage à Christ, si ce n’est parce que nous allons si peu à Lui pour nous désaltérer ?
Jean 10 nous montre que les brebis n’ont la vie que par la mort du bon Berger, ce qui montre bien que Jésus crucifié est la seule source d’eau vive. Au ch. 11, Jésus nous est avant tout présenté comme Celui qui donne la vie, et ressuscite les morts, tandis que le ch. 12 nous montre encore plus clairement que la vie et l’union avec Christ ne pouvaient être notre part que par Sa mort : « À moins que le grain de blé tombant en terre ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (12:24). Le chapitre 14 insiste sur le fait que Jésus EST « la Vie », tandis que le suivant nous montre qu’il n’est possible de porter du fruit à la gloire du Père que dans l’union vivante avec Christ qui est la Vie. Enfin, au chapitre 20, après que la personne, la mort et la résurrection de Christ aient été placées devant nous, le Saint Esprit nous dit, par le moyen de Jean : « ces choses sont écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie par Son nom » (20:31).
L’eau de la vie est donc cette précieuse grâce de Dieu jaillissant en vie éternelle, par Christ, en faveur de l’homme pécheur, que celui-ci soit une Samaritaine débauchée ou un Pharisien d’apparence respectable. De même que le fleuve, au jardin d’Eden, était destiné à arroser le sol, de même l’eau vive est en bénédiction, et en bénédiction éternelle, pour ceux qui sont pauvres et dans le besoin. C’est ce que prouvent, me semble-t-il, les nombreux passages déjà cités. L’occupation et la joie éternelles de l’Église du Seigneur seront peut-être de boire sans cesse de cette eau vive, de découvrir de plus en plus la profondeur de l’amour de Dieu, et de goûter devant Lui une plénitude de joie pour l’éternité. Nous serons alors « rassasiés de la graisse de Sa maison, et abreuvés au fleuve de Ses délices » (Ps. 36:8), car l’Agneau Lui-même sera pour nous une source d’eau vive.
Mais considérons notre verset (Apo. 22:1) d’un peu plus près, et remarquons tout d’abord l’ORIGINE de cette eau vive : « sortant du trône de Dieu et de l’Agneau ». Dieu est le Dieu de grâce, et Jésus Christ est plein de grâce. La grâce, comme tout autre don précieux, vient d’en haut et coule vers nous par Jésus crucifié, ressuscité et monté au ciel.
Beaucoup de personnes confondent la grâce qui est en elles avec la grâce qui leur est apportée, d’où il résulte qu’elles n’ont pas la paix. Il faut qu’elles détachent leur regard d’elles-mêmes pour recevoir justice et paix de la part de Dieu par le Seigneur Jésus Christ. Elles verront que leur conscience n’est purifiée que par Son sang. Il nous faut d’abord boire de l’eau vive, avant que celle-ci puisse jaillir en nous, et découler hors de nous. Il nous faut d’abord recevoir la grâce pour nous, afin d’avoir la paix en nous. La grâce de Dieu apporte le salut (Tite 2:11), et lorsque les apôtres écrivaient à leurs frères en Christ, ils commençaient généralement par leur dire : « Grâce et paix à vous, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ » (1 Cor. 1:3). Oui, la grâce procède bien « du trône de Dieu et de l’Agneau ». Elle est éternelle dans sa source et ramène nos pensées à Dieu, à « Son propre dessein, et Sa propre grâce qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles » (2 Tim. 1:9). Du fait qu’elle est éternelle dans sa source, elle est abondante, immuable, intarissable, dans toutes ses opérations. C’est pourquoi nous lisons : « Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10:14). Oui, Dieu Lui-même est le « Dieu de toute grâce », et c’est là la gloire de l’évangile, de « l’évangile de la gloire du Dieu bienheureux » (1 Tim. 1:11) ! Si nous pouvions lire dans le coeur du Dieu invisible, nous y verrions des pensées de grâce et de paix envers des hommes pécheurs, des desseins de rédemption éternelle entre les personnes de la Déité, le pardon pour les coupables et le salut pour ceux qui sont perdus. Jésus est venu pour manifester cela, et c’est à la croix que la grâce divine a surabondé — telle « un fleuve d’eau vive, sortant du trône de Dieu et de l’Agneau ». Bienheureux ceux qui en boivent gratuitement !
Remarquons qu’il s’agit d’eau vive [ou : vivante], encore appelée, « eau de la vie ». Cher lecteur, il ne faut rien moins que la vie, la vie éternelle, pour répondre aux besoins de ceux qui sont morts dans leurs fautes et dans leurs péchés. La loi était incapable de nous rendre justes, ou de nous donner la vie. Elle ne faisait que manifester notre péché. Mais Jésus est venu pour donner la vie. Il est cette source débordante d’eau vive, et quiconque en boit est « passé de la mort à la vie » (Jean 5:24). Ce n’est pas la vie pour quelques jours, un ou deux, comme quand les Israélites affamés ramassaient la manne ; non ! c’est la vie éternelle que Christ donne. Il a pu dire : « celui qui mangera ce pain vivra éternellement » (Jean 6:58), — « il ne verra point la mort à jamais » (Jean 8:51) — « il ne périra pas » (Jean 3:16) — « il ne viendra pas en jugement » (Jean 5:24), etc. En Ézéchiel 47, où nous trouvons la contrepartie de la Jérusalem céleste dans le témoignage prophétique concernant la Jérusalem terrestre, nous lisons que : « tout être vivant qui se meut partout où parvient la double rivière, vivra » (47:9). Il en est de même du Seigneur Jésus qui a été crucifié. Vous ne sauriez venir à Lui pour être sauvé, cher lecteur, sans recevoir la vie éternelle : « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif », dit Jésus (Jean 6:35). Amis bien-aimés, quelle réalité merveilleuse que celle-ci ! Recevoir Christ dans son coeur comme Sauveur est toujours associé à un bonheur présent et à une bénédiction éternelle. Un sentiment de paix, la nouvelle naissance, la possession d’une vie éternelle dès ici-bas, telle est la part de ceux qui boivent de l’eau de la vie. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5:17) « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères » (1 Jean 3:14).
Chers enfants de Dieu qui trébuchez, faibles dans la foi, sans force, remplis de doutes et de craintes ! soyez consolés, réjouissez-vous, soyez assurés par la parole du Dieu vivant que vous avez la vie éternelle parce que vous croyez au Seigneur Jésus. Vous avez goûté la grâce de Dieu en Christ, vous avez bu de cette eau vive. Non seulement votre coeur s’élève vers le trône de la grâce, en vertu du sang de Christ, mais il déborde d’amour pour les enfants de Dieu, et anticipe la gloire à venir dans l’attente du Fils de Dieu descendant du ciel. Ne craignez pas ! Jésus intercède dès maintenant pour vous dans les cieux.
Cette eau est aussi abondante, non pas stagnante, mais comme en Ézéchiel 47 : « des eaux où il fallait nager, une rivière qu’on ne pouvait traverser » (47:5). Ô profondeur des richesses de la grâce de Dieu ! Dieu n’est pas seulement un Dieu de miséricorde, mais « il y a rédemption en abondance auprès de lui » (Ps. 130:7). Cette comparaison à une rivière est très belle. Son origine est cachée, mais plus on s’éloigne de la source, plus la rivière devient large et profonde. Il en est ainsi de la grâce de Dieu en Christ ; oui, Jésus est plein de grâce. Mais aucun de nous ne connaît vraiment la profondeur, la hauteur, la longueur et la largeur de cette grâce de Dieu. Ce que nous savons, c’est que plus nous avançons dans la vie, plus nous ressentons le besoin d’être soutenus par les glorieuses vérités de la grâce souveraine et immuable de Dieu, et plus nous en comprenons l’immensité. Et nous croyons qu’il en sera toujours ainsi, car si hier le Saint Esprit a dit « Il donne une plus grande grâce » (Jacq. 4:6), ne redira-t-Il pas encore aujourd’hui « Il donne une plus grande grâce », et ne redira-t-Il pas encore demain « Il donne une plus grande grâce », et ne redira-t-Il pas encore le jour suivant « Il donne une plus grande grâce », et ainsi de suite, jusqu’au jour où nous verrons Jésus face à face, et où nous serons heureux pour l’éternité dans le sein de Sa grâce à nulle autre pareille ?
Remarquons en outre que cette eau est pure. Les hommes accordent parfois la grâce quand la culpabilité a été prouvée, mais le péché demeure. Un prisonnier, par exemple a été reconnu coupable d’une offense capitale, mais, juste avant l’exécution attendue, une remise de peine est annoncée. Cependant, bien que le prisonnier ait la vie sauve, la culpabilité demeure : Il y a pardon, mais non purification. La grâce de Dieu, au contraire, est pure ; et non seulement elle est pure, mais elle purifie. La grâce règne par la justice. Dieu est juste, et Il justifie celui qui croit. Dieu est pur, Christ est pur, et le croyant est pur parce que son coeur est purifié par la foi ; il est lavé de tout péché, entièrement justifié !
Oui, la grâce de Dieu est pure, en vertu de sa perfection. Ce n’est pas un mélange de ce que fait l’homme d’une part et de l’œuvre de Dieu d’autre part, pas plus qu’une combinaison de loi et de grâce, mais c’est la grâce à l’état pur, jaillissant simplement du coeur du Dieu juste et saint, qui accorde gratuitement la rémission des péchés à quiconque croit, parce que Christ est mort sur la croix sous le coup du jugement de nos péchés. Chers enfants de Dieu, n’essayez pas de combiner la loi et l’évangile ! Ce sont deux choses on ne peut plus distinctes, sans rien de commun ! « La loi a été donnée par Moïse : la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1:17). Le poison le plus mortel que Satan puisse présenter à un pécheur est un mélange de loi et d’évangile, car ce mélange détruit l’un et l’autre ! Béni soit Dieu de ce que l’eau de la vie est pure ! Méfions-nous de la moindre falsification de la pure doctrine de l’amour immérité de Dieu.
L’eau de la vie nous est enfin présentée comme « éclatante comme du cristal », ce qui, à mon avis, nous enseigne qu’elle est non seulement pure et transparente, mais aussi glorieuse. Lorsque Jean vit la sainte cité, il nous dit qu’il la vit « semblable à une pierre très précieuse, comme une pierre de jaspe cristallin » (22:11). Oui, cher lecteur, la grâce de Dieu est véritablement glorieuse ! C’est pourquoi il nous est parlé de « la gloire de Sa grâce » (Éph. 1:6). « L’Éternel donnera la grâce et la gloire » (Ps. 84:11). Il y a de la majesté dans la grâce, car le trône céleste est appelé « le trône de la grâce » (Héb. 4:16). Oui, cette grâce découle des conseils éternels de Dieu, et ajoute à Sa gloire éternelle. Dans les siècles à venir, Il montrera les immenses richesses de Sa grâce dans Sa bonté envers nous par Jésus Christ (Éph. 2:7). L’Agneau aimera éternellement les Siens et les rafraîchira éternellement.
Et maintenant chers amis chrétiens, rappelons-nous l’un à l’autre que le salut est par pure grâce, d’un bout à l’autre : « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi » (Éph. 2:8). C’est là qu’il nous faut demeurer. Notre occupation éternelle sera de nous abreuver toujours plus à ce fleuve d’eau vive. Cherchons donc dès maintenant, avec l’aide de l’Esprit Saint, à connaître toujours mieux l’amour que notre Dieu nous porte. C’est cet amour seul qui nous réconfortera lorsque nous sommes tristes, — qui nous relèvera lorsque nous défaillons, — qui nous gardera dans l’humilité devant Dieu, — qui nous remplira de compassion et de tendresse envers les autres, — qui nous fortifiera pour le service de Dieu et la lutte contre Satan. La grâce seule rend capable de porter du fruit pour Dieu. « La grâce de Dieu qui apporte le salut… nous enseigne que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et sauveur Jésus Christ » (Tite 2:11). Bien-aimés, ce fleuve d’eau vive coule toujours, et lorsque nous nous sentons stérile et sombres, ce n’est pas parce que Dieu a oublié d’agir en grâce, mais c’est nous qui avons oublié Sa grâce ! Oh ! pensons davantage aux richesses de Sa grâce ! à ces « eaux où il faut nager », à cette « rivière qu’on ne peut traverser » selon Ézéchiel 47. Impossible de se noyer, car « Il donne de la force à celui qui est las, et il augmente l’énergie à celui qui n’a pas de vigueur » (És. 40:29). Alors, fortifions-nous dans cette grâce qui est dans le Christ Jésus ! (2 Tim. 2:1).
Je désire maintenant m’adresser aux inconvertis. Vous venez d’entendre parler du Seigneur Jésus Christ qui a été crucifié pour les pécheurs, comme étant Celui qui donne l’eau de la vie. Soyez bien certains qu’il n’y a de salut en aucun autre. Tel le rocher frappé autrefois dans le désert pour abreuver le peuple altéré et le sauver de la mort (Ex. 17), de même Christ, qui a été crucifié, est un fleuve d’eau vive : toute âme dans le besoin qui vient à Lui constate combien cela est vrai. Mais vous, cher lecteur, avez-vous soif de pardon des péchés et de paix avec Dieu ? Ne soupirez-vous pas après le repos pour votre conscience troublée ? Si oui, venez au Seigneur Jésus Christ tel que vous êtes, et recevez ces bénédictions éternelles que Dieu donne gratuitement aux pécheurs. Comme le prophète s’adressant jadis à Israël, nous vous supplions : « Ho ! quiconque a soif, venez aux eaux, et vous qui n’avez pas d’argent, venez, achetez et mangez ; oui, venez, achetez sans argent et sans prix du vin et du lait » (És. 55:1).
Mais peut-être êtes-vous un pécheur insouciant ? Vous entendez, mais c’est comme si vous n’entendiez pas ! Vous ne vous souciez pas de venir à Christ afin d’avoir la vie. Vous ne pensez guère à cette parole de Jésus : « Qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3:36). Pauvre âme sans Christ ! Souvenez-vous bien que « la colère de Dieu demeure sur vous » !… Peut-être irez-vous vous coucher dans votre lit cette nuit, et vous dormirez, mais hélas ! la colère de Dieu demeure sur vous. Demain matin, vous allez travailler ou vous amuser, en gardant le sourire, mais la colère de Dieu demeure sur vous. Le temps va passer pour vous, et peut-être allez-vous vous retrouver sur un lit de maladie, des amis dévoués veillant sur vous et cherchant à adoucir vos derniers instants, mais cela ne suffira pas à vous consoler, car la colère de Dieu demeure sur vous. Vous allez vous affaiblir, votre corps dépérir rapidement, votre force décliner, avec tremblement, sans pouvoir vous redresser, la respiration se faisant de plus en plus difficilement et, chose bien solennelle à dire, lorsque, de sa main glaciale, la mort aura rompu le dernier fil qui vous rattachait à la vie, vous aurez la preuve terrible et éternelle que la colère de Dieu demeure sur vous ! Puissiez-vous dès maintenant prendre au sérieux cet avertissement et fuir la colère à venir ! Ne savez-vous pas que tout à la fin de la Bible il est écrit : « Que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apo. 22:17). Si vous aviez soif et que vous passiez devant une fontaine aux eaux pures comme du cristal sur laquelle serait écrite une invitation à boire librement, ne goûteriez-vous pas de cette eau si claire ? Alors, pourquoi rejeter plus longtemps l’eau de la vie ? Pourquoi rester sourd à cette voix aimante qui vous dit : « À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de la fontaine de l’eau de la vie » (Apo. 21:6) ?
Cher lecteur, le retour du Seigneur Jésus est proche ! Si vous ne vous tournez pas vers Lui maintenant, c’est Lui qui devra forcément venir à vous, mais avec courroux, car « la révélation du Seigneur Jésus du ciel…, en flammes de feu… » ne tarde pas. (2 Thess. 1:8).
« Et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois ― et après cela le jugement, ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péchés, à salut à ceux qui l’attendent » (Héb. 9:27-28).
La fin de ce chapitre nous parle de trois apparitions ― ou manifestations ― différentes du Seigneur. Il nous est dit que « maintenant, en la fin des siècles, Il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice » (9:26). Comme vous le voyez, ce n’était pas simplement pour frayer un chemin au pécheur que Christ est mort, mais pour faire ce que rien d’autre n’avait jamais pu ni ne pourrait faire : ôter le péché. Et c’est ce qui a été si parfaitement accompli qu’il est dit ailleurs que les péchés ont été expiés, effacés, précipités dans les profondeurs de la mer, jetés derrière le dos de Dieu pour qu’on ne s’en souvienne plus jamais, et autres expressions semblables, propres à nous montrer le prix que Dieu attache à l’œuvre de Christ. Certains disent qu’il leur faut bien de temps en temps, regarder leurs péchés en face, mais combien il vaut mieux regarder à Jésus et se réjouir du fait que ces péchés ont été complètement ôté, selon ce que dit l’Écriture : ÔTÉS ! [ou : abolis].
Il est ensuite parlé d’une apparition de Christ quelque part maintenant (Héb. 9:24). Mais où ? Au ciel. Il est retourné au Père, monté au ciel avec ce qui a accompli notre rédemption éternelle, c’est-à-dire Son propre sang. C’est là qu’Il se trouve en tant que grand Souverain Sacrificateur pour tous les croyants ; rien que pour eux, car l’incrédule est loin de Dieu. Jésus paraît donc maintenant, pour nous, dans la présence de Dieu. Il est notre justice, notre vie, notre rédemption, si bien que nous paraissons devant Dieu tel qu’Il est, Lui. Nous sommes parfai